Le mercato a fermé ses portes en France depuis le 31 janvier à 23h59. S’il existe bien quelques championnats qui peuvent encore faire quelques emplettes en ce début de mois de février, la Chine notamment, de nombreux joueurs en manque voire en absence totale de temps de jeu vont rester dans leur club actuel, au moins jusqu’en juin prochain. Ces « lofteurs », qui n’ont pas voulu ou pu trouver preneur, vont donc ronger leur frein que ce soit avec l’équipe B de leur formation ou bien tout simplement en marge du groupe, avec l’aide d’un préparateur physique. Contrairement aux idées reçues, ils sont bien plus nombreux que l’on pourrait le penser. Nous en avons listé six, dont trois à Marseille, qui vont trouver le temps bien long jusqu’à la fin de saison…

- Mapou Yanga Mbiwa (OL, 29 ans, fin de contrat juin 2020, salaire mensuel 300 000 €)

Sans doute l’un des plus gros accidents industriels de ces dernières années après Yoann Gourcuff. L’international tricolore, recruté durant l’été 2015 à la Roma, a disparu des radars depuis un an et a effectué sa dernière apparition avec l’OL en décembre 2017 en Coupe de la Ligue. Malgré trois mercatos, ni l’OL ni le joueur ne sont parvenus à trouver un terrain d’entente pour un départ. La Turquie a notamment été annoncée comme destination possible. Mais le roc défensif de 29 ans est toujours là et il continue de regarder les matches à la télévision, ou plus rarement à évoluer avec la réserve en National 2. De quoi énerver le joueur, comme il le confiait il y a quelques semaines à RMC. « Franchement ? Je ne comprends pas. Tout le monde est perdant dans l’affaire. Je ne joue pas, donc ma cote baisse. Et le club voit fondre ma valeur. Peut-être que Lyon décidera de me faire craquer. Mais ce n’est pas mon genre, même si parfois le mental a pu lâcher un peu par moments. C’est digéré, j’ai évacué le négatif. Si je dois aller au bout de mon contrat, j’irai. » Interrogé en conférence de presse mercredi au sujet du statut de lofteur de son roc défensif, Bruno Genesio déplorait la situation. « Mapou s’entraîne avec nous depuis une saison, il participe à des matches de National 2. Il fait preuve d’un état d’esprit irréprochable. Je sais que c’est très très difficile pour lui, mais il ne laisse rien transparaître et il reste le même que lorsqu’il jouait et était titulaire. Je ne connais pas son salaire mais s’il a un des 4-5 premiers salaires du vestiaire, c’est qu’on lui a fait une proposition. Il y avait des raisons pour qu’il ait ce salaire, c’est le marché, c’est le foot. C’est peut-être la difficulté pour qu’il retrouve un club, dommage qu’un joueur de cet âge-là ne joue pas. » Pour rappel, l’ancien Montpellierain, qui émarge à 300 000 € par mois, est encore sous contrat avec l’OL jusqu’en juin 2020.

- Tomas Hubocan (OM, 33 ans, fin de contrat juin 2019, salaire mensuel 155 000 €)

De retour l’été dernier après un prêt correct à Trabzonspor, Tomas Hubocan ne se faisait guère d’illusions sur son avenir sur la Canebière. Six mois après et en dépit d’une seule titularisation dans l’enfer de Francfort avec une cuisante défaite à la clé en Ligue Europa (0-4), le défenseur international slovaque, qui joue plus avec sa sélection qu’avec l’OM, avait pris la décision de quitter Marseille cet hiver, comme nous l’avait confié début janvier son représentant Karol Csonto. Mais faute de propositions concrètes en janvier, et sans grand espoir de reporter les couleurs de l’OM (NDLR : il n’a pas été appelé dans le groupe face à Bordeaux mardi alors qu’il y avait beaucoup d’absents), l’ancien joueur du Dinamo Moscou va attendre patiemment et tranquillement la fin de son contrat sous le soleil marseillais...

- Grégory Sertic (OM, 33 ans, fin de contrat juin 2020, salaire mensuel 180 000 €)

Disposant des mêmes agents que Rudi Garcia, Grégory Sertic avait débarqué peu après l’ancien coach de la Roma à l’OM, en janvier 2017. Un transfert surprise qui en avait étonné plus d’un, tant sur la durée du contrat (3 ans et demi) que pour l’intérêt même de ce recrutement. Deux ans plus tard, le bilan est peu reluisant pour l’ancien Bordelais. Une vingtaine d’apparitions en deux ans et une statistique terrible : sur les quatre dernières titularisations de Sertic avec l’OM, le club phocéen a encaissé 15 buts. Disparu des radars depuis le 4 octobre 2018, le n°22 marseillais a cherché par tous les moyens à quitter Marseille cet hiver pour un prêt de six mois. Il a rapidement été annoncé à Nantes, rêvait d’Espagne et a failli rejoindre le Dinamo Zagreb et l’Hajduk Split dans les dernières heures du mercato hiverrnal, en vain. Ce dernier a bien rejoué une minute face à Bordeaux mardi soir, mais on imagine mal comment il pourrait réintégrer la rotation marseillaise dès lors que tous les blessés seront revenus... La saison risque d’être longue pour Grégory Sertic. 

- Aymen Abdennour (OM, 29 ans, fin de prêt juin 2019, salaire mensuel 225 000 €)

Lorsque l’OM annonce l’arrivée d’Aymen Abdennour pour un prêt de 2 ans le 29 août 2017, la plupart des spécialistes se réjouissent de la venue du roc tunisien, qui n’a laissé que de bons souvenirs en L1 après des passages à Toulouse et surtout à Monaco. Mais les supporters de l’OM vont rapidement déchanter. Miné par les blessures, une méforme chronique et les choix de Rudi Garcia, l’international tunisien n’a disputé au total qu’une dizaine de matches avec le club phocéen, le dernier remontant au 15 avril 2018, soit une éternité. Dans l’incapacité de mettre un terme à ce prêt, l’OM a tenté par tous les moyens de se débarrasser du joueur, qui n’a jamais rien lâché, mais qui ne peut que se rendre à l’évidence devant l’absence totale de temps de jeu. Et en dépit de quelques contacts en Turquie et du côte de Levante, c’est bien à Marseille qu’il va passer les six prochains mois, les derniers de son calvaire marseillais. Seule petite éclaircie dans le ciel phocéen, une apparition dans le groupe pro face à Bordeaux ce mardi. Bien insuffisant pour contenter un joueur de ce calibre qui va pouvoir négocier tranquillement son avenir dans les prochaines semaines.

- Kolbeinn Sigthorsson (Nantes, 28 ans, fin de contrat juin 2020, salaire mensuel 150 000 €)

Un boulet. Vahid Halilhodzic n’y va pas par quatre chemins quand il parle de Kolbeinn Sigthorsson. Le 21 janvier en conférence de presse, le technicien bosnien du FC Nantes mettait un terme à la question d’une possible réintégration du buteur islandais. « On m’a dit de ne pas compter sur lui. J’ai eu une discussion deux fois avec lui. Il m’a demandé d’intégrer le groupe et j’ai voulu qu’il travaille avec la réserve. Malheureusement, c’est un vrai problème pour le club. Il ne court pas, il s’entraîne quand il veut. » Dans les derniers jours du mercato, le FC Nantes pensait réussir à s’en débarrasser en l’envoyant en MLS du côté des Vancouver Whitecaps. Là encore, il semblerait que Sigthorsson se soit fait recaler par la franchise de Major League Soccer. L’international islandais de 28 ans, qui n’a joué que quatre matches depuis 2 ans, est donc reparti pour six mois supplémentaires sans jouer. Voire même dix-huit puisque son contrat se termine en juin 2020... Un véritable coup dur pour les Canaris puisque l’ancien buteur de l’Ajax jouit d’un très confortable salaire sur les bords de l’Erdre (150 000 € par mois).

- Nicolas Benezet (Guingamp, 27 ans, fin de contrat juin 2020, salaire mensuel NC)

Pilier d’Antoine Kombouaré avant son éviction à Guingamp, Nicolas Benezet a été purement et simplement écarté par Jocelyn Gourvennec dès son arrivée. À écouter le technicien breton, la raison est simple, l’ancien Nîmois ne se donne pas assez à l’entraînement pour porter de nouveau les couleurs du club costarmoricain, comme l’a rappelé Gourvennec il y a quelques jours en conférence de presse. « Le plus important, c’est le club. Je m’appuie sur les joueurs qui n’ont pas d’état d’âme et qui se donnent. Si Nico n’est pas dans le groupe depuis un moment, c’est qu’il y a des raisons. Je ne suis pas débile au point de me passer d’un joueur qui peut apporter quelque chose à l’équipe. Mais s’il ne montre pas plus, il ne jouera pas plus. C’est aussi simple que ça. Je prends mes responsabilités, le président les siennes. » Après avoir failli rejoindre les Verts dans le cadre d’un échange avec Yannis Salibur dans les dernières heures du mercato d’hiver, Nicolas Benezet risque de trouver le temps long d’ici le mois de juin. Retenu dans le groupe en Coupe de France pour le match face à l’OL ce jeudi après plusieurs semaines de mises à l’écart, le milieu de terrain de 27 ans, qui a prolongé en juillet dernier avec l’EAG jusqu’en 2020, entrevoit enfin la lumière. Reste désormais à confirmer sur la durée...