Dans quelques semaines, le Stade Rennais va fêter un bien triste anniversaire. Celui de l’arrivée en Bretagne d’un improbable duo offensif à 33 M€ qui va rester comme l’un des pires flops de l’histoire de la Ligue 1. Le tandem Turdo-Lucas va vite se trouver en grande difficulté dans le très rugueux championnat de France. Mario Turdo ne va rester que six mois, tandis que l’attaquant brésilien va s’accrocher. Il faut dire qu’il jouissait d’une belle réputation au Brésil avant son arrivée en France et était l’un des fers de lance de la sélection olympique brésilienne. Raï disait même de lui qu’il avait l’étoffe pour devenir l’une des stars du football brésilien.

Après s’être montrés relativement patients avec leur très couteux Brésilien, les dirigeants rennais vont décider de s’en séparer après deux saisons très moyennes (61 matches – 6 buts). Après deux prêts successifs au Brésil, il finit par s’envoler du côté du Japon où il va connaître un grand tournant dans sa carrière. Après avoir retrouvé ses sensations, Severino Lucas fait désormais partie des stars de la J-League et a inscrit 54 buts en 161 matches de championnat. Il a même été l’un des grands artisans de la victoire en Ligue des Champions asiatique en 2008 en inscrivant trois des cinq buts de son équipe. À 31 ans, il a trouvé une certaine sérénité à Gamba Osaka et ne veut plus entendre parler d’Europe. Depuis le début de la saison de la J-League (qui commence en mars), Lucas a conservé ses bonnes statistiques et a déjà inscrit 3 buts en 7 matches.

Interrogé il y a quelques semaines par le Mensuel de Rennes, l’international brésilien était revenu sur les raisons de son échec. « Au départ, je devais jouer à l’Olympique de Marseille. J’avais même parlé à l’entraîneur de l’époque, Abel Braga. Rennes a finalement doublé l’offre. Ce n’était pas ma faute. Rennes était une équipe d’une taille normale prête à payer ce montant sur un espoir d’un bon niveau... Je pensais que j’allais être épaulé. Sauf que lorsque les gens me parlaient, ils n’évoquaient que ce transfert et jamais le football. Vous n’avez pas le droit de mal jouer dans un club lorsque vous avez été acheté à un prix si élevé. Quoi qu’il arrive, j’ai préféré venir au Japon. La proposition était très bonne et le nouveau défi m’intéressait. Désormais, me revoilà à mon niveau. Je suis bien au Japon même si le niveau est inférieur. » Si le nom de Severino Lucas ne restera pas dans les annales du football français pour son talent, le montant de son transfert est toujours au coeur des discussions dix ans après. Les 21 M€ déboursés pour le recruter lui collent à la peau et ce n’est pas prêt de changer...