Début de match électrique dans un Juventus Stadium survolté. Les Bianconeri, battus à l’aller sur la pelouse du Wanda Metropolitano (2-0), poussaient d’entrée dans le camp madrilène. Sur un débordement de Leonardo Spinazzola côté gauche, Blaise Matuidi écrasait trop sa frappe (3e). Giorgio Chiellini pensait donner l’avantage aux siens, à la retombée d’un corner botté par Miralem Pjanic, mais le but était annulé pour une faute de Cristiano Ronaldo sur Jan Oblak (4e). Décision validée par la VAR après deux minutes de flottement. La Juve poursuivait son pressing intense, très haut sur le pré, mais pêchait dans la dernière passe. Les Colchoneros, en difficulté pour ressortir le cuir, ne s’illustraient que sur une frappe lointaine non cadrée de Koke (22e). La Vieille Dame reprenait sa marche en avant.

Et sur un centre millimétré de Federico Bernardeschi, Ronaldo prenait le dessus sur Juanfran au second poteau et fusillait Jan Oblak de la tête à bout portant (1-0, 27e). Bernardeschi maintenait la pression sur les buts du Slovène sur un coup franc juste au-dessus (30e) et un ciseau spectaculaire non cadré (34e). Suite à un léger temps faible, Spinazzola adressait un centre parfait pour CR7 au deuxième poteau, mais sa tête n’accrochait cette fois pas le cadre (43e). Bernardeschi armait une frappe qui, contrée, passait juste au-dessus des cages d’Oblak (44e) et le portier sortait la tête de Chiellini d’une belle claquette (45e). Alvaro Morata était tout proche d’égaliser. Parfaitement servi par Koke, le n° 22 rojiblanco voyait sa tête fuir le cadre de Wojciech Szczesny (45e +2). Score à la pause (1-0).

Grazie Ronaldo

Au retour des vestiaires, les Piémontais appuyaient sur l’accélérateur. Et sur un décalage côté droit, João Cancelo adressait un centre parfait à destination de Ronaldo. Le Lusitanien prenait le meilleur sur la charnière centrale colchonera et battait une nouvelle fois Oblak de la tête (2-0, 49e). Un but validé par la goal line technology. L’Atleti tentait de sonner la révolte avec l’entrée d’Angel Correa en lieu et place d’un Thomas Lemar en dedans. L’Argentin percutait et décochait un tir qui rasait la barre (61e). S’en suivait une période de flottement, avec des débats hachés et une prise de bec entre Morata et Chiellini. Massimiliano Allegri jetait ses dernières forces dans la bataille avec Paulo Dybala et Moise Kean.

Le jeune buteur, sur une ouverture de Chiellini, ratait une énorme occasion, ne cadrant pas sa frappe du gauche seul face à Oblak (81e). Bernardeschi réalisait un rush balle au pied sur la gauche et obtenait un penalty pour une double poussette de Correa. Ronaldo transformait la sentence, prenant Oblak à contre-pied (3-0, 86e). La Juventus, dans un stade en fusion, contrôlait les débats, grâce à la débauche d’énergie de ses tauliers. Score final (3-0). Les champions d’Italie seront donc au rendez-vous des quarts de finale de Ligue des Champions. Merci Ronaldo.

L’homme du match : Cristiano Ronaldo (9) : que dire de la prestation du Lusitanien ce soir ! Il n’a pas tout réussi (une tête au-dessus sur centre de Spinazzola à la 42e), mais grâce à un retentissant triplé - une tête au second poteau sur un centre de Bernadeschi (27e), une tête au second poteau sur centre de Cancelo (49e), puis un penalty parfaitement exécuté (86e) - il envoie la Juve en quarts de finale. Avec 124 buts inscrits en Ligue des Champions et 127 toutes compétitions européennes confondues, le quintuple Ballon d’Or a encore prouvé qu’il répondait présent dans les grands rendez-vous

Juventus :

- Szczesny (6) : le Polonais n’a pas eu grand-chose à faire ce soir. Il s’est montré vigilant sur une frappe de Griezmann (24e) et des coups francs du Français (29e, 79e). La tête de Morata au-dessus (45e +2) l’aura à peine fait trembler.

- Cancelo (7) : placé haut sur le terrain, le latéral droit est entré doucement dans sa rencontre avant de prendre la mesure sur les adversaires dans sa zone, Thomas Lemar et Juanfran. Il a offert une passe décisive à son compatriote Cristiano Ronaldo (49e) et réalisé des déboulés impressionnants de puissance. Il termine la partie avec des crampes.

- Chiellini (8) : pour son 500e match sous le maillot de la Juventus, le capitaine bianconero a réalisé un match impressionnant. Le central a quasiment évolué milieu défensif, montrant l’exemple aux siens. En patron, il a martyrisé Alvaro Morata et coupé un bon nombre d’actions madrilènes. Il aurait même pu se muer en buteur si la VAR n’en avait pas décidé autrement (3e) et si Jan Oblak n’avait pas sorti sa tête en fin de première période (45e).

- Bonucci (6) : moins en vue que son partenaire en défense centrale, l’Italien a tout de même fait le boulot, contrôlant plutôt tranquillement Morata lorsqu’il était dans sa zone.

- Spinazzola (7) : titulaire pour la cinquième fois seulement cette saison, le latéral gauche a démarré pied au plancher avec une jolie montée (3e), une belle prise d’initiative (13e) et de jolis centres (14e, 42e). Défensivement assez à l’aise par ailleurs. Un peu moins en vue après la pause. Remplacé par Dybala (67e). La Joya, alignée à droite, a apporté sa touche technique dans le jeu collectif des Turinois.

- Pjanic (7) : le métronome de la Juve n’a pas franchement eu beaucoup de réussite dans ses prises d’initiatives et ses transmissions en première période. Le Bosnien a haussé son niveau lors du second acte, à l’image de sa passe claquée pour CR7 (68e) et des remontées de balle en fin de rencontre.

- Emre Can (6,5) : l’international allemand n’a certes pas crevé l’écran balle au pied, mais il a joué un rôle important de stabilisateur dans l’équilibre d’un onze turinois résolument tourné vers l’offensive.

- Matuidi (7) : une première période de très haut niveau pour l’international tricolore. S’il écrase un peu trop sa frappe (3e), l’ancien Parisien, pas avare en efforts et en kilomètres avalés, a affiché toute sa sérénité sur une relance longue de Grizi (25e) et une récupération énorme devant sa propre surface (35e). Il a colmaté les brèches lors du second acte avec son courage caractéristique.

- Bernardeschi (8) : l’Italien, volontaire et remuant, aura été l’un des grands artisans du succès des siens. Avec son centre décisif pour l’ouverture du score de CR7 (27e), il a obtenu le penalty transformé par le Portugais en fin de match (86e), synonyme de qualification pour les quarts. Souvent inspiré balle au pied, il a considérablement gêné les défenseurs colchoneros par ses prises des balles et ses accélérations. Averti (64e).

- Mandzukic (6) : le pivot de la Vieille Dame a effectué un travail de sape sur la défense centrale madrilène. Le Croate, par sa simple présence, faisait planer une menace constante dans la surface adverse même s’il n’a eu que peu d’occasions à se mettre sous la dent (47e, 74e). Remplacé par Kean (80e). Le buteur italien aurait pu s’en vouloir d’avoir raté son unique occasion seul face à Oblak (81e), mais elle a finalement été sans conséquence.

- Cristiano Ronaldo (9) : voir ci-dessus.

Atlético de Madrid :

- Oblak (4,5) : le gardien slovène a vécu une soirée ingrate, lui qui ne peut pas grand-chose sur les trois buts de Ronaldo (27e, 49e, 86e), étant même tout proche de sortir le cuir sur le second but du Portugais. Il avait commencé sa soirée en ne captant pas bien un ballon, sur le but refusé à Chiellini (4e). Il sort toutefois une belle claquette sur une tête de ce dernier juste avant la pause (45e).

- Arias (5) : le latéral droit a eu beaucoup de travail, que ce soit face à Ronaldo ou Pjanic, mais il a plutôt bien résisté aux assauts des Bianconeri, gagnant la majorité de ses duels. Il a été l’un des rares de la défense madrilène à bien tenir son poste, mais a dû céder sa place à Victor Vitolo (77e) lors du changement offensif effectué par son entraîneur. Ce dernier n’a pas beaucoup apporté, et s’est pris un carton jaune pour contestation (90+2e).

- Giménez (4,5) : buteur au match aller, il a cette fois-ci moins eu l’occasion de se montrer offensivement, en restant cantonné dans sa surface pour repousser les nombreux centres de la Juve. Plutôt en réussite, il dégage bien le cuir de la tête devant Mandžukić (47e), mais laisse Kean partir totalement seul dans son dos sur une grosse action du jeune Italien (81e). Il prend un jaune pour contestation sur le penalty de Ronaldo (85e).

- Godín (4) : il a débuté la rencontre en effectuant un sauvetage devant sa ligne sur une frappe de Matuidi (3e). Le capitaine a parfois montré quelques limites, en n’ayant pas toujours été impeccable dans les duels aériens, comme sur le deuxième but de Ronaldo (2-0, 49e), où il ne serre pas assez le Portugais.

- Juanfran (3) : Bernardeschi lui a fait du mal sur son côté droit, et c’est lui qui se fait complètement manger par Ronaldo sur l’ouverture du score du Portugais de la tête (1-0, 27e). Peu aidé par Lemar, il a fait son possible, mais n’a pas pu éviter de prendre un carton jaune en barrant la route de Ronaldo, qui avait gagné son duel (73e).

- Koke (3) : mis sous pression par les Bianconeri dès le début de la rencontre, il n’a jamais été en mesure de sonner la révolte pour les Madrilènes. Même si c’est lui qui a allumé la première mèche pour les Madrilènes, d’une frappe lointaine, passée trop haut pour inquiéter Szczęsny (22e), il s’est globalement montré très peu dangereux.

- Rodrigo (4) : le jeune Espagnol a eu du mal à exister au milieu de terrain, en ne parvenant jamais à ressortir la balle de son camp, étouffé par la pression turinoise. S’il a été plutôt précis dans ses passes (89%), il a souvent manqué de présence dans les duels.

- Saúl (3) : comme les autres Colchoneros, il n’a jamais semblé en mesure de créer du contenu offensif, se contentant de subir les offensives turinoises, sans avoir de réaction d’orgueil. Une statistique peut illustrer sa soirée : il n’a remporté que 5 duels sur les 12 qu’il a eus à jouer.

- Lemar (3) : le Français est complètement passé à côté de sa rencontre, en multipliant les mauvais choix et en se faisant effacer par Cancelo. Il n’a jamais semblé en mesure de créer du danger, ce qui a logiquement conduit à son remplacement par Ángel Correa (57e). L’Argentin s’est rapidement mis dans le match, en tentant sa chance de loin, mais son tir fuyait le cadre (62e). C’est lui cependant qui est coupable sur le but de la qualification de Ronaldo (3-0, 86e), en faisant faute sur Bernardeschi.

- Morata (3) : il a très souvent paru perdu au milieu de la défense adverse, étant d’ailleurs plus souvent dans sa propre moitié de terrain que dans celle de la Juve. Sa seule action dangereuse a lieu juste avant la mi-temps, avec une tête non cadrée sur un bon centre de Koke (45+2e). Il a eu une chaude altercation avec Chiellini en deuxième période, sans conséquences pour les deux hommes.

- Griezmann (3,5) : le champion du Monde 2018 a vécu un match ingrat, en étant sevré de ballons en profondeur, et effectuant un bon travail défensif. Sa première tentative était lointaine, mais elle a été bien boxée par Szczesny (24e). On l’a en revanche complètement perdu de vue en seconde période.

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