Tottenham a vécu une semaine absolument épouvantable. Contre le Bayern Munich, en milieu de semaine dernière, tout n’a pas du tout tourné en la faveur des Spurs. Malgré une belle ouverture du score, les Londoniens n’ont jamais pu contrer le réalisme des Bavarois, qui les ont finalement vaincus sept buts à deux. Quasiment du jamais vu entre deux équipes de ce niveau-là en Ligue des Champions. Mais la malchance des hommes de Mauricio Pochettino ne s’est pas arrêtée là.

Ce samedi, contre Brighton, en Premier League, tout s’est mal passé. Sur l’ouverture du score de Brighton, Hugo Lloris fait une énorme faute de main avant de tomber et de se luxer le coude. Il sortira ensuite sous assistance respiratoire et devrait manquer quelques mois de compétition. Puis, les Spurs se sont à nouveau écroulés. Impatients, imprécis, rien n’allait tandis qu’en face, leurs adversaires ne se privaient pas de les faire sombrer en inscrivant un deuxième puis un troisième but.

Aurait-il dû partir au sommet, cet été ?

Alors forcément, la question se pose. Les joueurs ont-ils lâché leur entraîneur ? Tout ne s’explique pas forcément comme cela, mais si on regarde de plus près les statistiques, comme l’a fait The Times en ce lundi, on s’aperçoit que la méthode a plus de mal à passer. On dit souvent qu’il faut régénérer son effectif de 30% chaque année. Dans le milieu des entraîneurs, Sir Alex Ferguson avait même l’habitude de dire qu’au bout de quatre ans, un projet se terminait.

Sauf que Pochettino a étiré ce constat d’une année puisqu’il a atteint la finale de la Ligue des Champions au bout de cinq ans. Tout le monde s’était même demandé si l’ancien joueur du Paris Saint-Germain n’allait pas quitter son poste cet été, au sommet. Il n’en fut rien et quelques joueurs auraient même été un brin surpris selon le média anglais. Mais tout s’explique toujours dans le football et encore plus avec ce Tottenham-ci.

Le pressing de plus en plus absent

L’exemple le plus parlant concerne la pression des Spurs. Opta définit cela comme le nombre de passes (trois passes ou moins) de l’adversaire dans une séquence et où cette dernière se termine à moins de 40 mètres de son propre but. Ainsi, nous apprenons que lors de la saison 2017-2018 il y a eu, en moyenne, 15,6 moments par rencontre, ce qui était le second chiffre le plus haut de la Premier League. Mais cette année, cela a chuté à 10,6, le cinquième plus bas résultat.

La pression est quelque chose mis en place par l’entraîneur. C’est lui qui doit motiver ses hommes à effectuer ce pressing, à générer ses efforts courts et intenses. C’est aussi là qu’on remarque que le discours a plus de mal à passer puisqu’il est de moins en moins bien réalisé. Les courses sont moins franches et moins longues. Ce samedi Brighton a couru 7,5 KM de plus que Tottenham, ce qui n’est pas négligeable dans l’intensité.

Trois systèmes en deux matches

Mais une nouvelle interrogation émerge. Mauricio Pochettino a-t-il encore des idées pour relever son équipe ? La question est compliquée. En l’espace de deux rencontres, il a choisi trois systèmes et aucun des trois n’a été concluant. Lors de la rencontre face au Bayern, il était parti dans l’idée de jouer en 4-4-2 diamant tandis que le 4-2-3-1 était de retour contre Brighton même s’il a terminé cette confrontation avec un 3-4-1-2. Le média anglais va encore plus loin en utilisant d’autres statistiques qui montrent l’impuissance de Pochettino et de ses hommes.

Brighton a réussi 76, 57 % de ses 303 passes dans le camp de Tottenham, remportant par la même occasion huit ballons dans le dernier tiers du terrain, ce qui montre clairement la volonté d’imposer son jeu à une équipe des Spurs qui semblait totalement désunis et défaits alors même que la rencontre se jouait. Avec la trêve internationale, Mauricio Pochettino aura le temps de travailler avec les rares hommes qui va lui rester, mais les prochains rendez-vous seront capitaux tant pour l’avenir des Spurs que pour le sien.