Ces carences qui empêchent Everton de tutoyer les sommets en Premier League

Samedi, Everton se rend à Anfield Road pour y affronter Liverpool. Le derby de la Mersey constitue une merveilleuse opportunité côté Toffees pour relancer une machine quelque peu grippée ces dernières semaines.

Points forts et points faibles du nouvel Everton
Points forts et points faibles du nouvel Everton ©Maxppp
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Samedi, l'Angleterre va assister à un derby de la Mersey pour le moins particulier. Champion d'Angleterre, Liverpool connaît un exercice 2020-2021 complexe. Sixièmes de Premier League, les Reds méconnaissables n'effraient plus personne dans le Royaume. Leur voisin Everton réalisait de son côté un début de saison canon (quatre victoires consécutives), le plus prolifique depuis cinquante ans. Mais par la suite, les écueils se sont dressés sur le parcours des Toffees et le bilan comptable s'en ressent. Les hommes d'Ancelotti pointent désormais à la septième place à trois longueurs de... Liverpool ! Un dégringolade qui met en exergue notamment les difficultés rencontrées à Goodison Park (déjà cinq défaites concédées) mais pas seulement. Plusieurs facteurs peuvent en effet expliquer le déclin sportif amorcé par Everton ces dernières semaines.

Une défense trop friable

L'été dernier, Everton avait subjugué les observateurs par son recrutement judicieux. Les arrivées d'Allan, Abdoulaye Doucouré, Niels Nkounkou, James Rodriguez et Ben Godfrey devaient insuffler une dynamique européenne aux Toffees. Mais rapidement, les vieux démons défensifs sont réapparus. Ces errements plombent clairement le parcours des pensionnaires de Goodison Park. Face à cette instabilité chronique, Carlo Ancelotti tâtonne. Le manager italien peine à trouver la bonne formule défensive, cette alchimie indispensable pour appréhender au mieux les échéances et s'autoproclamer candidat à l'Europe. Car depuis le début de saison, Ancelotti a beaucoup bricolé, conscient des carences défensives de son équipe. Une défense où seul Lucas Digne demeure indispensable. Lors des premiers matchs, l'ancien entraîneur du PSG s'appuyait sur une charnière centrale composée de Yerry Mina et Michael Keane. Seamus Coleman occupait le flanc droit et Lucas Digne le côté gauche. Formule utilisée lors du match aller face à Liverpool (2-2).

Depuis le derby, plusieurs formules ont été testées avec des fortunes diverses. Défenseur central de formation, la nouvelle recrue Ben Godfrey a souvent été utilisée dans le couloir gauche par exemple en l'absence de Lucas Digne blessé. Mason Holgate a également fréquenté épisodiquement le côté droit. Des choix qui n'ont convaincu personne, pas même Ancelotti. Dans l'axe, la paire Keane-Mina n'a jamais offert un gage de sécurité absolue. Entre indiscipline tactique, positionnement hasardeux et lacunes techniques évidentes, les deux hommes restent incapables d'apporter un zeste de sérénité défensive à leur équipe. Lors de la dernière défaite d'Everton à Goodison Park face à Fulham (0-2), Godfrey et Holgate ont retrouvé l'axe de la défense, Coleman son couloir droit et Digne le côté gauche. Insuffisant pour sécuriser les buts gardés par Robin Olsen. En 22 matchs disputés en Premier League, Everton a déjà encaissé 30 buts. Face à Liverpool, Carlo Ancelotti devra trouver la formule magique.

L'absence d'Allan a plombé Everton

L'été dernier, Everton n'avait pas hésité à débourser 25 millions d'euros pour arracher Allan au Napoli. Le milieu brésilien qui a évolué sous les ordres d'Ancelotti en Italie, constituait la pierre angulaire des préceptes de jeu incarnés par Ancelotti. La volonté farouche du coach transalpin d'attirer le natif de Rio de Janeiro dans ses filets demeurait tout sauf neutre. L'idée s'avérait limpide : Allan constituerait ce pivot essentiel capable de soulager une défense et d'orienter le jeu.

Et le plan a merveilleusement fonctionné puisque l'intéressé était le meilleur tacleur de Premier League au bout de quatre journées. Son volume de jeu a clairement soulagé Michael Keane et Yerry Mina et a surtout permis de masquer les faiblesses des deux hommes. Malheureusement, tout s'est écroulé le 16 décembre face à Leicester avec la blessure d'Allan aux ischio-jambiers. L'ancien Napolitain se trouvait sur le banc face à Fulham le 14 février dernier. Son absence a considérablement pesé sur l'organisation tactique et la stabilité des Toffees. Son retour dans le onze reste forcément très attendu.

James Rodriguez sur courant alternatif

Son arrivée a provoqué une certaine effervescence en Angleterre. Il faut dire que les planètes semblaient alignées sur ce coup. Débarqué à Everton libre de tout contrat en provenance du Real Madrid, James Rodriguez symbolisait l'aisance technique, la virtuosité, la clairvoyance. Carlo Ancelotti désirait absolument l'international colombien qu'il souhaitait relancer. L'ancien Monégasque devait apporter sa qualité notamment dans la dernière passe. Et ses débuts furent tonitruants. Trois de ses cinq réalisations en Premier League ont été inscrites en début de saison. Auteur également de trois passes décisives, James métamorphosait clairement le jeu d'Everton avec ce brin de magie qui manquait cruellement aux Toffees ces dernières saisons.

Mais des problèmes physiques récurrents ont stoppé son ascension. Touché aux testicules face à Liverpool (2-2) en octobre dernier, le milieu offensif a également manqué les quatre derniers matchs de 2020 sur blessure. Son début d'année fut poussif avec des prestations parfois insipides. Conscient que James Rodriguez reste un joyau à polir, Ancelotti se montre extrêmement précautionneux à son égard. Buteur face à Manchester United (3-3), le numéro 19 n'a pas terminé le match touché au mollet et a été préservé face à Tottenham en Cup (5-4). Auteur d'un match décevant face à Fulham, l'ancien Madrilène a une nouvelle fois été remplacé touché à la cheville. La future gestion de James Rodriguez constituera un élément clé pour Everton en cette fin de saison.

Jordan Pickford n'est plus intouchable

Le gardien de la sélection anglaise traverse une zone de turbulences cette saison. Celle-ci a démarré après sa sortie mal négociée sur Virgil van Dijk face à Liverpool (2-2). Intervention qui a provoqué la grave blessure du défenseur central néerlandais. Un déclin qui a poussé Carlo Ancelotti dans ses derniers retranchements, et surtout à titulariser Robin Olsen face à Newcastle en novembre dernier. Ultime camouflet pour Pickford qui n'avait plus fréquenté le banc des remplaçants depuis 2017.

Depuis, l'international britannique s'est distingué par des boulettes improbables comme récemment face à Leicester (1-1) avant de se blesser aux cotes, et Olsen a effectué son retour dans les buts d'Everton lors des trois derniers matchs. Preuve que le cas Jordan Pickford reste sensible, Carlo Ancelotti doit souvent se justifier auprès des médias sur la gestion de l'intéressé. Chahuté cette saison, le principal protagoniste a repris du service mercredi face à Manchester City et aura l'occasion de faire taire ses détracteurs à Anfield samedi. Rien de tel qu'un derby pour renaître de ses cendres.

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