Le fils de l’entraîneur du Real Madrid continue son petit bonhomme de chemin avec le Real Madrid Castilla, équipe filiale de la formation dirigée par son père. L’équipe de jeunes du club de la capitale réalise une saison exceptionnelle, puisqu’elle vient de terminer en tête de son groupe de Segunda B, l’équivalent de la troisième division. Les jeunes pousses merengues sont donc devant une belle opportunité de retrouver la D2, la Liga Adelante, et une victoire lors d’un match aller-retour face à un autre champion de groupe, l’UCAM Murcia, assurerait définitivement la montée aux troupes de Luis Miguel Ramis. Le milieu de terrain de 21 ans, du haut de ses 34 matchs disputés - dont 20 titularisations - est l’un des noms les plus ronflants de son équipe, et en porte même le brassard de capitaine. Mais qu’en est-il réellement du niveau du premier enfant Zidane ?

« Ses qualités sont sa technique et sa frappe de balle, plus par sa précision que sa puissance. Côté défauts, il est lent, il joue en trottinant et il manque de vision de jeu. Il est technique quand il faut contrôler un ballon par exemple, mais il a du mal à lâcher la bonne passe au bon moment. Sur cette saison, je lui mettrai un 5/10. Il était titulaire avec Zidane au début, mais avec Ramis il est passé au second plan parce qu’il ne s’est pas fait remarquer. Ceci-dit, il était généralement le premier choix en sortie de banc », nous confie Óscar Maya, journaliste qui suit l’actualité du Real Madrid Castilla pour le site bernabeudigital.com. Parfois aligné sur le côté gauche de l’attaque lorsque son père l’utilisait en 4-3-3, et utilisé derrière l’attaquant dans le 4-2-3-1 par Ramis, le jeune Français a donc perdu de l’importance au fur et à mesure que la saison avançait, dans une équipe où les principaux joueurs offensifs s’appellent Mayoral ou Mariano.

Un avenir qui s’annonce compliqué

Que peut-on attendre de sa part à l’avenir ? Parviendra-t-il à se frayer une place dans le monde professionnel ? Si le Real Madrid a de bonnes chances de monter en deuxième division, la marche sera peut-être un peu trop haute pour Enzo Zidane à en croire notre confrère espagnol : « je ne pense pas qu’il ait le niveau pour être titulaire dans une équipe de deuxième division, vu qu’il ne l’a pas été dans une équipe de troisième… mais il pourrait être utile dans un effectif ». Il faut dire que le passage de la Segunda B, division semi-professionnelle parfois avec des clubs structurés comme des clubs pro et d’autres fonctionnant à la limite de l’amateurisme, à la Segunda, division professionnelle, est souvent compliqué. C’est particulièrement le cas pour des équipes principalement composées de jeunes joueurs, et c’est d’ailleurs pour ça qu’il est de plus en plus rare de voir des équipes filiales de grands clubs en deuxième division. Le Barça en a fait les frais. Cette saison, seul l’Athletic a réussi à placer son équipe en Liga Adelante, et plus pour longtemps, puisque les jeunes basques sont déjà officiellement relégués, eux qui pointent à 14 points du premier non-relégable à 4 matches de la fin.

Quoiqu’il en soit, de l’autre côté des Pyrénées, les gens ne sont pas forcément enthousiastes quant à l’avenir d’Enzo Zidane. Óscar Maya confirme : « en Espagne, Enzo est surtout aimé parce que c’est le fils de Zidane, plus que par ce qu’il a pu montrer. Ça s’est vu, quand par exemple, il a tenté des roulettes comme son père, le Di Stéfano (stade où joue le Castilla) avait la bave aux lèvres, mais personne ne s’attend à ce qu’il devienne un star. De plus, ici on dit que le bon c’est Luca (deuxième fils de Zidane), le gardien ». Luca Zidane, déjà international avec les sélections de jeunes de la France, serait donc promis à un meilleur avenir que son frère Enzo. Ce dernier aura tout de mêle l’occasion de frapper un grand coup s’il venait à être décisif lors de ces playoffs de montée en D2, puis, d’éventuellement poursuivre l’aventure en deuxième division. A lui de faire taire les sceptiques...