OL : le patron de la DNCG répond cash à John Textor
John Textor évincé et l’OL sauvé la nouvelle direction des Gones peut souffler même s’il reste encore beaucoup de travail. Lors de son départ, l’Américain n’avait pas hésité à tacler la DNCG qui avait eu raison de lui. Aujourd’hui, le patron de l’instance de gestion et de contrôle lui répond.

John Textor a disparu du premier plan de l’actualité immédiate en France. Pourtant, sa présence est encore dans toutes les têtes, notamment à Lyon où il a bien failli être le responsable de la mort du club. Il a fallu l’intervention des autres actionnaires d’Eagle pour reprendre le contrôle et écarter l’homme d’affaires américain. La disparition de l’OL aurait signifié la perte de l’argent investi par la holding. Avant de partir, le Missourien a glissé un dernier tacle au football français, et surtout la DNCG, qui a eu raison de lui. «La Fédération française de football tente de prendre le contrôle, ce qui est une grave erreur. Et je me présente devant plusieurs commissions et je dis que je remets littéralement en question l’existence de la DNCG et son bien-fondé.»
Pour le dire simple, il n’apprécie pas l’interventionnisme de l’organe de gestion et de contrôle. C’est pourtant elle qui a finalement accordé aux Gones le droit de rester en Ligue 1 la saison à venir, après avoir constaté les nouveaux éléments apportés par la direction de Michele Kang et Michael Gerlinger. Il va falloir se serrer la ceinture, pas le choix. Jean-Marc Mickeler estimait qu’il fallait couvrir 240 M€ en mai dernier lors du dernier passage de Textor devant la DNCG. L’OL filait tout droit en Ligue 2, et sa probable relégation administrative. «L’avertissement que nous avions donné avec la rétrogradation à titre conservatoire aurait dû susciter une réaction des actionnaires», déplore ce soir dans L’Equipe le président du gendarme financier.
Mickeler : «Force est de constater que John Textor n’a pas toujours répondu aux attentes exprimées»
«John Textor est le président avec lequel nous avons le plus dialogué. Nous avons fait preuve de beaucoup de pédagogie. Nous l’avions alerté dès son acquisition sur la nécessité d’injecter beaucoup d’argent dans les années à venir. Nous pensions qu’il avait compris. Mais nous nous sommes rendu compte en décembre qu’il y avait des écarts très significatifs entre ce qui nous avait été présenté au mois de juin et son budget révisé de l’automne», rembobine-t-il, regrettant que son interlocuteur ne lui donne aucune garantie financière, ni élément tangible susceptible de redresser la situation financière très inquiétante de l’OL. La nouvelle direction a dû s’en charger lors de la dernière audition décisive. Le départ de Textor y est aussi pour quelque chose.
C’est ce que ce dernier affirme mais aussi les nouvelles têtes dirigeantes lyonnaises. Michele Kang n’avait d’ailleurs jamais donné le nom de l’ex-président lors de sa première conférence de presse. «Le rôle de la DNCG est d’apprécier sur la durée la capacité d’un club à honorer ses engagements. Avec la majorité des actionnaires, nous avons construit une relation de confiance, même si nous avons parfois avec eux des discussions animées et robustes, concède Mickeler avant de confirmer à demi-mot la présence devenue gênante de l’Américain. Force est de constater que John Textor n’a pas toujours répondu aux attentes exprimées alors même qu’il nous avait indiqué avoir bien compris. La confiance s’est peu à peu érodée.»