À moins de 10 journées de la fin du championnat, Toulouse est quatrième, à seulement quatre unités du leader lyonnais. Les Pitchounes n’en finissent plus de confirmer que leur classement n’est pas qu’une surprise, et font figure de sérieux prétendants à l’Europe. Cette équipe a pourtant arraché sa présence en L1 à la toute dernière journée de l’exercice précédent. L’explosion d’André-Pierre Gignac n’est bien sûr pas étrangère au renouveau des violets, mais le TFC doit également beaucoup à un homme moins médiatique et pourtant très précieux, le Norvégien Daniel Braaten.

Lentement, mais sûrement

Braaten a fait ses débuts professionnels à 18 ans en Norvège, avec le FK Skeid Oslo. Là-bas, le puissant milieu de terrain fait tranquillement ses classes. Il affine ses dribbles, s’améliore devant le but, au point de devenir un joueur incontournable du championnat. Chaque saison, il marque un peu plus. Et il s’attire finalement, au bout de 5 ans, les faveurs du club phare du pays, Rosenborg.

Dans la foulée, il remporte son premier titre de champion. Un second suivra deux ans plus tard. Daniel Braaten confirme son statut de joueur majeur de la ligue norvégienne. La sélection avec l’équipe nationale en 2004 est là pour le confirmer, même si sa réputation a du mal à dépasser les frontières scandinaves. Il devra donc attendre 2007 et les avances de la Premier League pour quitter sa Norvège natale. Direction Bolton.

Braaten et Toulouse, destins croisés

L’aventure anglaise marque cependant un frein à la progression du Norvégien. Un but dès sa troisième sortie sous les couleurs des Wanderers laisse entrevoir des jours heureux, mais rapidement, Braaten est privé de temps de jeu. Au total, il n’apparaîtra que 6 fois en championnat.

Alors que le Norvégien ronge son frein sur le banc, Toulouse se morfond dans les profondeurs du classement de Ligue 1. Bolton, qui lorgne sur l’avant-centre suédois du TFC Johan Elmander, entend alors faire d’une pierre deux coups en incluant l’ancien joueur de Rosenborg dans la transaction.
En juin 2008, Daniel Braaten rejoint donc une équipe toulousaine qui vient de sauver sa tête en L1. La saison suivante, pour le joueur de 26 ans comme pour le club, doit être celle de la rédemption.

Une association gagnante

Le Toulouse version 2008/2009 apparaît transfiguré. L’équipe s’appuie sur un bloc défensif ultra compact, et sur une attaque percutante, avec un Gignac en état de grâce. Entre les deux, Braaten multiplie les raids, sans rechigner au travail défensif, et apporte à Toulouse ce supplément d’âme qui lui va si bien. En l’espace de quelques matches, le Scandinave a prouvé qu’il y a bien quelques perles à dénicher sur les bancs anglais. Il compense sa nonchalance apparente par une débauche d’énergie exceptionnelle sur le terrain. Et le Stadium est conquis, autant que ses coéquipiers.

« En dehors du terrain, c’est un coéquipier modèle, avec qui on peut discuter. Il a de l’humour, il est discret, c’est un super type. Sur le terrain, il a des qualités exceptionnelles de percussion, de prise de vitesse, d’enchaînement, de dribbles. Le jour où il finira ses actions, on le revoit plus », a ainsi déclaré son partenaire Xavier Pentecote, dans un entretien accordé à La Dépêche.

Lors du match au sommet contre le PSG la semaine passée, le milieu toulousain signait son retour après plus d’un mois d’absence. Retour gagnant pour Braaten, à créditer d’un but et d’une prestation de haut vol.
C’est à présent une certitude, le renouveau toulousain va de pair avec le renouveau d’un Braaten, qui, il semblerait, gagne vraiment à être connu.