Après une fin de match folle, le PFC a accroché le nul à domicile contre l’OM (2-2). Voici les notes de ce nul terrible pour l’OM et précieux pour le Paris FC.
Dans le cadre de la 20e journée de Ligue 1, le Paris FC recevait l’Olympique de Marseille au stade Jean-Bouin dans un contexte sécuritaire très encadré. Malgré un arrêté préfectoral interdisant officiellement l’accès du stade aux supporters marseillais, l’enceinte comptait une présence phocéenne visible en tribunes. Sur le plan sportif, Stéphane Gilli alignait son équipe en 5-4-1 avec Kevin Trapp dans les buts, une défense renforcée autour de Kolodziejczak et Mbow, et Krasso seul en pointe. En face, Roberto De Zerbi optait pour son 3-4-2-1 habituel, avec Rulli dans les cages, une charnière Medina-Aguerd-Balerdi, un milieu articulé autour de Højbjerg et Timber, et un trio offensif Greenwood, Nwaneri et Aubameyang. La rencontre était arbitrée par Jérémie Pignard.
Dès l’entame, l’Olympique de Marseille imposait son rythme et confisquait le ballon face à un Paris FC prudent, mais appliqué. Les Phocéens se montraient dangereux sur coups de pied arrêtés et dans la surface, notamment lorsque Greenwood obligeait Trapp à une première parade réflexe (15e). La pression marseillaise finissait par payer lorsque Greenwood provoquait une main de Mbow dans la surface (17e), après visionnage de la VAR. L’attaquant anglais transformait le penalty sans trembler en prenant Trapp à contre-pied (18e). Après l’ouverture du score, l’OM reculait légèrement et subissait davantage les tentatives parisiennes, sans toutefois concéder de véritables occasions franches. Juste avant la pause, Otávio réalisait un sauvetage décisif devant Timber, qui s’apprêtait à conclure à bout portant (41e). Marseille conservait ainsi un avantage logique à la mi-temps (0-1).
La fin de match désastreuse de l’OM
Au retour des vestiaires, le Paris FC tentait de presser plus haut, mais s’exposait aux transitions rapides marseillaises. L’OM profitait d’une récupération haute pour faire la différence lorsque Greenwood débordait sur le côté droit et adressait un centre tendu au second poteau, repris victorieusement par Pierre-Emerick Aubameyang (53e). Ce deuxième but assommait les Parisiens, qui perdaient en lucidité face à une équipe marseillaise plus sereine dans la gestion du ballon. Les hommes de De Zerbi continuaient de contrôler le tempo, s’appuyant sur la maîtrise de Timber et l’activité de Nwaneri entre les lignes, tandis que Paris peinait à inquiéter Rulli malgré quelques tentatives lointaines. Dans le dernier quart d’heure, Marseille gérait son avance sans se désunir, fermant les espaces et limitant les prises de risque. Balerdi a même touché le poteau (73e). Le Paris FC tentait bien de sauver l’honneur, mais manquait de précision dans le dernier geste face à un bloc marseillais bien organisé. À l’approche du money-time, le Paris FC relançait totalement le suspense. Après un premier avertissement signé Luca Koleosho, dont la frappe puissante du pied droit était brillamment repoussée par Rulli (76e), les Parisiens trouvaient enfin la faille.
Sur un coup franc frappé côté gauche (82e), Mbow prolongeait le ballon au second poteau avant que Jonathan Ikoné ne surgisse pour placer une superbe tête victorieuse. Jean-Bouin explosait et le Paris FC revenait à 1-2, faisant naître quelques frissons dans les rangs marseillais en fin de rencontre. Le scénario basculait totalement dans les derniers instants. À la suite d’un long ballon dans la surface marseillaise, Gerónimo Rulli manquait complètement sa sortie et percutait Willem Geubbels dans les airs (90e+2). Sans hésiter, Jérémie Pignard désignait le point de penalty et avertissait le portier olympien, laissant l’OM sous le choc. Dans une ambiance électrique, Ilan Kebbal prenait ses responsabilités et transformait la sentence d’un tir plein de sang-froid (90e+4), offrant une égalisation complètement inattendue au Paris FC. Un retournement de situation fou qui laissait Marseille sonné, incapable de croire à ce nul arraché dans les ultimes secondes après avoir longtemps cru tenir la victoire. Ce résultat permet aux Parisiens de monter à la 13e place du classement, tandis que l’OM - troisième - voit l’OL revenir dans le rétroviseur. Après leur match respectif en Coupe de France, les Phocéens remonteront sur la capitale dimanche prochain, cette fois-ci pour défier le PSG. Le Paris FC défiera Auxerre en Bourgogne.
L’Homme du match : Greenwood (7) : de retour comme titulaire en Ligue 1 après avoir été laissé sur le banc contre Lens, l’ancien joueur de Manchester United a brillé dans la capitale. Face à des Parisiens mauvais à souhait défensivement, il a été le détonateur marseillais et ses chevauchées ont fait beaucoup de mal aux défenseurs adverses. C’est d’ailleurs lui qui va chercher le premier penalty de la rencontre en provoquant la main de Mbow (16e). Il s’est ensuite fait violence lui-même avec un superbe contre-pied (18e). Sûr de lui techniquement, il a souvent cherché à trouver la solution tout seul en privilégiant la frappe. Au retour des vestiaires, il s’est voulu plus altruiste et cela a payé. Auteur d’un délicieux centre pour le deuxième but marseillais, l’Anglais aurait pu obtenir une autre passe décisive, mais la tête de Balerdi a touché le poteau. Malgré le nul et la mauvaise passe de l’OM, Greenwood garde le cap.
Paris FC :
- Trapp (4) : le portier allemand s’est fait surprendre d’entrée par un long ballon venu de la moitié de terrain marseillaise, mais a finalement dégagé sans difficultés face à Aubameyang (7e). Quelques minutes plus tard, celui-ci a dû intervenir sur deux corners de suite, bien tirés par les Marseillais, mais parfaitement captés dans ses gants (14e). Victime d’un excellent contrepied de Greenwood sur penalty, il a laissé ses adversaires ouvrir le score (18e). Devant une défense aux abois qui est restée immobile, il n’a rien pu faire sur le second but inscrit par Aubameyang (54e). Sorti brusquement sur Gouiri à un quart d’heure de la fin, il a été solide pour déstabiliser les attaquants de l’OM (76e).
- Mbow (4) : dans l’axe droit de la charnière centrale parisienne, le défenseur avait réussi à stopper les assauts marseillais durant le premier quart d’heure, particulièrement ceux de Paixao. Cependant, il a été coupable d’une faute de main assez cruelle sur une action anodine, provoquée par Greenwood. Cette situation a ensuite offert un penalty aux Marseillais, inscrit par l’Anglais quelques secondes plus tard (18e). Par la suite, il a essayé de contenir les Marseillais, de plus en plus en retrait, ce qui a facilité son travail en seconde période.
- Kolodziejczak (3) : si ses coéquipiers ont eu un travail colossal, lui s’est à peine montré pendant 90 minutes. Dans les airs, il n’était pas présent au duel, et au sol, il n’a presque pas rassuré ses partenaires pourtant dans le dur. Systématiquement dans le flou, il n’a certainement pas rassuré son coach à domicile.
- Otavio (5) : bien aligné avec ses coéquipiers dans la défense, il n’a pas eu de grandes interventions à effectuer durant les quarante-cinq premières minutes, mais s’est montré irréprochable sur le terrain. Toujours prêt à surgir dans les pieds de Greenwood et d’Aubameyang, il s’est imposé comme un solide arrière. Capable de faire le travail dans l’ombre, il s’est d’ailleurs mis en lumière seul, dans les moments clés. Et cela s’est notamment révélé lorsqu’il a réussi à chiper un ballon qui traînait devant les cages de son portier avant la pause (43e). Grâce à une montée en puissance des Parisiens quelque temps après l’heure de jeu, il a continué à faire les efforts, mais plus légèrement.
- Sangui (3) : face à Weah dans son couloir, mais également aux côtés de Greenwood lorsque l’Anglais a provoqué ses adversaires, le latéral droit a subi la puissance athlétique olympienne. Pressé sans cesse, il a dû défendre à de multiples reprises pour calmer leurs courses. Il n’a évidemment pas pu monter comme il aurait pu le faire face à un bloc bas, mais il est resté en place, concentré. Un poil plus concerné au retour des vestiaires, celui-ci a essayé de monter en puissance.
- Kebbal (6) : buteur au match aller face aux Olympiens, l’Algérien a dégainé le premier devant les cages de Rulli à Jean-Bouin (8e). Il est allé dans le cœur du jeu pour proposer des solutions à ses partenaires, car il a été presque impossible de passer par les ailes. Même avec son numéro 10 dans le dos, et sa jolie capacité de dribbles, celui-ci n’a pas réalisé le moindre coup d’éclat dans les derniers mètres en première période. Cela a continué au retour des vestiaires, avec toujours autant de mal dans ses transmissions. Or, il est tout de même le sauveur du club de la capitale durant cette après-midi au scénario sensationnel. En effet, il a remis son équipe à égalité dans le temps additionnel avec un pénalty pleinement assuré devant un Rulli abattu (90+4).
- Lopez (4) : l’ancien joueur de l’OM a essayé de faire preuve d’agressivité tout au long de la rencontre et a même reçu le premier avertissement de l’après-midi (43e). Il a eu du mal à s’imposer dans le cœur du jeu, et s’est ainsi proposé plus naturellement dans de simples circuits de passes. Sans réelles possibilités, il a dû gagner des mètres dans la moitié de terrain olympienne pour être visible et s’essayer aux centres, n’apportant que très peu de dangers (29e). Son coach n’a sans doute pas apprécié son attitude et ses mouvements sur le rectangle vert. Stéphane Gilli a donc apporté du sang neuf au retour des vestiaires, le laissant sur le banc de touche. Remplacé par Marshall Munetsi (46e, 5), qui a essayé de conclure une fulgurante contre-attaque à son entrée, mais c’était sans compter sur le retour de la défense marseillaise.
- Camara (4) : il est à l’image d’un milieu de terrain en manque de repères. Sa faible contribution a mis en exergue de réels doutes dans l’entrejeu parisien. Il n’a pas été capable de garder le ballon lors de phases de possession et s’est montré fantomatique durant toute sa prestation. Or, les minutes ont suivi et il y a eu du mieux dans le jeu parisien, ce qui a provoqué un coup de mou dans les têtes marseillaises en fin de seconde mi-temps. Le milieu de terrain, opportuniste, a donc profité de ce moment de flottement dans la défense adverse pour servir Ikoné. Son centre, synonyme de passe décisive, a permis à ses coéquipiers de revenir dans la partie (82e). Remplacé par Willem Geubbels (87e), qui a permis à Paris d’obtenir le penalty de l’égalisation.
- Gory (4) : malgré son profil d’attaquant, le joueur s’est plutôt placé bas sur le terrain, à hauteur de la défense parisienne établie à cinq. Avec un beau volume de course, il a effectué de nombreux allers-retours pour jongler entre les phases offensives et défensives. C’est d’ailleurs lui qui s’est rapidement projeté sur une attaque côté droit avant la pause, essayant de servir Krasso au premier poteau. Malgré ses prises d’initiatives et ses courses encourageantes, il n’a pas su prendre ses adversaires au marquage, à l’image d’un Aubameyang complètement seul au second poteau lors du 0-2. Remplacé par Tuomas Ollila (64e).
- Krasso (3) : positionné seul en pointe, le buteur a essayé de se créer des situations en solitaire. Dos au jeu en se retournant de manière conquérante, il a pu permettre à ses coéquipiers de libérer des espaces. Avec une frappe de loin qui aurait pu tromper Rulli dès les premières minutes (3e), et un ciseau audacieux après un centre (25e), il est un des seuls à avoir fait frissonner la défense olympienne avant le retour aux vestiaires. Cependant, sa fraîcheur et son calibre ont ensuite manqué, notifiant un apport bien plus fébrile. Remplacé par Jonathan Ikoné (64e) qui a parfaitement placé sa tête pour propulser le ballon dans les cages de Rulli et ainsi relancer le PFC (82e, 1-2).
- Simon (2) : bloqué sur son aile gauche, le Nigérian n’a pas réussi à combiner avec ses coéquipiers, ni à apporter des doutes dans la surface adverse. En ayant que très peu de ballons à négocier, malgré quelques appels de balles intéressants de sa part, il est resté en mode fantôme. Ses montées n’ont pas semblé dangereuses, et il a même perdu des ballons précieux sur ses contrôles. Remplacé par Luca Koleosho (64e), qui a montré une certaine volonté dans ses prises de balles et qui a fait plus de différences que Simon.
OM :
- Rulli (2) : dans les buts marseillais, l’Argentin a été plus rassurant que lors de ses derniers matchs… jusqu’à cette 92e minute de jeu. Enchaînant les bourdes depuis le début de l’année, l’ancien de Montpellier s’est ressaisi dans un premier temps. Auteur de quelques interventions rassurantes, il n’a rien pu faire sur l’égalisation marseillaise. Pourtant, tout s’est gâté dans le temps additionnel avec une sortie calamiteuse sur Geubbels qui a amené au penalty converti par Ilan Kebbal. Une nouvelle sortie compliquée pour l’Argentin. Des erreurs qui coûtent cher et qui interrogent sérieusement sur son statut de titulaire dans les prochains matches…
- Weah (4,5) : un match moyen pour l’Américain. Peu mis en difficulté défensivement, il n’a pas eu l’étoffe escomptée pour apporter offensivement. Malgré une percée qui s’est achevée par une frappe timide face à Trapp (24e), l’ancien du PSG n’a pas apporté beaucoup plus. Un match assez neutre, voire insatisfaisant.
- Balerdi (4,5) : dans le premier acte, il a été problématique alors que les Parisiens n’ont pas été très inspirés offensivement. Mieux en seconde période, il a remporté plus de duels, mais il n’a rien pu faire sur les deux buts du PFC. Une nouvelle sortie poussive pour l’Argentin, après son match compliqué à Bruges, même s’il n’a pas réalisé d’erreurs majeures.
- Aguerd (6,5) : impérial la semaine dernière contre Lens, le défenseur marocain a encore été très solide ce samedi. Faisant parler sa grande qualité d’interception en première période, il a été intouchable dans les duels face à Kebbal ou Krasso. Propre dans sa relance, l’ancien de West Ham a réalisé un match de patron dans l’arrière-garde phocéenne. Il perd son duel en fin de match pour Geubbels mais il ne peut pas être considéré comme fautif vu la sortie de kamikaze de Rulli.
- Medina (4,5) : sur son côté gauche, Medina a été en difficulté lors du premier acte. Souvent pris par la vitesse de Gory ou la technique de Kebbal, il n’a pas su se faire violence. Plus incisif au retour des vestiaires, il a remis de l’ordre et s’est fendu de quelques interventions bien senties. Même s’il a perdu de nombreux duels, il a réalisé un match valeureux malgré quelques lacunes persistantes.
- Højbjerg (6) : le Danois a réalisé une bonne prestation ce samedi. Il a été l’auteur de plusieurs interceptions précieuses, à l’image de celle qui a mené au deuxième but des Phocéens. Pas forcément le plus inspiré balle au pied, il a eu le mérite d’oser certaines ouvertures qui ont fait avancer le bloc marseillais. Déterminé, il a également fait parler le métier en allant chercher des fautes intéressantes à des moments-clés.
- Timber (6,5) : titulaire pour la deuxième fois de suite en Ligue 1, le Néerlandais a réalisé un match très complet. Présent dans les duels, il a régné face à ses vis-à-vis et est même rentré dans la tête de Maxime Lopez à certains moments. Grattant un nombre élevé de ballons, il a avalé les kilomètres tel un marathonien et a rayonné dans l’entrejeu phocéen. Il apporte énormément de stabilité au collectif marseillais aux côtés d’un Højbjerg qui dispose d’autres qualités complémentaires à l’ancien de Feyenoord. Remplacé par Bilal Nadir (79e).
- Paixao (3,5) : de retour dans le onze, le Brésilien n’a pas vraiment convaincu. Semblant parfois perdu sur le terrain, il n’a pas brillé techniquement et n’a pas fait de réelles différences dans le premier acte. Peu servi, il a perdu trop de ballons sur ses quelques situations et n’a rien fait de probant. Toujours pas affûté au retour des vestiaires, il a réalisé un match compliqué jusqu’à sa sortie sur blessure à la 79e minute. Remplacé par Vermeeren, qui n’a pas eu le temps de bien s’exprimer.
- Greenwood (7) : voir ci-dessus.
- Nwaneri (4,5) : buteur face à Lens pour sa première avec l’OM, le prodige prêté par Arsenal a été moins en vue que lors de sa première sortie. Pas impliqué dans les buts de son équipe, il a été un relais intéressant pour les siens et a été fiable techniquement. Néanmoins, il aurait pu en faire plus pour briller et aller participer de manière plus ostentatoire à la victoire des siens. Perdant de nombreux ballons, il n’a pas réussi à cadrer le moindre de ses trois tirs ce samedi. Remplacé par Traoré (67e), qui a réalisé une entrée cataclysmique en étant fautif de A à Z sur la réduction de l’écart de Paris.
- Aubameyang (4,5) : après avoir été mis sur le banc lors des trois derniers matches, le Gabonais a été décevant dans un premier temps. Fantomatique en première période, il n’a rien apporté hormis quelques déviations et appels intéressants. Plus tranchant au retour des vestiaires, il a inscrit le deuxième but marseillais en étant à la conclusion d’une belle action collective. Remplacé par Amine Gouiri (67e), qui s’est illustré négativement avec deux gros ratés en fin de match.
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