La Ligue 1 a accueilli deux espoirs du RSC Anderlecht sous forme de prêts cet été. Dodi Lukebakio (19 ans) a rejoint Toulouse dans les dernières heures du mercato tandis qu’Aaron Leya Iseka (18 ans) a lui choisi de marcher dans les pas de son frère aîné Michy Batshuayi (23 ans) en rejoignant l’Olympique de Marseille. Deux arrivées plutôt étonnantes que le coach des Mauves René Weiler a justifiées dans les colonnes du magazine belge Sport-Foot Magazine. « N’oubliez pas que quand je suis arrivé, le noyau (l’effectif) était de 37 joueurs. Et les règles n’ont pas changé : on joue toujours à 11 et si tu prends les 18 convoqués, ça fait encore près de 20 joueurs qui ne sont pas contents et qui vont se plaindre de ne pas jouer. Mais aucun de ces 20 joueurs ne va se demander pourquoi le club lui verse un salaire à la fin du mois ? », a-t-il glissé avant d’insister.

« Et derrière le joueur, tu as encore l’agent qui me demande pourquoi son joueur ne joue pas. Mais toi, tu me demandes pourquoi ton joueur ne joue pas !!!? Tu devrais pourtant t’excuser et dire que tu ne mérites pas de toucher de l’argent sur un joueur qui n’a pas de valeur. Et bien non, il va plutôt contacter les journalistes et raconter à sa sauce pourquoi ça ne va pas. J’aime bien le travail d’entraîneur mais c’est quand même compliqué... C’est une situation très compliquée pour moi. Si je mets 6-7 jeunes dans l’équipe, le directeur de l’Académie va être très content mais la cellule scouting va se dire : mais qu’est-ce que c’est que ça ? On sert à quoi ? Vous avez aussi les journalistes qui demandent pourquoi untel ne joue pas ? Alors qu’il y aura toujours des joueurs qui ne joueront pas, c’est mathématique », a-t-il indiqué. C’est donc pour faire de la place dans son groupe que le coach suisse du RSCA a décidé de prêter, notamment, les deux jeunes attaquants en France.

Des problèmes de mentalité soulignés...

Mais ce n’est pas la seule et unique raison. Selon le technicien helvète, certains de ses jeunes talents ont un problème de mentalité. « Lukebakio ? Il joue là-bas ? », s’est-il interrogé. La réponse est non, mais parce que son statut d’extracommunautaire (il ne possède qu’un passeport congolais, alors que le TFC pensait qu’il avait la nationalité belge) l’en empêche. Mais, pour Weiler, même s’il n’y avait pas eu ce souci administratif, il n’y aurait pas de grands changements pour le joueur. « Mais est-ce qu’il jouerait sans ce problème ? Je vais vous dire une chose : il ne va jamais jouer là-bas », a-t-il lâché, sèchement. Selon Le Parisien, Anderlecht, qui paye suite à cette bourde l’intégralité du salaire du joueur pendant la durée du prêt, disposerait d’une clause pour le rapatrier en décembre en deçà d’un certain nombre de matches joués. Au regard des déclarations du coach anderlechtois, cette option ne semble absolument pas prioritaire...

La situation est plus ou moins similaire pour Leya Iseka, qui l’expliquait récemment dans les colonnes de La Provence. « Le prêt est sans option d’achat, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver. Je ne sais pas trop ce qui va se passer, on verra comment la saison va se dérouler. Il ne faut pas oublier la clause. Je ne me casse pas trop la tête là-dessus, ce n’est pas du tout un problème », confiait-il avant de poursuivre. « Je dois disputer dix matches et un nombre de minutes précis. S’il y en a moins, on s’assoit autour d’une table et je décide si je veux rentrer ou pas. J’ai le dernier mot », a-t-il lancé. Déjà apparu à 6 reprises en Ligue 1 (3 titularisations), ce dernier, même s’il est moins en vue depuis la montée en puissance de Clinton Njie (23 ans), progresse doucement mais sûrement, comme le soulignait encore récemment Franck Passi. « Leya Iseka est satisfaisant, il fait bien le relais entre le milieu et l’attaque. Il faut qu’il continue à s’adapter », analysait le coach de l’OM. 

L’entraîneur du RSCA entrouvre la porte à son possible retour. « C’est au joueur aussi de se demander : si je ne joue pas, où est-ce que je peux jouer ? Leya Iseka est un joueur intéressant mais il devait se dire en regardant l’équipe que ça allait être dur de faire son trou vu la position à laquelle il joue, l’âge qu’il a », a-t-il indiqué avant de continuer. « S’il revient un an après en ayant joué, il a quelque chose de plus dans son sac. Et se dire : j’ai joué, j’ai appris quelque chose. C’est bénéfique pour lui, pour moi et pour le club », a-t-il assuré. La saison en dira plus sur la capacité réelle de Dodi Lukebakio, qui n’est toujours pas sûr de jouer en L1 avec le TFC, et Aaron Leya Iseka, dont le statut de joueur de complément à l’OM ne lui promet pas énormément de temps de jeu, à s’imposer en France. En attendant, sous les ordres de René Weiler, Anderlecht est en tête de Jupiler Pro League, sans eux...