Comment aller au terme de la saison ? Comment y parvenir sans trop empiéter sur celle d’après ? Comment programmer un calendrier lorsqu’on ne sait pas quand le football pourra reprendre ? Toutes ces questions trottent dans la tête des dirigeants de la FFF, de la LFP et des présidents des clubs professionnels. Tous ont une obsession, terminer le championnat et toucher les droits tv pour garnir les caisses et survivre. Cependant, un président a une autre idée. Il s’agit de Jean-Pierre Rivère, le patron de l’OGC Nice. « L’impératif est certes de finir notre championnat mais, en occultant l’aspect financier, nous devons essayer de réfléchir posément à la question du calendrier, le grand sujet du moment », pose-t-il, dans les colonnes de Nice-Matin.

Contrairement à la majorité de ses confères prêts à enchaîner fin de saison 2019-2020 et exercice 2020-2021 dans la foulée, Rivère voit plus loin. « Réfléchissons au-delà de l’année en cours et essayons de donner une cohérence aux trois années à venir. En 2022, la Coupe du monde se déroulera au Qatar, du 21 novembre au 18 décembre. Pourquoi ne pas s’adapter à cette compétition dès aujourd’hui ? C’est peut-être le moment d’entreprendre un grand changement. En 2022, il serait envisageable de débuter notre championnat en février et de fixer la trêve (de Noël) entre le 1er et le 17 août. En 2021, nous pouvons envisager la même chose. Pour 2020, l’idée est de reprendre le championnat en cours fin août et le terminer fin octobre ou en novembre. Les dates indiquées seraient à peaufiner par des personnes bien plus qualifiées », expose-t-il.

Débuter les saisons en février

Pour Rivère, il faut déjà partir du principe qu’il sera sûrement impossible de jouer avant encore plusieurs mois. Quitte à ne pas se presser, dans un but de santé publique, autant prendre le temps de terminer tranquillement le championnat durant le deuxième semestre 2020 et d’attaquer la saison 2020-2021 en février 2021, créant ainsi un nouveau format de saison. « L’intérêt est multiple. Tout d’abord, et c’est le plus important, cela nous donne le temps de régler l’aspect sanitaire et préserver la santé de tous. Notre sport pourrait alors reprendre dans des conditions normales et éviter des matchs à huis clos répétés et très ennuyeux. Ensuite, l’économie commencera à se reconstruire. Pensons à nos supporters à nos partenaires. En proposant les abonnements de la saison prochaine en janvier 2021, un plus grand nombre de personnes auront eu le temps de se reconstruire et assainir leur situation financière », détaille-t-il.

« Ce calendrier inversé aurait également pour effet de réduire considérablement les matchs en hiver, sur des pelouses dégradées, des conditions climatiques difficiles et guère propices à l’expérience des stades. Se rendre à un match de football en mai, juin et juillet me semble beaucoup plus agréable et festif. Cela pourrait inciter davantage les familles à se rendre au stade », conclut-il. Tout décaler ainsi est loin d’être farfelu, mais aussi loin d’être simple. D’autant qu’il faudrait se caler avec le calendrier des Coupes d’Europe, où des matches se jouent en décembre par exemple, soit pendant la potentielle trêve de fin de saison selon le plan imaginé par Rivère. Mais au point où on en est, chaque idée est bonne à prendre.