France-Finlande : les notes du match

Au terme d'un match qu'elle a dominé, l'équipe de France s'est imposée sereinement contre la Finlande (2-0) au Groupama Stadium, dans le cadre de la 6ème journée des éliminatoires pour la Coupe du Monde 2022. Antoine Griezmann, auteur d'un doublé lui permettant de revenir à hauteur de Michel Platini avec les Bleus (41 buts), a régalé, tout comme Karim Benzema.

Antoine Griezmann célèbre son 41e but en équipe de France
Antoine Griezmann célèbre son 41e but en équipe de France ©Maxppp
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Cinq matches nuls consécutifs, un plan de jeu pas toujours clair, un manque d'intensité. Voilà tout ce que devait balayer l'équipe de France ce mardi soir au Groupama Stadium face à la Finlande. Organisés dans un 5-3-3, avec Théo Hernandez en piston gauche et une attaque Benzema-Martial, les Bleus entamaient plutôt bien la rencontre face à des Finlandais eux aussi à 5 derrière. La pression d'une première titularisation en sélection semblait glisser sur un Hernandez en jambes, qui multipliait les montées et faisait pencher le jeu à gauche. Mais la France était à nouveau pénalisée par une forme de fébrilité défensive et se faisait peur sur le pressing adverse. Pukki faisait même passer un frisson dans les travées du Groupama Stadium (12e).

Après un passage à vide d'une dizaine de minutes, les Bleus se relançaient, portés par un Griezmann revigoré, qui se trouvait bien avec Benzema. L'entente entre les deux allait se concrétiser par un but splendide, de la remise en une touche subtile de Benzema au contrôle et à la frappe exter' de Griezmann (1-0, 25e). Enfin l'équipe de France menait au score et se libérait encore plus, Benzema se régalant dans les intervalles, sous l'œil de ce public qui l'a vu éclore. L'attaquant français affichait une qualité technique impressionnante, et distribuait le jeu avec intelligence.

Griezmann égale Platini, son duo avec KB9 régale

Cela repartait sur le même tempo en deuxième période, avec Griezmann, Benzema et Théo Hernandez en dynamiteurs de la défense finlandaise. Le tandem Grizi-Benz allait encore faire très mal à la 53e minute. Le joueur du Real Madrid se sortait royalement d'une prise à deux et décalait à droite pour Dubois qui remisait pour Griezmann dans la surface. Ce dernier se fermait l'angle mais parvenait à surprendre le portier finlandais (2-0, 53e). Une réalisation symbolique permettant à Grizou d'égaler Michel Platini au nombre de buts inscrits en sélection (41e). Virevoltant, le duo, qui pouvait aussi s'appuyer sur Martial à l'image d'une formidable séquence collective (60e), faisait chavirer le stade lyonnais.

Didier Deschamps pouvait faire tourner un peu son effectif, avec les entrées successives de Nordi Mukiele (première sélection) et Wissam Ben Yedder. Griezmann et Benzema continuaient eux leur superbe numéro du soir, le premier ajoutant à ses buts quelques retours défensifs remarquable, le second affichant une épatante justesse technique. Dans un système à trois derrière qui avait si mal marché face à la Suisse en première période à l'Euro, l'équipe de France a cette fois ravi tout le monde, avec du liant, de beaux mouvements collectifs, de l'intensité dans les courses. Et la victoire.

Homme du match : Griezmann (8) : critiqué ces derniers jours, Grizi a répondu de la meilleure des manières en offrant un match de gala au public français. Le nouveau n°8 de l'Atlético de Madrid a touché beaucoup de ballons (90) dans son rôle de numéro 10, faisant parler son intelligence de jeu (3 passes clés). Sa remise intelligente a failli être décisive pour Benzema (22e). Presque dans la foulée, il s'est fendu d'un enchaînement contrôle orienté frappe de l'extérieur du gauche somptueux pour ouvrir le score (25e). Comme un grand, il a glissé astucieusement le ballon du pied droit en angle fermé pour faire le break (53e). L'une des principales satisfactions demeurera sa complicité évidente ce soir au Groupama Stadium avec KB9. Sans oublier que l'ancien Blaugrana est toujours aussi précieux d'un point de vue défensif (5 ballons grattés). Ce match restera à jamais gravé dans la mémoire du natif de Macon, qui a égalé le légendaire Michel Platini (41 buts en sélection). Remplacé par Tchouaméni (90e).

France

  • Lloris (6) : le capitaine des Bleus a vécu une soirée plutôt tranquille à Décines-Charpieu. Sa première intervention, assez bizarre sous sa barre, n'est intervenue qu'à la 18e minute. Il a su être vigilant quand il le fallait, pour rassurer sa défense (43e). En seconde période, hormis un ballon venu mourir dans ses gants (60e), le portier de Tottenham n'a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent tant ses partenaires ont eu la mainmise sur la partie, même s'il a eu un coup de chaud en toute fin de match face à Pukki (90e).

  • Zouma (6) : le nouveau défenseur de West Ham, positionné dans l'axe droit de la défense à 5 concoctée par Didier Deschamps, a rendu une copie correcte. Son duel aérien remporté d'entrée avec autorité a donné le ton, régnant en patron dans les airs tout au long du match (4/4). Hormis quelques retards au marquage sur le temps fort finlandais en première période, il a bien coupé les lignes de passe (3 interceptions), alors que d'un point de vue offensif, il n'a pas hésité à jouer haut pour tenter de créer le surnombre.

  • Varane (6,5) : la nouvelle recrue de Manchester United est mal rentrée dans son match en manquant une transmission toute faite vers Kimpembe. Difficile de lui reprocher autre chose car par la suite, l'ancien du Real Madrid impeccable, aussi bien dans la lecture des trajectoires de passes que dans la couverture et l'anticipation. Il a multiplié les interventions propres (100% de duels gagnés, 4 dégagements, 3 interceptions) sans jamais se faire prendre de vitesse.

  • Kimpembe (6) : un match solide pour le joueur du PSG. En patron dans les duels, il a fait parler son imposante présence athlétique dans les duels. Il a également réalisé quelques interventions décisives, à l'image de celle dans sa surface devant Lloris (12e) ou encore de ce tacle salvateur pour empêcher un adversaire de reprendre le ballon de volée (84e). À noter tout de même que Presko ne s'est pas montré tout le temps à l'aise dans la relance. Remplacé par Lenglet (90e).

  • Dubois (5,5) : dans son jardin du Groupama Stadium, le latéral droit de l'OL a été en mode diesel. D'abord timide en première période, ne prenant pas trop de risques, aussi bien défensivement qu'offensivement, tout en ayant du mal à doser ses passes, il est ensuite monté en régime dans le second acte. Plus présent et plus juste offensivement, il a multiplié les montées et les centres. Le Lyonnais a servi, avec de la réussite, Griezmann sur le 2ème but de la France. Un peu surpris, il a eu une balle de 2-0 à bout portant sur un centre rentrant au deuxième poteau (31e). Blessé, il a dû être remplacé par Mukiele (67e), qui a honoré sa première sélection et est devenu le 500ème joueur à porter le maillot frappé du coq.

  • Pogba (6) : le numéro 6 de l'équipe de France a lui été globalement discret, contrairement à son habitude. Le Mancunien n'est pas pour autant passé à côté de son match, loin de là. C'est lui qui s'est chargé d'animer le jeu dans une position plus reculée, offrant toujours de délicieux ballons longs à ses partenaires, comme cette merveille distribuée à Benzema (86e). Si son pied d'appui n'avait pas glissé à l'entrée de la surface, il aurait pu faire le break avant la pause (40e). Défensivement, sa présence et sa vigilance ont fait du bien devant la surface notamment, même s'il aurait pu être sanctionné d'un penalty pour une situation litigieuse en fin de partie (88e).

  • Rabiot (5,5) : le milieu de terrain de la Juventus a déçu dans une partie dominée par les champions du monde en titre. Le joueur de 26 ans s'est globalement contenté de se rendre souvent disponible entre les lignes. Sinon, il a eu plus de mal à trouver des décalages, donnant notamment lieu à trop de latéralité quand il fallait chercher de la verticalité. L'ancien Parisien a aussi habitué à mieux dans ses projections, aussi bien avec que sans le ballon. Sa frappe cadrée du pied faible n'était pas assez travaillée pour inquiéter Hrádecký (52e), mais cela témoigne de son activité offensive légèrement plus visible en seconde période.

  • T.Hernandez (6,5) : pour sa première cape avec les Bleus, il n'a pas eu froid aux yeux, à l'image de cette tentative audacieuse de loin (11e). Extrêmement volontaire, très offensif, le latéral gauche de l'AC Milan a toujours été présent aux abords de la surface. Dans son rôle de piston gauche, il a bien accompli ses taches défensives, en étant bon dans la couverture et en faisant les efforts pour se replier quand le jeu le demandait. Il n'a pas ménagé ses efforts, et cela n'a pas échappé au public français, qui a déjà fait une place de choix au frère de Lucas dans son cœur.

  • Griezmann (8) : voir ci-dessus.

  • Benzema (8) : pour son retour à Lyon, il voulait marquer les esprits. Le buteur attitré du Real Madrid n'a pas marqué mais il a rappelé pourquoi il fait partie des meilleurs au monde à son poste. Très mobile, décrochant beaucoup, comme à son habitude, c'est lui qui a allumé le premier véritable pétard côté tricolore (22e). Par de petits gestes techniques, il a étalé cette rencontre de sa classe, à l'image de sa remise en une touche pour offrir le 1er but du match à Griezmann (25e) ou encore de ce dribble pour se sortir du marquage entre deux Finlandais à l'origine du 2ème but de Griezmann (53e). Son travail de sape pour harceler les premiers relanceurs est à souligner. Sa relation technique très intéressante avec Grizi a sauté aux yeux et a régalé les spectateurs présents dans le stade de son club de cœur, l'OL. Il aurait pu y aller de son but sans un bon retour d'O'Shaughnessy (38e) et une bonne parade de Hrádecký sur son tir croisé du gauche (86e).

  • Martial (6) : l'attaquant de Manchester United a livré une prestation plutôt encourageante. S'il eu du mal à faire des différences et qu'il s'est fait bouger dans les duels, tout en manquant de justesse dans la zone dangereuse, l'ancien Lyonnais a aussi souvent dans les bons coups, comme sur cette délicieuse action à trois avec Griezmann et Benzema manquée par le Colchonero (60e). Au fil des minutes, il a affiché des progrès dos au but, permettant à ses partenaires de s'appuyer sur lui. Sa vitesse et sa capacité d'accélération a également perturbé la défense adverse ce soir. Remplacé par Ben Yedder (80e), qui n'a pas eu l'occasion de se montrer.

Finlande

  • Hradecky (4) : le gardien de but du Bayer Leverkusen n'a pas beaucoup été sollicité par les attaquants adverses, même s'il est vigilant sur la première grosse occasion de Benzema (23e) ou encore sur la frappe lointaine de Rabiot (53e). Cependant, il ne peut rien faire sur l'extérieur du pied de Griezmann, se logeant dans son petit filet gauche (26e), et ne couvre pas son premier poteau sur le deuxième but (2-0, 54e).

  • Alho (4) : le latéral droit a eu du travail sur son couloir, privilégié par Martial et Hernandez dans les phases offensives. Il réussit quand même à limiter les dégâts (2 interceptions, 3 ballons récupérés). Remplacé par Raitala (81e), qui réalise la seule frappe finlandaise en seconde mi-temps.

  • Väisänen (3,5) : le défenseur de Cosenza (Serie B italienne) n'a pas livré une prestation rassurante dans cette arrière-garde : s'il suit bien la course de Benzema (24e), il a failli offrir plusieurs ballons de but à Martial (25e) avant de se faire avoir par le contrôle orienté de Griezmann sur son but (26e). Ses interventions ne sont pas assez convaincantes, que ce soit dans sa zone de vérité ou dans ses anticipations (54e, 70e).

  • Arajuuri (3) : dans cette position de libéro dans cette défense à 3, le capitaine finlandais est souvent pris de vitesse par les attaquants français, surtout en seconde période en étant en retard dans les duels (0 gagné sur 2), ce qui permet aux adversaires de s'immiscer dans l'axe de la défense. Il est également attentiste sur le but de Griezmann.

  • O'Shaughnessy (5) : le défenseur central le plus sécurisant dans cette charnière centrale, en plus d'apporter du danger dans la surface de réparation française avec ses longes touches. Il réalise de bons retours dans ses 20 dernières mètres, que ce soit sur Benzema ou Griezmann dans le premier acte, même s'il a eu du déchet dans ses longues relances (76 ballons touchés, 11 perdus).

  • Uronen (4) : le piston gauche du Stade Brestois 29 n'a pas eu beaucoup de travaille sur son couloir, étant donné la préférence des Bleus pour le flanc droit de la défense finlandaise. Il a été contraint de sortir sur blessure après un gros contact avec Dubois, remplacé par Soiri (62e). Mauvaise nouvelle pour Michel Der Zakarian.

  • Nissilä (4) : il est l'auteur de la première tentative finlandaise, contrée mais qui aurait pu tromper Lloris (19e). Au delà de ça, le joueur du KuPS (1ère division finlandaise) a tenté de nombreuses ouvertures pour les joueurs offensifs, sans danger. Il a été le moins en vue dans le milieu de terrain (34 ballons touchés, au moins 20 de moins que ses coéquipiers). Remplacé par Kairinen (73e).

  • Schüller (4,5) : il débute la rencontre par un carton jaune dès la 3ème minute de jeu, sur une transition bleue. Malgré l'avertissement, il reste important dans le pressing (20e), et a été le Finlandais le plus dangereux en 1ère période (2 passes clés). Mais son rendement ne se fera pas ressentir lors du second acte, lors duquel il se fait déborder à plusieurs reprises dans l'entrejeu. Remplacé par Valakari (62e).

  • Kamara (5) : le numéro 6 s'est montré comme la plaque tournante des Hiboux Grands-Ducs, notamment en première période (92% de passes réussies, 16 dans le camp français). Si l'ensemble de l'équipe prend l'eau dans le jeu en seconde période, le milieu des Glasgow Rangers fait au mieux pour gérer Pogba et Rabiot dans le rond central (3 duels gagnés sur 6, 5 ballons récupérés). Comme souvent, l'un des meilleurs éléments de cette sélection finlandaise.

  • Pukki (4) : le buteur de Norwich n'a pas beaucoup été alimenté en ballons par ses coéquipiers, mais a tenté de les bonifier, en provoquant des fautes dans la moitié de terrain adverse et par un pressing faisant douter les premières relances. Il aurait pu obtenir un pénalty en fin de match sur un contact de Pogba (89e), mais la VAR en a décidé autrement, lui reprochant peut-être d'avoir amplifié sa chute.

  • Pohjanpalo (3,5) : comme son compère en attaque, il est souvent trouvé dos au but mais sans danger pour les défenseurs adverses. L'attaquant prêté par Rizespor cet été a tenté d'apporter des solutions par des appels, en vain. Remplacé par Jensen (73e), peu en vue depuis son entrée.

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