Foot Mercato : Ricardo, félicitations pour votre victoire sur la pelouse de Chelsea (0-1). Comment ressortez-vous de ce match ?

Ricardo Pereira : c’est toujours très agréable de gagner ce genre de matches. Nous savions que ce serait un match difficile, face à un adversaire compliqué, mais le travail collectif a porté ses fruits. On a aussi eu un peu de chance, notamment en fin de match, mais ça fait partie du jeu. Mais on a dû beaucoup travailler pour avoir cette réussite !

FM : grâce à ce succès, Leicester pointe à la 9e position en Premier League. Quels sont vos objectifs ?

RP : l’objectif du club est d’essayer de terminer le plus haut possible au classement, essayer d’être le plus près possible du top 6, avec les meilleurs clubs. On va essayer de se battre pour la 7e place. Le championnat est encore long, on doit prendre les matches les uns après les autres et engranger un maximum de points. On fera les comptes ensuite pour voir ce qu’on peut ambitionner.

FM : c’est votre première saison en Premier League. Vous y sentez-vous bien ?

RP : oui, oui ! C’est une bonne expérience dans un championnat complètement différent de la Liga NOS. L’intensité, l’ambiance, c’est vraiment un niveau au-dessus de ce que j’avais déjà connu.

FM : quelles sont les principales différences entre la Premier League et la Liga NOS ou la Ligue 1 ?

RP : ici, on joue un football beaucoup plus rapide, avec beaucoup de transitions, un jeu beaucoup plus direct. Il n’y a pas beaucoup de phases de possession, de construction avec le ballon sur la largeur pour trouver la solution. On privilégie le jeu direct, les attaques rapides, les contre-attaques. C’est un football plus dynamique, plus intense.

FM : avez-vous connu des problèmes d’adaptation à ce nouveau rythme ?

RP : un petit peu au début parce que j’étais habitué à un rythme différent, une manière de jouer différente. J’ai eu un peu de mal à m’adapter au rythme au début, mais au fil des matches je m’habitue et je m’acclimate.

Une adaptation réussie chez les Foxes

FM : comment jugez-vous votre adaptation au football anglais après 15 apparitions en PL (1 but et 2 passes décisives) ?

RP : je pense que je me suis bien adapté. Je m’entends de mieux en mieux avec mes partenaires, je connais mieux tout le monde. Tout se passe bien. J’engrange de la confiance match après match. Je me sens bien adapté. L’objectif est de continuer sur cette lancée pour poursuivre ma progression.

FM : vous allez disputer votre premier Boxing day (le 26, contre Manchester City). Comment vous préparez-vous pour ce rendez-vous si particulier ?

RP : ça va être une bonne expérience ! Ça va être différent des années précédentes. D’habitude, je regardais les matches en famille devant la télévision. Là, ce sera différent, mais je pense que ça va être sympa et que ça sera une bonne expérience !

FM : cet été, avant de rejoindre Leicester, vous aviez d’autres options. Pourquoi avoir choisi les Foxes ? La présence de personnes que vous connaissiez déjà (Claude Puel et Nampalys Mendy côtoyés à Nice, Adrien Silva en sélection du Portugal) a-t-elle joué ?

RP : c’est un club qui s’est rapidement montré intéressé. On m’a montré qu’on voulait vraiment que je fasse partie de ce projet. Et la Premier League est un championnat au sein duquel j’ai toujours voulu jouer. C’est le championnat le plus compliqué du Monde, le plus compétitif du Monde. Tout ça m’a poussé à choisir Leicester. Le fait de pouvoir parler avec le coach avant de venir a évidemment compté. Adrien m’a expliqué comment étaient le club et la ville dès qu’il a entendu que le club s’intéressait à moi. Cela m’a aidé et rendu mon adaptation plus facile. Leur aide a été très importante.

La tragédie de Leicester dans les têtes, le joli souvenir de Nice

FM : Leicester a connu une tragédie avec la disparition du propriétaire Vichai dans un accident d’hélicoptère. Comment avez-vous vécu cet épisode terrible, personnellement et collectivement ?

RP : nous avons vécu une énorme tragédie. C’est arrivé sans prévenir, de manière inattendue. En un instant, alors que tout se passait bien, nous avons connu une tragédie. Comme tout le monde le sait, le président Vichai était quelqu’un de très important et aimé au club, mais aussi dans la ville. Le groupe essaie de vivre avec, petit à petit. On tente de lui rendre hommage à notre manière en donnant notre maximum sur le terrain pour poursuivre le travail qu’il a impulsé. On veut le rendre fier là-haut.

FM : est-ce que vous suivez toujours les résultats de l’OGC Nice ?

RP : je continue à suivre les résultats évidemment ! Dès que je le peux, j’essaie de regarder les matches. C’est un club spécial pour moi. Je tente de suivre leurs résultats, comme un supporter de plus.

FM : avez-vous apprécier votre passage chez les Aiglons et plus globalement en Ligue 1 ?

RP : bien sûr, j’ai pris beaucoup de plaisir en France, surtout dans une équipe comme Nice, qui avait pour habitude de faire du jeu, d’avoir la possession et de jouer au ballon. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer et à vivre en France.

FM : quel regard portez-vous sur les difficultés de Mario Balotelli cette saison, vous qui l’avez côtoyé chez les Azuréens ?

RP : c’est assez difficile d’en parler en étant hors du groupe. Tout ce que je peux dire, c’est que Mario est un très grand attaquant, avec beaucoup de qualités. Tous les buteurs veulent marquer. Tôt ou tard, les buts finiront par arriver et il apportera sa contribution au collectif comme il l’a fait les années précédentes.

Porto et Sergio Conceição

FM : un mot sur le FC Porto, votre ancien club, leader de Liga NOS et qualifié pour les 8es de finale de Ligue des Champions. Sergio Conceição, le coach des Dragões, passé par Nantes, a-t-il, selon vous, quelque chose de spécial ?

RP : on peut dire que oui ! Cette passion qu’il a pour le jeu, le fait d’exiger que ses joueurs donnent les maximum, à son image, qu’ils ne se relâchent jamais... Il a su pousser chacun des joueurs à faire de son mieux, à tout donner jusqu’à l’épuisement. Cette confiance a permis aux joueurs d’être performant.

FM : vous avez quitté Porto cet été sur un titre de champion du Portugal. Était-ce quelque chose d’important pour vous ?

RP : oui, oui, sans aucun doute. C’était un objectif, depuis tout petit, de gagner un championnat. Cela faisait quatre ans que Porto ne gagnait plus la Liga NOS, alors c’était important, c’était la cerise sur le gâteau. C’était important pour moi de décrocher ce titre. D’ailleurs, je n’ai parlé de mon avenir qu’une fois le titre de champion en poche. C’était un objectif que je souhaitais vraiment atteindre.

FM : lorsque vous avez commencé à faire parler de vous, à Guimarães, vous étiez ailier droit. Comment vous êtes-vous retrouvé à jouer latéral ?

RP : tout a commencé à Guimarães, avec Rui Vitoria (aujourd’hui à Benfica). Je me souviens d’un match au cours duquel notre latéral droit Alex avait été expulsé en début de match et j’avais reculé et fini le match derrière. Ça s’est reproduit quelques matches puis au FC Porto ensuite. Nice m’avait recruté pour jouer à ce poste-là. Ça a été naturel pour moi de reculer. Je veux jouer, devant ou derrière, peu importe. Je veux simplement aider mon équipe et faire ce que j’aime le plus : jouer au football.

Des ambitions avec et pour le Portugal

FM : parlons un peu de la sélection du Portugal. Vous comptez 5 capes. On imagine que c’est l’un de vos objectifs pour 2019.

RP : évidemment, chaque joueur portugais a pour objectif de défendre les couleurs de la sélection. C’est aussi mon cas. Je travaille dur au quotidien, ici à Leicester, pour avoir cette chance-là. Je sais qu’il n’y a que comme ça que j’y arriverai.

FM : il y a une grosse concurrence à votre poste de latéral droit avec Cedric Soares, João Cancelo ou encore Nelson Semedo. Comment la vivez-vous ?

RP : je crois que c’est bien pour la sélection d’avoir autant de joueurs de talent, qui sont performants dans leurs clubs respectifs. Tout cela aide non seulement la sélection mais aussi chacun d’entre nous. On sait que l’on doit être à notre maximum pour être appelé. Ce n’est que du positif.

FM : depuis la fin du Mondial en Russie, Cristiano Ronaldo a pris du recul par rapport à la Seleção. Fernando Santos a fait confiance aux jeunes, avec bonheur. Avec cette nouvelle génération, le Portugal, qualifié pour le Final Four de Ligue des Nations en 2019, peut-il conserver son titre de champion d’Europe en 2020 ?

RP : il faut rester prudent. D’abord, nous devrons nous qualifier. Ensuite, le Portugal possède de nombreux jeunes talents, qui évoluent déjà dans les meilleurs clubs du Monde ou commencent simplement à émerger. Nous avons les qualités pour faire les choses bien mais nous devons franchir les étapes les unes après les autres, tout en croyant en nos forces.

FM : que peut-on vous souhaiter pour 2019 ?

RP : continuer à faire mieux jour après jour, match après match, m’améliorer encore et encore, prendre toujours plus d’importance dans l’équipe. Ne pas brûler les étapes, le reste suivra.