À quoi doivent s’attendre les supporters de l’OM avec Jean-Louis Gasset ?

Par Jordan Pardon
5 min.
Jean-Louis Gasset et Pablo Longoria @Maxppp

Nommé au pied levé pour remplacer Gennaro Gattuso à la tête de l’OM, Jean-Louis Gasset aura fort à faire pour redresser la barre sur cette fin de saison. En attendant, voici à quoi doivent s’attendre les supporters phocéens avec le technicien de 70 ans.

À en lire la masse de réactions sur les réseaux sociaux, la nouvelle a eu le don de dépayser les supporters de l’OM, biberonnés aux pistes plus clinquantes et "sexy" ces dernières saisons. Hier, une heure après l’officialisation du renvoi de Gennaro Gattuso, licencié avec effet immédiat, le club phocéen a renoué le fil de son histoire avec les entraîneurs français, nommant ainsi le duo Jean-Louis Gasset - Ghislain Printant à sa tête jusqu’à la fin de saison. Au regard des rumeurs de ces derniers mois, ayant parfois mené jusqu’à Marcelo Gallardo, Vincenzo Italiano ou encore Zinedine Zidane, c’est certain que personne n’avait eu le temps de se mouiller la nuque.

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Mais comme à Saint-Etienne en 2018, où il avait brillamment réussi à placer le club à la 4e, puis à la 7e place du championnat, Gasset aura la tache ingrate du pompier de service : celle de redresser un navire qui tangue sans trêve ni repos depuis des mois, alors que l’OM patine aujourd’hui à la 9e place de Ligue 1. Dans cette optique, le club a souhaité lui accorder un contrat jusqu’à la fin de la saison, et pas au-delà, ce qui devrait laisser le temps à sa direction de réfléchir sur l’identité de son successeur d’ici le mois de juin. Mais alors à quoi s’attendre avec Jean-Louis Gasset pour le moment ? À vrai dire, à l’opposé de ce qui a pu se faire chez Gennaro Gattuso depuis septembre.

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Un entraîneur plus flexible

Bien loin de l’entêtement de Gattuso, qui nageait à contre-courant depuis des mois avec son 4-3-3, Gasset a lui toujours su faire allégeance au collectif avec des discours très protecteurs. «Il faut mettre les joueurs dans leurs meilleures dispositions, dans le confort, s’adapter aux forces de l’équipe, voir au jour le jour, car on est dans l’urgence», a-t-il confié hier lors de sa conférence de presse. À l’inverse d’un Gattuso et de son jeu parfois décousu, Gasset a également souvent priorisé la maîtrise dans ses équipes.

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Dans son Saint-Etienne version 2018-2019, il avait fait de son pressing haut l’une de ses grandes forces, avec des latéraux impliqués tous azimuts dans les tâches défensives et offensives. Toutes proportions gardées, le système Gasset pouvait s’apparenter à ce qui se faisait récemment à l’OM chez Igor Tudor : un style de jeu imposant une forte intensité, un pressing étouffant, des joueurs multiprises et malléables tactiquement, mais à l’inverse, une volonté de dicter davantage le rythme, ce qui s’oppose quelque peu au football moderne prôné par Pablo Longoria ces derniers mois.

La possibilité de revenir dans un système à 3, le plaisir toujours priorisé

Depuis septembre, Gattuso avait affiché une certaine psychorigidité, incapable d’accéder aux demandes répétées de ses joueurs, qui souhaitaient alors abandonner le 4-3-3 pour le 3-5-2. Si Gasset ne devrait pas prendre le risque dès jeudi face au Shakhtak d’aligner un système à 3 derrière, il aura l’occasion de l’expérimenter dans les semaines à venir. Adepte du 4-2-3-1 ou du 4-3-3, il a également ajouté plusieurs cordes à son arc au gré de ses expériences. À Saint-Etienne, il n’avait pas hésité à renoncer à son 4-2-3-1 pour un 3-4-1-2, de circonstance aux qualités de ses joueurs.

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Cette formule avait ainsi permis à ses profils créatifs de trouver un terrain d’expression plus large, à l’image de Rémy Cabella et Wahbi Khazri. «On prend énormément de plaisir au quotidien avec Jean-Louis», avait déclaré le premier, libéré d’un poids. Le capitaine historique Loïc Perrin avait acquiescé : «Jouer avec le plaisir. Le coach insiste beaucoup là-dessus. Ce 3-4-1-2 nous permet d’être plus offensifs car nos latéraux montent et les trois attaquants se retrouvent davantage dans l’axe, où ils apportent plus de densité.» A Bordeaux d’ailleurs (2020-2021), Gasset avait renouvelé ça avec un 3-4-3 qu’il avait jugé plus conforme aux qualités de ses joueurs. Outre les offensifs, Clauss et son pendant (Merlin, Garcia ou Murillo) seront pleinement impliqués.

Un surplus d’humanité qui revient très souvent

Ce qui fait aussi l’essence même de Jean-Louis Gasset depuis le début de sa carrière d’entraîneur, entamée il y a 25 ans, c’est ce côté très humaniste, déjà omniprésent hier en conférence de presse. Si ça ne marchera peut-être pas sur le long terme (et ce n’est peut-être pas l’objectif vu qu’il s’agit d’un poste d’intérimaire), Gasset aura la capacité de remobiliser un groupe amorphe, comme il avait su le faire lors de sa mission commando dans le Forez. Très paternaliste avec ses joueurs - ce qui ne fait pas tout, en atteste la méthode Gattuso aussi basée sur l’humain -, Gasset a marqué les esprits dans ses anciens clubs, même au PSG, dans un environnement pourtant peuplé de stars. Peu avare en compliments, Zlatan Ibrahimovic avait loué ses qualités d’adjoint de Laurent Blanc à l’époque : «Blanc imposait très peu de restrictions et il avait un très bon adjoint (Jean-Louis Gasset, ndlr), un type vraiment fantastique.»

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À l’inverse d’un Gennaro Gattuso qui avait récemment déclaré «ne pas être un préparateur mental», JLG entend bien axer sa thérapie sur cet aspect : «des personnes comme lui, dans le football, il n’y en a plus beaucoup. Il est très humain, très mental. Quand il est arrivé à Bordeaux, il avait essayé de connaître les hommes avant de connaître les footballeurs. Il peut s’adapter très vite à tous les groupes. Il trouve toujours les bons mots», avait confié Mathieu Chalmé, qui l’avait côtoyé à Bordeaux. Wahbi Khazri avait également tenu des mots forts sur le technicien de 70 ans, réputé pour donner beaucoup d’amour à ses joueurs, mais également capable de monter au créneau lorsque la situation s’y prête : «il est l’élément clé de ma venue ici. Il connaît le football sur le bout des doigts. Quand il dit quelque chose, ça se vérifie toujours. En un petit plus d’un an, Jean-Louis Gasset a montré qu’il était bien plus qu’un adjoint. Il est fait pour être numéro un.» Il aura une nouvelle occasion de le démontrer, et pas en terre inconnue, puisqu’il avait oeuvré comme préparateur physique de Gérard Gili en 1994. À lui de trouver le remède aux maux marseillais.

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