Alors qu’il s’était engagé avec Niort pour trois saisons cet été après deux belles saisons à Valenciennes, Pierre Slidja (20 ans) n’a toujours pas porté les couleurs de sa nouvelle équipe en Ligue 2. La faute à des problèmes personnels qui l’ont contraint à s’absenter de l’entrainement depuis le début du mois d’octobre afin de se rendre à Amiens, sa ville d’origine. Sauf que son club s’est impatienté et a lancé une procédure disciplinaire à son encontre dans le but de rompre son contrat. Critiqué par les dirigeants de son équipe et silencieux depuis le début de cette affaire, le joueur a décidé de s’expliquer sur Foot Mercato.

Foot Mercato : Comment allez-vous depuis votre mise à l’écart ?

Pierre Slidja : Je vais très bien. Je suis en bonne santé et j’ai toute ma tête contrairement à ce que je peux lire ou entendre. En ce qui concerne la mise à l’écart, je tiens à préciser que c’est moi qui n’ai pas repris l’entrainement suite à des motifs entre le club et moi.

FM : Comment occupez-vous votre temps ? Avez-vous repris un travail physique ?

PS : Mon temps, je l’occupe entre ma famille et un travail personnel. Je travaille actuellement avec un préparateur physique et mental chaque jour afin de rester un minimum compétitif.

FM : Le club de Niort a justifié votre absence de l’entraînement par des problèmes familiaux, est-ce que ça va mieux ?

PS : Effectivement, j’ai eu un souci familial très important, puis étant le seul homme à la maison je ne pouvais pas rester éloigné de ma famille dans une telle situation. Mais grâce à Dieu ça va beaucoup mieux. Contrairement à ce qu’il se dit, j’ai été autorisé par le club à m’absenter. J’échangeais de manière fréquente avec le manager général du club (Karim Fradin, Ndlr), donc je ne comprends pas que l’on puisse dire "On est sans nouvelle de Pierre ! ".

FM : Comment se fait-il que le club de Niort ait ouvert une procédure disciplinaire contre vous ?

PS : Je suis jeune, je n’ai que 20 ans. Donc à un moment, il faut prendre le temps d’être à l’écoute des jeunes joueurs, communiquer avec eux pour savoir ce qui ne va pas. Il y a des choses qui ne m’ont pas plu et lors de mon absence j’ai dit par téléphone au manager général du club que je souhaitais quitter Niort. Certaines choses m’ont beaucoup affecté au club et je ne me reconnaissais en rien dans ce qui m’a été vendu à la signature. Quand on te dit "on te prend un rendez-vous chez un psychologue", alors que tout va bien dans ta tête et que l’on t’oblige à y aller en plus, tu te dis "mais que se passe-t-il ? Ils ont craqué ? Je suis normal dans ma tête. " Tu vois après que ça sort dans la presse, que certaines personnes du club évoquent que tu rencontres un psy... Mais ont-il pensé à la réaction de ma famille quand elle allait lire cela ? Une chose qui devait rester privée et ne pas sortir du club se retrouve sur la place publique. Surtout, il y a certaines choses que l’on ne dit pas à un jeune joueur quand on est un coach.

FM : C’est-à-dire ?

PS : Dès mon arrivée, il (Denis Renaud, Ndlr) m’a écarté. Alors au début, il prétendait que j’étais en surpoids puis au fur et à mesure du temps je m’apercevais que la situation n’évoluait pas. Le coach ne communiquait pas avec moi, même pas "bonjour". C’est à peine s’il me regardait dans les yeux, il ne me considérait pas malgré la bonne saison que je venais de clôturer à Valenciennes. Alors, j’ai donc été le voir pour comprendre et là il me dit "écoute, ce n’est pas moi qui t’ai recruté. Vois avec les gens qui t’ont fait venir !". Tu prends une sacrée claque alors que tu viens d’avoir 20 ans. Je comprends déjà une chose : "Avec moi en poste, tu ne joueras jamais alors casse-toi, tu ne m’intéresses pas !" Dans le football, malheureusement, on se sert de nous pour des choses pas claires. Aujourd’hui, je regrette un peu mon ancien coach David Le Frapper (ex-entraineur de Valenciennes, aujourd’hui en charge de la réserve de l’OM, Ndlr), lui c’était un top coach qui savait me parler ! On parle de certains problèmes de comportement ! Mais c’est faux, je suis un mec simple, adorable, et moi j’aime que l’on prenne le temps de me parler. Je n’ai jamais manqué de respect à qui que ce soit. Je respecte mes aînés. Mais si j’ai réagi comme ça, c’est qu’il y a eu une action qui a entraîné ma réaction. Il s’est passé un truc grave selon moi. Que ce soit à Valenciennes ou à Niort ! À Valenciennes, des dirigeants m’ont parlé de grands clubs européens et français, qui s’intéressaient à moi et a la fin le club me bloque et refroidit ces clubs, car il demandait trop d’argent et j’ai été déçu.

FM : Comment comptez-vous vous défendre ?

PS : Il n’y a rien à défendre, je suis fautif mais je ne suis pas compris. Que l’on arrête de me salir. Concernant mes réactions, j’aurais dû manifester mes émotions autrement et j’ai fait une erreur sur la forme. Après, je sais qu’il y a des manières de faire et la mienne n’a pas été bonne. Mais je suis jeune, j’ai 20 ans, je suis juste une personne qui marche à l’affectif, qui aime qu’on prenne le temps de lui parler. J’ai fait des erreurs d’appréciation et aujourd’hui je regrette car on retient juste ma réaction mais les gens ne cherchent pas à savoir pourquoi. La seule chose que je peux dire, c’est que je suis juste un garçon qui veut continuer à apprendre et grandir dans un club qui me donne de la considération dans sa communication, car derrière chaque footballeur il y a un homme.

FM : Votre réputation doit en prendre un coup, n’avez-vous pas peur que cela puisse vous jouer des tours ?

PS : Effectivement, c’est vrai que les gens pensent que je suis un voyou alors que pas du tout. Sur le coup, on ne réfléchit pas mais le principal est de reconnaître ses erreurs et de vite les corriger. J’espère retrouver un club au plus vite pour montrer que je ne suis pas la personne que l’on raconte mais que je peux être un grand joueur et un grand Homme. Avant moi, d’autres joueurs ont fait des erreurs et ils ont su rebondir dans des clubs comme Nice, le PSG... J’espère vite rebondir aussi. Mais à moi aussi de mieux réagir à l’avenir.

FM : Comment voyez-vous la suite ?

PS : Grande, je l’espère. La vie ne s’arrête pas. Quand on tombe, on se relève et on apprend de ses erreurs. Actuellement, je travaille avec de nouvelles personnes qui me conseillent et me font comprendre certaines choses. D’ailleurs, mon nouvel agent a vite fait le nécessaire afin que je prenne conscience de la situation et qu’un préparateur physique soit à ma disposition. Je suis donc très motivé car le football me manque. Je suis à l’écoute des clubs avec beaucoup d’humilité, l’argent n’est pas ma priorité, je suis jeune, je cherche un vrai challenge sportif en espérant qu’un coach de Ligue 2 ou étranger me tende la main. Après, si des clubs sont intéressés, mon conseiller Farid Baadj sait ce qui est bien pour moi. Mais il y a des coaches avec qui je me verrais bien travailler en Ligue 2 ou Ligue 1.

FM : Vous avez tout de même un joli CV (40 matches pour 8 buts en Ligue 2, international U20), quelles sont vos ambitions ?

PS : Elles sont très simples. Je veux retrouver le terrain, le vestiaire, car j’ai envie de reprendre ma vie de footballeur professionnel au plus vite et d’être appelé à nouveau en sélection nationale. Je peux être appelé pour deux pays (la France et l’Algérie, Ndlr) donc à moi de faire ce qu’il faut et cela passe déjà par retrouver un club au plus vite et marquer des buts pour faire de moi un attaquant efficace comme l’an dernier avec Valenciennes.