Foot Mercato : Tout d’abord Serge, quel bilan faîtes-vous de votre saison jusque-là ?

Serge Aurier : Franchement, je ne suis pas déçu ! Je m’étais fixé pour objectif de faire une grosse saison. Jusque-là, il n’y a eu que des bonnes choses dans ce système en 3-5-2 qui me va bien.

FM : On vous a d’ailleurs vu évoluer dans l’axe de la défense ou en piston sur le côté droit. Le fait de cultiver cette polyvalence vous a-t-il fait progresser ?

SA : Oui. J’ai commencé en tant que défenseur central cette saison. Ce n’était pas simple, car je ne voulais pas jouer là. Mais le coach m’a fait comprendre qu’il avait besoin de moi à ce poste, et qu’il fallait que je fasse les efforts pour retrouver mon poste de prédilection. Je n’étais pas content à la base, mais ça m’a permis d’emmagasiner de l’expérience, de gagner en sérénité. Je ne demande finalement qu’à être sur le terrain, quel que soit le poste. Il a su trouver les mots pour me convaincre, pour me faire faire une bonne saison.

FM : Au fil du temps, avez-vous pris du plaisir dans l’axe ?

SA : Franchement, il y a des matches où j’ai vraiment pris du plaisir. C’est un poste un peu particulier, différent du mien, mais j’avais déjà fini la saison précédente à ce poste-là. J’ai pris du plaisir à me retrouver là, ça m’a permis de progresser. Je sais que, quand l’équipe en a besoin, je peux dépanner.

FM : Pour la suite de votre carrière, pensez-vous que cette faculté à jouer dans l’axe ou dans un couloir peut s’avérer être un atout ?

SA : Je pense que, aujourd’hui, les clubs regardent les joueurs polyvalents. C’est donc un plus dans ma jeune carrière, je sais que je peux jouer là, j’ai gagné en sérénité et en calme grâce à ça. Mon objectif, c’est de progresser, et le club m’en donne l’opportunité, me donne la possibilité d’exprimer tout mon potentiel.

FM : Ce potentiel, vous l’exploitez plutôt bien, avec 6 buts et 6 passes décisives, ce qui fait de vous le défenseur le plus prolifique d’Europe. Comment le vivez-vous ?

SA : Je le vis normalement, je ne me prends pas la tête. Je suis un mec assez tranquille, je sais que dans ce milieu les statistiques sont importantes, mais je ne veux pas m’enflammer. Tout ce que je veux, c’est progresser, apporter un plus au club. Les stats sont certes importantes, mais je ne me disperse pas. J’essaie simplement de travailler tous les jours un peu plus.

FM : Le fait d’avoir gagné en sérénité vous a-t-il aidé à améliorer ces statistiques ?

SA : Dans le système précédent, avec quatre défenseurs à plat et des ailiers, on n’avait pas forcément besoin que les latéraux apportent offensivement pour débloquer un match. Mais là, à 3, les pistons ont un rôle important aussi bien défensivement qu’offensivement. Le fait de marquer et faire des passes décisives, ça me galvanise. Je suis content de tout ce qui se passe dans l’équipe, notre groupe est serein, on se respecte.

FM : Votre nom revient de plus en plus au moment de parler mercato. Récemment, vous évoquiez vos envies d’étranger. Qu’en est-il exactement ?

SA : J’ai eu la chance de faire une saison pleine en Ligue 1 avec mon club formateur, Lens. Ensuite, le club a connu des péripéties, Toulouse m’a tendu la main. Je m’y épanouis, je suis content. Après, si un jour je dois faire face à mon ancien club, je préfère que ce soit dans une compétition européenne, avec un club étranger. J’ai franchi un palier, je me sens prêt à partir dans un autre championnat. Je ne crache en aucun cas sur le championnat français, qui devient intéressant, notamment avec les Qataris au PSG. Il y a des stars, c’est magnifique de jouer contre eux. Mais j’aimerais bien découvrir autre chose. Rester en Ligue 1 peut être intéressant s’il y a un bon challenge, mais si j’étais amené à quitter Toulouse, ce serait tout de même davantage pour l’étranger.

FM : Malgré tout, des clubs comme le PSG et Monaco, qui ont l’ambition de conquérir l’Europe, peuvent-ils retenir votre attention ?

SA : Le PSG et Monaco se construisent et, d’ici 2 ou 3 ans, peuvent être les meilleures équipes du monde. Mais je parle plus en termes de championnat, j’aimerais découvrir un autre championnat. Ce n’est pas une question de niveau d’équipes, c’est simplement qu’il y a d’autres championnats intéressants. Rester en Ligue 1 ne serait pas un échec, mais j’ai du respect pour Toulouse et évoluer avec un autre club français contre le TFC, ça me ferait quelque chose. Je sais comment je suis, formé à Lens, quand je joue contre Lille ou Valenciennes, je ressens une émotion particulière à chaque fois. Et si je devais jouer contre Toulouse avec une équipe de Ligue 1, je pense que ça me ferait la même chose. C’est pour ça que je préfère me mesurer à d’autres adversaires, et voir ailleurs.

FM : Quels championnats vous feraient rêver ?

SA : L’Angleterre, c’est un championnat qui fait rêver, où des clubs de seconde zone peuvent battre les plus grands clubs. Tout le monde aimerait y jouer, c’est un championnat un peu fou, avec une superbe ambiance dans les stades. En tant que footballeur professionnel, jeune et ambitieux, découvrir ce genre de championnat est intéressant au niveau des sensations, des émotions. C’est le championnat qui me correspond le plus, au niveau de mon engagement, de ma manière de jouer. Après, l’Allemagne ou l’Espagne peuvent aussi être plaisants.

FM : Des médias anglais parlent d’ailleurs de vous, vous annonçant dans le viseur d’Arsenal, Newcastle, ou Aston Villa. Est-ce flatteur ?

SA : C’est clair que ça fait plaisir, même s’il n’y a rien de concret. Savoir que ton profil intéresse des clubs aussi ambitieux, ça ne me laisse pas indifférent. Mais ça ne me déconcentre en aucun cas sur ma saison. J’ai déjà eu ce genre d’expérience à Lens, donc je suis tranquille par rapport à ça. Ces intérêts veulent dire que j’ai progressé, mais je ne m’enflamme pas. Ce que je veux, c’est d’abord bien finir la saison avec mon club.

FM : Malgré tout, arriver à Arsenal pourrait constituer une sacrée étape dans votre carrière ?

SA : Arsenal, ça ne se refuse pas. Vous pouvez demander à n’importe quel joueur s’il aimerait jouer à Arsenal, je pense qu’il répondrait positivement sans hésiter. C’est un club mythique, on sait que beaucoup de Français ont marqué l’histoire du club. C’est sûr qu’Arsenal ça fait rêver.