Son ascension a été fulgurante. En l’espace d’une petite saison, Luka Jovic est devenu l’une des références au poste d’attaquant en Europe. L’attaquant serbe a impressionné tout le monde à Francfort, avec 27 réalisations toutes compétitions confondues mais surtout, un profil qui semblait avoir quelque peu disparu dans le football moderne : celui de véritable tueur de surface, peut-être un peu limité quand il doit participer à l’élaboration des offensives de son équipe mais létal dans les derniers mètres. Lorsqu’il est arrivé à Madrid cet été, pour un montant de 60 millions d’euros, il convient de rappeler que les attentes étaient donc énormes. Mais pour l’instant, on reste clairement sur notre faim. Il faut dire qu’il n’a pas eu énormément d’opportunités pour se montrer. Quatre petites titularisations toutes compétitions confondues (quinze apparitions au total), dans des rencontres pas franchement décisives, face aux promus Mallorca et Osasuna par exemple, devant se contenter des miettes le reste du temps.

Avec la présence de Karim Benzema et un 4-3-3 qui ne laisse de la place qu’à un seul joueur de pointe, forcément, personne ne s’attendait à le voir enchaîner les titularisations dans les gros matches. Mais il devait, a priori, être la première option en sortie de banc pour l’attaque, et pouvoir grappiller un temps de jeu plus conséquent. Sur les quatre derniers matches de championnat du Real Madrid, il a joué un total de... 36 minutes. Même lorsque Zinedine Zidane a opté pour un système avec deux pointes, il a préféré aligner et repositionner des joueurs comme Gareth Bale ou Rodrygo pour accompagner Karim Benzema. Il faut dire que lorsqu’il a été sur le terrain, le Serbe n’a pas vraiment convaincu, avec un seul petit but lors de la large victoire de son équipe face à Leganés (5-0) le 30 novembre dernier.

Un match voire deux pour convaincre tout le monde

Il souffre encore un manque d’intégration assez flagrant sur le terrain, et n’est également pas vraiment en réussite puisqu’il a déjà touché les poteaux à plusieurs reprises, en plus d’avoir vu la VAR lui annuler des réalisations qu’il célébrait déjà. C’est le serpent qui se mort la queue : comment vouloir que Zidane donne du temps de jeu à Luka Jovic si ce dernier n’est pas bon sur le terrain ? Mais comment l’attaquant peut-il être performant s’il est en manque de rythme et doit à chaque fois entrer dans un contexte défavorable ? Le Français lui même confiait à la mi-décembre que l’ancien de Benfica avait « besoin de jouer plus régulièrement ». Une situation qui lui a même fait perdre sa place en sélection... La presse espagnole évoque également une relation distante avec ses partenaires dans le vestiaire, notamment à cause de la barrière de la langue.

Avec les absences de Karim Benzema, Eden Hazard et Gareth Bale, tout porte à croire qu’il sera titulaire face à Valence ce soir, puis probablement en finale en cas de victoire des Merengues. Là aussi, il ne sera pas forcément dans les meilleures dispositions, puisqu’il sera accompagné, vraisemblablement, par Vinicius Junior et Rodrygo ou Lucas Vazquez. Dans une attaque clairement expérimentale et sans automatismes donc. On peut imaginer voir un Real Madrid enchaîner les centres dans la surface à destination du Serbe, qui aura à cœur de prouver qu’il peut avoir un rôle important à jouer dans cette équipe. La presse espagnole l’attend en tout cas au tournant, à l’image du titre « La Supercoupe de Jovic » du quotidien AS, ou les articles « C’est l’heure de Jovic » de Marca et ABC. « Il travaille bien et va marquer beaucoup de buts », a expliqué Zinedine Zidane mardi soir en conférence de presse. À lui de répondre sur le terrain.