Cadre. Patron. Leader. Les mots ne manquent pas pour décrire le statut de Blaise Matuidi (31 ans) en équipe de France. Le milieu de terrain des Bleus, présent en conférence de presse, s’est une nouvelle fois comporté en modèle, défendant d’abord le groupe face aux critiques suite au premier match contre l’Australie (2-1). « On n’a pas fait un grand match, on en est conscient, mais on a gagné, c’est le plus important », a-t-il lâché, ne se cherchant pas d’excuses mais plutôt des circonstances atténuantes et affirmant que les hommes de Didier Deschamps allaient monter en puissance. « On va s’améliorer », a-t-il lancé, endossant le costume de relais de DD.

« Tout le monde a sa part de responsabilité, moi aussi. Je me dois parfois de dire les choses, positives, la plupart du temps, mais négatives quand il faut aussi. On essaie d’être des relais pour le coach, pour le groupe. Il faut l’assumer, c’est ce que l’on fait. Parfois, ça peut moins bien passer. Il faut mettre ce rôle-là en valeur. Le plus important, c’est le groupe. Le collectif qui prime », a-t-il confié. Et cette maxime, le pensionnaire de la Juventus Turin l’a d’ailleurs appliquée lorsqu’il a été interrogé sur son cas personnel, lui qui était remplaçant au coup d’envoi face aux Socceroos et qui a apporté du sang frais au cœur d’un entrejeu qui peinait à performer. « Il y a 23 joueurs, le coach doit en mettre 11 sur le terrain, d’autres peuvent être amenés à jouer », a-t-il indiqué avant de poursuivre.

« Ce sont des choix, je les accepte. C’est difficile de faire des choix, sur la forme du moment, sur un match précis. On l’accepte. Moi, je les accepte. Bien sûr qu’on est toujours déçu quand on ne démarre pas. On est des compétiteurs. Mais il n’y en a que 11 qui jouent, les autres doivent être derrière le groupe, parce qu’à la fin, on est tous récompensé », a-t-il expliqué avant de poursuivre. « En entrant, j’avais envie de bien faire pour le bien de l’équipe, on a envie de donner le maximum pour l’équipe. Pour obtenir les résultats, chacun a son mot à dire. Il n’y en a que 11 qui jouent, 3 qui rentrent. J’ai donné le maximum, c’est ce qu’on a fait ensemble, tout n’était pas parfait, mais l’important, c’est de gagner », a-t-il indiqué, lançant encore d’autres messages forts.

Humilité, cohésion et combat

« On est une jeune équipe, belle, mais ça ne suffit pas forcément à gagner. On essaie de faire passer ce message-là, il faut être déterminé, être agressif. Le talent, c’est bien, mais ça ne suffit pas forcément, on en a tous pris conscience. On a cette humilité. On l’a toujours eue. De l’intérieur, on est humble, on est conscient de nos qualités, de nos défauts. Rien n’est facile. La victoire ne vient pas comme ça en claquant des doigts. On l’a vu dans cette compétition, avec d’autres favoris. Nous, on a gagné. Ce qui compte, c’est de gagner », a-t-il martelé. Du haut de ses 68 sélections, l’ancien Parisien a donné des pistes et des axes de travail pour progresser au fil du Mondial.

« Le problème face à l’Australie, c’est la difficulté à avoir trouvé les espaces. C’était une équipe bien organisée. Dans notre jeu vers l’avant, on aurait pu aller plus vite. On aurait pu jouer plus vite et, surtout, on a eu des difficultés dans notre pressing. Il faudrait qu’on en discute, on a déjà commencé entre nous, pour savoir ce que l’on doit mettre en place. Chaque match est différent. Pérou va peut-être aller plus de l’avant, laisser plus d’espaces. Les matches ne se ressemblent pas. À nous de voir ce qu’on doit mettre en place. Au niveau de l’animation, il faut qu’on s’améliore », a-t-il précisé, postulant à être titulaire cette fois-ci.

« Le combat, les duels, ça fait partie de mes qualités. On ne va pas me demander de faire passement de jambes-sombrero, j’en suis conscient. Je fais ce que je sais faire, je joue là-dessus. Si je peux ajouter les projections, c’est bien. J’ai beaucoup progressé là-dessus à Paris et à la Juventus. Le football évolue. Il faut progresser dans ce sens-là, c’est ce que j’essaie de faire, tout en conservant ce je sais bien faire. J’ai beaucoup de points faibles, je dois m’améliorer aussi », a-t-il conclu, lui le buteur face au U19 du Spartak Moscou dimanche (3-2). Les messages sont passés. À bon(s) entendeur(s)...