Trophée des Champions

Trophée des Champions : la sortie totalement inattendue de Medhi Benatia après la défaite de l’OM !

De passage en zone mixte après la défaite cruelle de l’OM face au PSG lors du Trophée des Champions organisé au Koweït, le directeur du football du club olympien, Medhi Benatia, a livré une analyse optimiste. Loin du dépit affiché par les joueurs et Roberto De Zerbi.

Par Josué Cassé
6 min.
Pablo Longoria et Medhi Benatia à la Commanderie @Maxppp

La clim au Koweït est de rigueur et l’Olympique de Marseille en a malheureusement, une nouvelle fois, fait les frais face à l’ogre parisien. Jeudi soir, sur la pelouse du Jaber Al-Ahmad International Stadium, les hommes de Roberto De Zerbi étaient pourtant à quelques secondes de soulever un nouveau trophée, quatorze ans après le dernier empoché. Oui mais voilà, si le nouvel entrant, Pierre-Emerick Aubameyang, manquait la balle de match, le supersub des champions d’Europe, Gonçalo Ramos, ne se faisait lui pas prier pour conclure un contre assassin et permettre aux siens d’arracher une séance de tirs au but. La suite ? Deux arrêts décisifs d’un grand Lucas Chevalier et une ultime tentative transformée par Désiré Doué pour confirmer la suprématie du PSG de Luis Enrique. Un scénario cruel plongeant logiquement les Phocéens dans un profond dépit. De Leonardo Balerdi à Benjamin Pavard en passant par Amine Gouiri, les visages ne trompaient pas. Pire encore, Roberto De Zerbi avouait, de son côté, avoir craqué.

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Benatia entre amertume et fierté

«La première chose que j’ai dite à mon équipe, c’est que je n’ai jamais pleuré après avoir perdu. Et aujourd’hui, bah j’ai pleuré quand je suis entré dans le vestiaire», confiait ainsi le technicien italien en conférence de presse. Dans le même temps, Medhi Benatia, directeur du football du club olympien, livrait quant à lui une analyse bien différente. «Il y a forcément de la tristesse mais je suis vraiment fier d’avoir une équipe comme ça, ce n’est pas évident depuis 4 mois encore moins depuis la défaite contre Nantes, qui a été catastrophique, pour une fois les critiques étaient justes mais encore une fois après une simple défaite on a pensé qu’il fallait tout jeter, qu’il n’y avait aucun joueur qui avait le niveau mais quand je vois le match de certains ce soir, tous en fait mais j’en ai quelques uns en tête, je pense à Kondogbia qui a eu une saison compliquée jusqu’à présent, je pense à Traoré, à Medina, à Hojbjerg, Léo qui était encore malade jusqu’à ce matin donc oui beaucoup de fierté, pour les joueurs, pour le coach», reconnaissait le Marocain face aux journalistes.

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Encore amer de la défaite concédée face au FC Nantes le week-end dernier, le dirigeant marseillais poursuivait sa longue tirade en mettant en avant la prestation des joueurs phocéens face à ce qui est, aujourd’hui, considéré comme la plus grande équipe d’Europe. «J’ai entendu que le coach n’était pas bon cette semaine mais faire un match comme ça face au PSG, pour moi il n’y a pas de hasard. Tu ne fais pas le match qu’on a fait en championnat, et tu ne fais pas ce match-là ce soir si on n’a pas une grande équipe et un grand coach, ce n’est que mon avis. Après le problème qu’on doit résoudre c’est comment faire ce type de match sur la durée et ne pas répéter le match de Nantes qui est inacceptable. Vous ne l’acceptez pas, on ne l’accepte pas, les joueurs non plus, ils ne sont pas contents de ce type de prestation, ça c’est notre plus grand challenge». Conscient du chemin à parcourir mais comblé par la performance réalisée par ses hommes, Benatia gardait alors un discours plus que jamais optimiste pour la suite des événements.

«Quand on joue comme ça, ce Marseille-là est capable de faire de grandes choses»

«Paris n’a pas gagné ce trophée que l’année dernière, il le gagne depuis plus de dix ans, c’est la meilleure équipe d’Europe, on ne peut pas leur enlever, ils le montrent tous les week-ends. Il nous a manqué un peu de réussite dans les deux surfaces, on a eu aussi beaucoup d’occasions en première mi-temps. Chevalier, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas fait un aussi gros match. Quand on a l’action du 3-1, on peut être plus vicieux, plus malins, tenter d’arrêter l’action… Après quand c’est fini, c’est facile on peut tout dire. La vérité, c’est qu’on a beaucoup créé, qu’on a beaucoup de résultats positifs depuis un an et demi mais qu’on n’a pas toujours eu le jeu souhaité par le coach. Il le dit lui même mais ce soir on a été à la hauteur, on a montré beaucoup de belles choses. Si je suis un joueur, je sors forcément dégoûté mais aussi avec beaucoup d’ambitions pour la suite. Quand on joue comme ça, ce Marseille-là est capable de faire de grandes choses». Relancé sur le scénario cruel de ce match, l’ancien défenseur de la Juventus et du Bayern Munich - assurant que ce type de défaites apportait beaucoup d’enseignements - notait également l’écart actuel entre le projet parisien et celui de l’OM.

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«On a un groupe qui s’est créé avant hier, eux ça fait 15 ans, il y a un projet solide derrière donc nous on arrive, on pousse mais encore une fois faire ces deux matchs-là en 5 mois face à la plus belle équipe d’Europe, ça ne fait pas de toi un champion mais ça ne fait pas de toi non plus une équipe catastrophique avec des joueurs en bois, un coach et des dirigeants en bois, non ce n’est pas vrai, il y a un équilibre à trouver». De quoi oublier l’opportunité manquée du soir ? Pas totalement… «Il y avait une Coupe à prendre et malheureusement on ne l’a pas soulevée, ça c’est la réponse pragmatique après si vous voulez mon sentiment, après Nantes je n’ai pas perdu que trois points j’ai perdu bien plus, je parle pour moi mais je suis rentré chez moi et je me suis demandé ce qu’il se passait, des matchs comme ça je ne veux plus en voir, je ne peux pas l’accepter. Aujourd’hui, j’ai perdu mais je ne vis pas ça comme une défaite. Aujourd’hui, vous allez peut-être penser que je rigole mais je suis fier, tout ce que j’ai vu me rend fier d’avoir des gars comme ça. Je pense à Traoré, à Medina, ça me rend fier d’avoir des gars capables de se transcender et de sortir des prestations de cette qualité».

Frustré par l’issue finale de ce Trophée des Champions mais plus que jamais soulagé par la réaction de ses joueurs après le revers cinglant subi face aux Canaris, Benatia concluait finalement son laïus en rappelant le mode d’emploi à suivre pour permettre à l’OM de retrouver, au plus vite, les sommets. «On sera peut-être moins bons dans quelques jours mais il faudra prendre des points car derrière, ça commence à recoller et il faudra garder ce tempérament. Une chose est sûre, quand tu donnes ton ok pour venir dans ce club-là, tu peux rater des passes, tu peux rater des dribbles mais tu ne peux pas te rater dans l’attitude. Quand tu vois le fan club de Dubai qui vient ce soir (jeudi, ndlr), ce n’est pas partout que tu vois ça donc tu ne peux pas tricher. Oui, ce soir c’est une défaite mais je sors grandi». Le synonyme même d’une défaite encourageante ? Réponse dans les prochains mois…

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