Foot Mercato : pourquoi avoir fait le choix de rejoindre le Zenit ? Qu’est-ce qui vous a convaincu dans ce projet ?

Malcom : tous les joueurs de foot ont besoin de jouer et ce n’est pas différent avec moi. J’avais envie de jouer, d’avoir plus de minutes de jeu. Le choix était facile, car le Zenit joue tous les ans la Coupe d’Europe, la Ligue des Champions. Et cela ne me ferme pas la porte d’un retour en Europe dans deux ou trois saisons.

FM : quelle image aviez-vous de la Russie au moment de signer ? Connaissiez-vous le championnat ?

M : je connaissais un petit peu, mais le championnat russe s’est beaucoup amélioré. Il y avait Hulk, d’autres joueurs qui y sont passés m’ont dit qu’ils s’étaient améliorés au niveau de la qualité technique, la philosophie de jeu, la défense et l’attaque. Maintenant, il y a de plus en plus de joueurs de qualité et c’est pour ça que le championnat s’est amélioré. Pour moi c’est un bon championnat.

FM : vous êtes au Zenit depuis cet été, quel premier bilan pouvez-vous faire ?

M : je ne compte pas la blessure, car c’est une blessure rare. Ces cinq mois étaient les pires de ma vie. Je n’ai jamais eu de longue blessure, mais mes coéquipiers et le staff connaissent ma qualité. Je peux aider le club, aider le Zenit. Il faut que j’apprenne à mieux parler russe assez rapidement afin de mieux communiquer avec tout le monde et je commence à avoir des minutes de jeu. J’en avais envie au moment où j’ai fait mon choix d’aller en Russie. Le coach est très content avec moi. Il pensait que je ne pouvais pas jouer 90 minutes. Il y a eu un match (quart de finale de Coupe de Russie, ndlr) où on a joué pendant 120 minutes avec des prolongations donc je me sens bien. Ma préparation hivernale s’est super bien passée, avec un passage au Brésil avec le kiné du Zenit et puis le stage à Dubai. L’expérience est pour le moment magnifique et j’espère que ça va continuer et aller encore mieux.

« Tout le monde sait que le PSG est favori. Ici, il y a plus de concurrence qu’en Ligue 1 »

FM : le Zenit a terminé dernier de son groupe de Ligue des Champions, qu’est-ce qui lui a manqué ?

M : je pense qu’il a manqué de la chance. On a fait de bons matches. On a gagné contre Lyon. Mais après c’est bien on a terminé avec sept points et il nous a manqué un but pour nous qualifier. Il faut continuer à travailler et voir ce qu’il nous manquait pour l’année prochaine. Si Dieu le veut, on jouera encore la Ligue des Champions.

FM : le club est bien parti pour conserver son titre, comment jugez-vous cette fin de saison ?

M : ce n’est pas décidé pour le titre (le Zenit a neuf points d’avance sur Krasnodar et le Lokomotiv Moscou, ndlr). Il faut continuer à gagner les matches jusqu’à la fin du championnat. Mais j’espère qu’on va gagner. On a tout pour le faire. Il faut continuer, notamment pour jouer la Ligue des Champions.

FM : en début de saison, vous avez dit que vous étiez ouvert à un appel de la sélection russe, c’est vraiment une possibilité pour vous ? Avez-vous fait des démarches ?

M : non, j’ai dit si la sélection du Brésil ne m’appelle pas, pourquoi pas. Si la sélection russe veut de Malcom pourquoi pas. C’est ça que j’ai dit. Ma priorité c’est le Brésil. Je suis Brésilien et c’est le rêve de jouer pour la sélection brésilienne, mais si ça ne marche pas pourquoi pas changer. Il y a d’autres Brésiliens qui ont changé.

FM : comment vous vous adaptez au coronavirus ?

M : pour moi, c’est un peu difficile si ça doit s’arrêter, car je commence à retrouver ma condition physique. S’ils arrêtent le championnat (le championnat russe s’est arrêté le jour de l’interview, ndlr), ça sera un peu difficile pour moi après. Mais si c’est pour permettre à chacun de rester à la maison, de protéger les gens, ce sera mieux pour tout le monde. Il ne faut pas penser qu’à soi, il faut penser au monde entier. Car ce virus est un vrai problème.

« Les gens disent toujours Bordeaux un jour, Bordeaux toujours. »

FM : où placez-vous la Ligue 1 par rapport à la Russie en terme de niveau ?

M : je crois que c’est à peu près pareil. Parce qu’en Ligue 1, il y a aussi des clubs qui ne marquent pas beaucoup de points, ne gagnent pas beaucoup de matches. Ici, il y a quatre cinq clubs qui peuvent gagner le titre. En Ligue 1, tout le monde sait que le PSG est favori. Ici, c’est un peu plus difficile qu’en Ligue 1, il y a plus de concurrence.

FM : votre première expérience en Europe était à Bordeaux. Quel souvenir gardez-vous de votre passage chez les Girondins ? Suivez-vous encore le club ?

M : bien sûr, les gens disent toujours Bordeaux un jour, Bordeaux toujours. Je ne vais jamais oublier Bordeaux. C’est Bordeaux qui m’a ouvert la porte de l’Europe. Je remercierai toujours le club pour tout ce qu’il a fait pour moi. De m’avoir fait jouer. Les coachs, les staffs et les coéquipiers aussi qui m’ont aidé à montrer le meilleur de moi. C’est la vie, c’est des choix de progression, je suis parti au bon moment.

FM : vous aviez notamment montré de la proximité avec Neymar après un match contre le PSG (défaite 6-2 de Bordeaux, ndlr), est-ce un modèle pour vous ? À Paris, il a eu des blessures et n’a pas encore gagné la Ligue des Champions, est-ce que son transfert est un échec ?

M : Neymar c’est un des meilleurs joueurs du monde. Ce n’est pas son transfert le problème. Il tente, il tente. Chaque année, il met plus de 15 buts, c’est un des meilleurs joueurs du monde. Je crois que cette année le PSG a la possibilité de gagner la Ligue des Champions comme les autres gros clubs tels que le FC Barcelone. Ils ont une grosse équipe cette année.

« Sans Barcelone, je ne serais pas ici... »

FM : après Bordeaux vous devez signer à la Roma, mais finalement le FC Barcelone arrive dans les négociations et vous allez en Catalogne. Comment s’est déroulé ce transfert ?

M : sur la négociation, je n’étais pas au courant. J’étais content d’aller à l’AS Roma, mais après le club, le président Stéphane Martin ne m’a pas laissé y aller, car le FC Barcelone avait fait une offre supérieure au club. Ils sont passés prioritairement par le club. C’était mon rêve, ils le savaient. Avec le président j’ai donc choisi le FC Barcelone.

FM : est-ce que vous vous attendiez à voir le FC Barcelone vous recruter ? Comment s’est passée votre arrivée au club ?

M : c’était magnifique ! La réception, quand je suis arrivé, les gens sont très respectueux. Tous les joueurs je n’ai rien à dire. C’est une famille, je ne vais jamais oublier mon passage au FC Barcelone avec les meilleurs joueurs du monde.

FM : vous aviez très peu joué avec Ernesto Valverde, est-ce que vous compreniez ses choix ?

M : le très peu que j’ai joué, j’ai profité, j’ai bien fait mon travail. J’ai marqué des buts importants pour le club et pour ma carrière. Je n’ai rien à dire, je vais remercier le FC Barcelone pour tout. Sans Barcelone je ne serais pas ici... Le très peu que j’ai joué, j’ai profité avec les meilleurs joueurs du monde, j’ai gagné des titres et j’ai marqué des buts.

FM : qu’est-ce que ça fait de jouer avec Lionel Messi ?

M : ça me touchait un peu au début, car je le voyais marquer des buts, dribbler. Au quotidien c’était incroyable. La façon dont il touche le ballon, comment il le contrôle. Vous savez, c’est le meilleur du monde. Juste en le regardant jouer j’ai appris beaucoup de choses sur le football. Et j’essaye de le faire maintenant au Zenit. C’est une inspiration, mais pas que pour moi. Il inspire le monde entier.

FM : comprenez-vous les difficultés d’Antoine Griezmann à s’adapter au FC Barcelone ?

M : ce n’est que le début. Après il va connaître mieux les joueurs et marquer plus de buts. Il marque déjà beaucoup et va marquer plus.

FM : quels sont les joueurs qui vous inspirent le plus ?

M : ce sont les meilleurs joueurs du monde ! Lionel Messi, Neymar, Cristiano Ronaldo. L’ancien Ronaldo aussi. Ce sont des joueurs qui vont rester dans l’histoire du football pour toujours. Pour leur façon de joueur, de marquer des buts, les coups francs, les dribbles, l’explosivité, la puissance. C’est un tout.