« Cette semaine est décisive. Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit, on tient à la Ligue Europa et à se qualifier pour les huitièmes de finale. » Jean-Michel Aulas l’assurait cette semaine en marge du match retour face au club ukrainien d’Odessa, son OL ne boudera pas l’Europa League. Révélation qui, au contraire d’un match aller finalement bien négocié (0-0), a trouvé écho dans la composition de Rémi Garde, qui a choisi de ne se passer d’aucun de ses cadres à disposition. Dans le jeu aussi, l’OL fait preuve d’une certaine ambition offensive dans les premiers instants de la rencontre, mais se frotte à une équipe qui a également des intentions.

De ce fait, si ce sont bien les Gones qui ont globalement le bénéfice du ballon sur le début de partie, la première véritable occasion est à mettre au crédit des visiteurs, qui par l’intermédiaire de Gai, manquent l’immanquable à bout portant des suites d’un corner (21e). L’OL multiplie les centres, mais ne parvient à répondre de la meilleure des manières et peine à trouver les espaces devant un bloc très dense. Il faut attendre la demi-heure de jeu, et une frappe des 20 mètres de Fofana, pour enfin entrevoir une véritable occasion lyonnaise. Classée sans suite. Seule une frappe de Ferri, des 30 mètres cette fois-ci (39e), sera notable par la suite, entre deux coups de pieds arrêtés ukrainiens ayant forcé Lopes à se déployer. Comme le symbole des maux lyonnais, les hommes de Rémi Garde ne parvenant pas à prendre à défaut la défense adverse. À la pause, on garde l’impression d’un match équilibré, pouvant pencher d’un côté comme de l’autre.

Le début du second acte semble en tout cas être à l’avantage des visiteurs, toujours en place, toujours remarquables d’agressivité, tandis que l’OL ne parvient toujours pas à accélérer le jeu. Au fil des minutes, les Ukrainiens se font de plus en plus dangereux, et finissent par faire trembler Gerland et le montant de Lopes sur une tête de Berger (52e). Une occasion qui aura le mérite de réveiller les locaux, qui se font instantanément plus pressants, imprégnant plus de rythme dans le jeu. De cette belle période des Gones cependant, ne ressortira qu’une seule occasion, une frappe lointaine de Malbranque (55e)... Alors que les débats se font dès lors plus rugueux, le tournant du match intervient à la 75e minute, lorsque Zubeyko est expulsé après avoir hérité d’un second jaune. Une aubaine pour l’OL ? Ce n’est pas ce que les secondes qui suivent semblent indiquer alors qu’Anderson pousse Lopes à se détendre (76e). Mais les Gones vont finalement parvenir à leurs fins, grâce à leur buteur providentiel Lacazette. Servi par Grenier côté gauche dans la surface, l’attaquant repiquera au centre pour envoyer une grosse frappe au fond des filets (1-0, 80e). Suffisant, pour que l’OL puisse poinçonner son billet pour les huitièmes d’Europe League, où il retrouvera le Viktoria Plzen.

L’homme du match : Lacazette (6,5) : volontaire, il a beaucoup bougé sur le front de l’attaque, gravitant autour de Gomis. Ce qui lui a permis de toucher du ballon, sans pour autant pouvoir se délester du marquage féroce des vigilants défenseurs ukrainiens. De ce fait, il a longtemps dû patienter pour se mettre en évidence face au but, avec en guise de seul fait d’armes un petit déboulé dans la surface adverse (49e). Mais un bon attaquant n’a pas besoin d’une multitude d’occasions pour faire mouche, et il l’a prouvé en convertissant une belle frappe en fin de match. De quoi envoyer l’OL au prochain tour. Remplacé par Koné (87e).

OL :

- A. Lopes (7) : le portier lyonnais monte en puissance depuis son retour de blessure, il a ce soir, encore, fait preuve de la vigilance adéquate dans un rendez-vous pas facile à négocier. Rarement mis à contribution, il a répondu en chaque occasion, d’abord en captant la tentative de Gai (37e), ensuite en faisant parler sa détente sur coups de pieds arrêtés (43e, 45e+1) et une lourde frappe d’Anderson (76e). Un match très sérieux donc, où il ne fut battu qu’une seule fois, étant alors sauvé par son poteau (52e).

- M. Lopes (5,5) : une bonne partie du latéral portugais, très disponible dans tous les compartiments du jeu. S’est ainsi offert quelques montées pour apporter du surnombre, ne délaissant pas sa tâche défensive pour autant, comme l’a démontré par exemple son excellent retour sur Antonov (32e).

- Bisevac (5) : plus discret que son partenaire de charnière centrale, le Serbe s’est montré sobre dans tout ce qu’il a entrepris. A parfois été hasardeux dans son placement, sans que cela ne porte préjudice à son équipe. Mais il a compensé avec de bonnes interventions aériennes comme au sol (57e).

- Umtiti (6) : le central franco-camerounais a fait parler son sens de l’anticipation pour faire avorter nombre d’offensives adverses. Parfois à la limite, le central a fait le boulot à base d’interventions rugueuses.

- Bedimo (5) : la recette est connue, venant de celui qui est justement considéré comme le meilleur à son poste en L1. Seulement voilà, de ses allers retours incessants, le Camerounais n’a pas eu son impact habituel. Bien contenu, il n’a que très rarement fait les différences. Mis à part un centre à ras-de-terre (53e), il ne s’est pas particulièrement démarqué dans son registre de prédilection. A néanmoins assuré le boulot défensivement, s’offrant quelques bons retours et dégagements (15e).

- Ferri (5) : aligné en numéro 6 en lieu et place de l’habituel titulaire au poste et capitaine Maxime Gonalons, le jeune espoir a assuré l’intérim non sans difficulté. Faisant preuve d’un bel esprit de combativité dans l’entrejeu, il est souvent apparu léger au duel et a perdu plusieurs ballons qui auraient pu coûter cher. S’est bien ressaisi lors du moment fort de l’OL en seconde période, durant lequel il a pu faire parler sa qualité de passes.

- Fofana (4,5) : auteur de la première occasion lyonnaise avec une frappe des 20 mètres qui a effleuré le montant (30e), le franc-tireur lyonnais n’a cependant pas vraiment pesé dans un entrejeu qui a tantôt manqué d’imagination, tantôt d’agressivité et de tranchant.

- Malbranque (5) : de bons choix sur le début de rencontres, tant dans le placement que dans les transmissions. Il est de tous les jolis mouvements lyonnais, et souvent à l’initiative. Joue juste, mais s’éteint au fil des minutes, se trouvant dans l’incapacité d’accélérer le jeu des siens. Une frappe rappelle qu’il est là (55e), et il participe avec un peu plus d’entrain aux temps forts lyonnais. Sur courant alternatif. Remplacé par Tolisso (86e).

- Grenier (5,5) : un joli coup-franc des 35 mètres (17e), un délice de contrôle orienté (57e)... et pas grand-chose d’autre à signaler sur une grande partie de la rencontre, où dans son rôle de numéro 10, le talent lyonnais n’a absolument pas pesé. Si l’OL manquait d’imagination, c’était surtout de son fait. Un peu plus présent en fin de match, c’est lui, qui décalera Lacazette sur le but lyonnais.

- Lacazette (6,5) : voir ci-dessus.

- Gomis (4) : de la volonté, de la combativité, comme toujours. Dans un rôle de pivot, l’avant-centre des Gones a cependant trouvé du répondant dans l’arrière garde ukrainienne, qui lui a imposé un gros défi physique. Hormis une tête claquée au second poteau (65e), il ne s’est pas manifesté face au but adverse. Une rencontre peu évidente. Remplacé par Briand (81e).

Odessa :

- Past (5) : après avoir vécu une première mi-temps très calme, au cours de laquelle il aura seulement dû s’interposer sur un coup-franc anodin de Grenier (17e), le portier a par la suite chauffé les gants sur des frappes de Lacazette (49e) ou encore Malbranque (55e). Impuissant sur le but lyonnais (80e).

- Anderson (5,5) : match plus que correct de la part du latéral gauche. Parfois à la peine sur les attaques lyonnaises qui se sont souvent concentrées sur son aile, il a également participé aux remontées de balles de son équipe. Une très jolie frappe déviée en corner par Anthony Lopes (78e).

- Berger (5,5) : après avoir été très peu mis à contribution en première période, il a par la suite eu plus de travail, qu’il a d’ailleurs bien négocié. Aurait pu trouver la faille en déviant un très bon centre de la tête, mais celle-ci s’écrase finalement sur le poteau (52e). Malheureusement directement impliqué sur le but de Lacazette (80e).

- Fontanello (6) : du haut de son mètre 91, le solide et expérimenté défenseur argentin (30 ans) a mis en échec bon nombre de tentatives lyonnaises. Physiquement impressionnant, à su s’imposer devant Miguel Lopes (25e) puis devant Lacazette (67e).

- Zubeiko (4,5) : s’il a relativement bien su tenir son couloir, gênant beaucoup un Henri Bedimo en manque de génie, n’a pas suffisamment apporté offensivement, son match se résumant à cette frappe trop enlevée (47e). Exclu après avoir écopé d’un deuxième carton jaune après une faute sur Fofana (76e).

- Bobko (5) : tantôt imposant dans l’entrejeu, grattant des ballons et assurant proprement leur relance, puis beaucoup plus brouillon, désordonné. A coulé lorsque Lyon a appuyé sur l’accélérateur en fin de match. A l’image du reste de son équipe.

- Kovalchuk (5,5) : alors qu’il réalisait une première mi-temps de bonne facture, profitant de l’attentisme et du manque de vigueur de l’OL, a éprouvé beaucoup plus de mal après la pause lorsque les Gones ont posé leur patte sur le milieu de terrain. N’a jamais lâché le pressing, mais sans grand succès en fin de match.

- Dja Djédjé (5) : un match décevant comparé à ce qu’il avait pu montrer au match aller. Moins tranchant, il s’est souvent réduit à partir dans le dos de la défense sans guère de conviction. N’a bien souvent pas su se défaire du marquage. Une frappe contrée (52e).

- Gai (5,5) : s’il s’était plutôt senti à l’aise dans sa position légèrement reculée derrière l’attaquant, a davantage peiné cette fois-ci. A pourtant eu l’occasion de faire trembler les filets, mais sa tête à bout portant fuyait le cadre (21e), sa frappe (37e) n’apportant pas plus le danger.

- Leo Matos (5,5) : une prestation très contrastée. S’il s’est montré très en jambes, n’hésitant pas à couvrir une très grande zone du terrain autour de son couloir droit, il n’a pas suffisamment pesé offensivement. Intéressant au pressing, mais muet au moment de se montrer décisif. Odessa a pourtant eu des occasions.

- Antonov (6) : une présence de tous les instants sur le front de l’attaque. Plus souvent au centre qu’à la frappe, le solide attaquant a peiné à réellement apporter le danger. A tenté de compenser en excellant à la conservation et au pressing, mais son équipe est finalement éliminée sans avoir inscrit de buts au cours de la double confrontation face à l’OL.