John Textor sort du silence après les révélations embarrassantes sur ses transferts avec l’OL
Dans un long - très long - communiqué, John Textor s’est défendu après les révélations liées aux transferts fantômes de joueurs entre Botafogo et l’OL. L’ancien président de l’Olympique Lyonnais a également profité de cette sortie pour défendre son modèle de multipropriété et envoyer un nouveau tacle à la DNCG…
Le passage de John Textor du côté de Lyon est encore dans tous les esprits des supporters rhodaniens. Ces derniers jours, Eagle Group a d’ailleurs publié les résultats annuels de l’exercice 2024-2025, rappelant à quel point l’homme d’affaires américain avait causé du tort aux Gones. Si la trésorerie du club est passée de 129,4 M€ à 61,6 M€, les dettes liées aux achats de joueurs ont, eux, augmenté de 40 M€ pour atteindre 145 M€ et l’OL a finalement annoncé une perte record de 201 M€. Mais ce n’est pas tout. Quelques heures plus tard, L’Équipe révélait également que l’actuel leader du classement de Ligue Europa devait rembourser de l’argent pour les achats de cinq joueurs de Botafogo - Igor Jesus, Luiz Henrique, Thiago Almada, Jair Cunha et Jefferson Savarino - qui n’ont jamais porté la tunique lyonnaise, générant ainsi une créance de 120 M€.
Textor défend son bilan…
Ce jeudi soir, John Textor a, de son côté, publié un (très) long communiqué pour retoquer ces révélations. «Je rejette catégoriquement les insinuations de l’article de L’Équipe», affirme dans un premier temps le dirigeant, écarté fin juin et remplacé par Michele Kang alors que l’OL avait été relégué administrativement en Ligue 2 le 24 juin. «La qualification de nos opérations de transferts de joueurs comme des "transferts fantômes" est intellectuellement malhonnête et incendiaire. Les transferts en question étaient tous des décisions footballistiques valides et attrayantes, proposées par moi, structurées et finalisées par notre Directeur Général du Football, Michael Gerlinger (désormais PDG de l’Olympique Lyonnais)». Si Textor ne commente pas précisément les transferts de Jair Cunha et Jefferson Savarino, il précise toutefois que les opérations concernant Igor Jesus, Luiz Henrique et Thiago Almada étaient «conformes aux règles de la FIFA» et «particulièrement bénéfiques tant pour notre club au Brésil que pour notre club en France».
«Ainsi, comme c’est courant dans le football, lorsque l’OL est dirigé vers une institution d’affacturage, cela ne représente rien d’autre que l’obligation de payer les joueurs qu’il a achetés. Comme Botafogo, l’OL finance ses créances depuis de nombreuses années, avant mon arrivée, en demandant à ses clubs acheteurs d’effectuer les paiements vers les institutions d’affacturage de l’OL», ajoute, par ailleurs, Textor, considérant que «ces opérations ont toutes été positives en trésorerie nette pour l’OL, même après comptabilisation des dettes restantes envers les tiers». Outre cette mise au point sur ces recrues fantômes, l’ancien boss lyonnais a également profité de ce long communiqué pour prendre la défense du modèle de multipropriété, de plus en plus décrié ces derniers mois. «Pendant notre période de forte collaboration, bénéfique pour tous les clubs d’Eagle, Botafogo a transféré 146 M€ en cash vers l’OL, dont environ 80 M€ relatifs aux joueurs dont les droits appartenaient à l’OL», indique notamment le millionnaire américain.
… et tacle (encore) la DNCG !
«En retour, grâce au cash pooling, l’OL a reversé environ 42 M€ à Botafogo. Environ 23 M€ de frais et coûts de financement ont été répartis équitablement entre les clubs, laissant environ 35 M€ dus par l’OL à Botafogo. Ce modèle collaboratif multiclubs d’acquisition et d’optimisation des effectifs a permis de faire passer l’OL de la dernière place après 14 journées en 2023 à la Ligue Europa en fin de saison et il a permis à Botafogo de proposer une voie aux meilleurs joueurs, menant de la montée depuis la Deuxième Division au titre de champion du Brésil et à la Copa Libertadores en 2024… sans compter une victoire mémorable contre le PSG, la meilleure équipe du monde, en Coupe du monde des clubs. La seule question à poser aujourd’hui est la suivante, et je suis stupéfait que personne ne la pose : comment la DNCG peut-elle imposer des sanctions rétroactives, en janvier 2025, et empêcher le club d’aligner des joueurs qu’il possédait déjà, achetés entre juillet 2024 et octobre 2024 ?» s’interroge quelques lignes plus bas le natif de Kirksville.
Réputé pour son franc-parler et quelques déclarations acides au cours de son expérience lyonnaise, John Textor n’a, une nouvelle fois, pas dérogé à la règle. Visiblement encore échaudé par les décisions prises par la DNCG, l’homme de 60 ans s’est ainsi défendu en affirmant «qu’un investissement de 200 M€ était nécessaire pour éviter des sanctions ou une relégation». Et de poursuivre : «je ne comprendrai jamais comment nous avons pu être relégués le 24 juin. Je ne comprendrai jamais non plus comment une sanction d’une telle sévérité frappant avant tout la population lyonnaise a pu être appliquée avec si peu d’avertissements et sans possibilité de réaction. Et cette fois, à deux semaines d’intervalle, aucun message d’alerte n’indiquait que notre "feu vert" du 20 mai allait disparaître, plongeant la communauté lyonnaise dans une douleur inimaginable tout cela parce que, selon ses propres mots, le président pensait que nous avions besoin d’une "thérapie par électrochoc"».
Sur sa lancée, l’ancien dirigeant de la société Digital Domain concluait finalement son long plaidoyer en laissant entendre que son étiquette d’Américain avait, selon lui, joué un rôle dans son déclassement et les sanctions prises à l’encontre de l’OL. «Les montants investis lors de l’appel étaient remarquablement similaires à ceux promis le 20 mai. Je resterai convaincu que cet épisode terrible relevait d’un changement de leadership. Je suis un réformateur américain (un « disrupteur ») plaidant pour le changement dans une institution française, un réformateur américain en France : cela s’est-il déjà bien terminé ? Cela a peut-être fait sourire lorsque j’ai tourné en dérision la réunion d’actionnaires divulguée, mais le « cow-boy » n’a pas amusé les institutions du football, et le changement de direction était le seul résultat possible. Désormais, les ego de quelques hommes étant satisfaits, j’espère vraiment que nous pourrons aller de l’avant. La communauté lyonnaise le mérite, et personne ne gagne à entretenir la désinformation ou à rejuger le passé». Voilà qui est dit !