Brest - OM : les notes du match

Pour la première d’Habib Beye sur son banc, l’Olympique de Marseille s’est totalement manqué sur la pelouse d’un virevoltant Stade Brestois, emmené par un Ludovic Ajorque XXL (2-0).

Par La Rédaction FM
13 min.
Ludovic Ajorque, contre l'OM @Maxppp

En ouverture de la 23e journée de Ligue 1, l’Olympique de Marseille, en crise de résultats ces dernières semaines, se déplaçait sur la pelouse du Stade Brestois, ce vendredi soir. Quatrième au coup d’envoi, le club phocéen se devait de l’emporter pour mettre la pression à l’OL. Un rendez-vous qui marquait surtout la grande première d’Habib Beye sur le banc marseillais. Nouvel entraîneur des Olympiens, le technicien franco-sénégalais optait pour un 4-2-3-1 avec Paixao, Vermeeren et Greenwood en soutien de Gouiri. De son côté, Eric Roy alignait lui un 4-2-3-1 où Ajorque évoluait en pointe.

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Sous une pluie fine et dans un stade privé d’une partie des Ultras, l’OM ne tardait pas à prendre le contrôle des opérations. Oui, mais voilà, si Gouiri et Greenwood procuraient les premières frayeurs aux supporters brestois, c’est bien le SB29 qui ouvrait le score. Sur un centre de Magnetti, dévié par Vermeeren, Ajorque prenait le meilleur face à Aguerd et trompait Rulli d’une tête précise (1-0, 10e). Surpris d’entrée de jeu, l’OM souffrait et Guindo passait tout proche du break (14e). Tout comme Ajorque (15e). Au bord du précipice, Marseille se faisait violence, mais rien ne fonctionnait.

Une première cauchemardesque pour Beye

Malgré un éclair de Greenwood (25e) et une occasion signée Timber après un superbe service de Gouiri (26e), le tableau d’affichage n’évoluait guère. Et ce qui devait arriver arriva… Sur une merveille de centre de Magnetti, Ajorque s’imposait face à Pavard pour tromper Rulli d’une nouvelle tête délicieuse (2-0, 29e). KO debout, les Marseillais multipliaient les erreurs techniques, subissaient la pression brestoise et passaient à quelques centimètres de l’humiliation. Heureusement pour eux, Junior Diaz ne cadrait pas sa tête (37e) et Ajorque, trouvé dans le dos de la défense, fracassait la barre phocéenne (41e).

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Totalement dépassé à la pause, l’OM changeait ses plans au retour des vestiaires. Sacrifié, Vermeeren cédait sa place à Aubameyang. Plus percutant face aux Finistériens, le club marseillais menaçait, mais ni Timber (59e) ni Gouiri (62e) ne trouvaient la faille. Juste avant, Rulli s’interposait lui face à Dina Ebimbe (60e). Dans la dernière demi-heure, l’OM poussait encore. Nwaneri entrait en jeu, mais rien n’y faisait. Impuissant offensivement et face à des Brestois séduisants, l’OM rendait les armes après l’échec de Greenwood sur penalty (82e) et une ultime parade XXL de Coudert (90+2e). Au classement, Marseille reste donc 4e et pourrait se faire distancer un peu plus par l’OL. Brest remonte de son côté au 11e rang.

L’Homme du match

Ajorque (8,5) : le buteur brestois, passeur décisif la semaine passée, n’a pas traîné à se montrer dangereux dans son antre. Opportuniste et réaliste, le numéro 9 a ouvert le score grâce à une tête rageuse devant Aguerd, puis Rulli, trop peu réactifs (10e). Ce but est d’ailleurs intervenu alors qu’il venait de toucher son sixième ballon. Quelques instants plus tard, après une contre-attaque plutôt fluide des hommes d’Eric Roy, il a même failli inscrire un doublé (14e). Les minutes ont défilé et le renard des surfaces à continuer à se montrer décisif dans les airs. Profitant d’un marquage hasardeux, il a sauté plus haut que tout le monde pour élargir le score et inscrire sa seconde réalisation (29e). Juste avant la pause, il s’est à nouveau démarqué, frappant ainsi la barre transversale du portier argentin. Après la pause, il aura réalisé un pressing de haute intensité.

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Brest :

- Coudert (8) : le portier tricolore n’a absolument pas été inquiété par les Marseillais en première période. Il a été agréablement seul et n’a donc pas abîmé ses gants face aux faibles occasions adverses. Puis, après la pause, il a tout de même dû s’interposer. Avec les pieds face à une frappe puissante de Timber notamment, mais aussi la pression des attaquants adverses, plus impliqués qu’auparavant. Après l’heure de jeu, il est resté figé sur ses appuis, puisque la tête de Gouiri filait quasiment dans ses filets, toujours proprement sur sa ligne. En fin de rencontre, il a continué sa prestation de haute volée, en stoppant le penalty de Greenwood de manière surprenante (82e), avant un ultime arrêt sur sa ligne (90e). Une soirée plus que réussie.

- Lala (6) : avec son numéro 77 dans le dos, le latéral droit s’est montré très solide dès le début de la partie. Alors que Weah filait seul sur son couloir pour adresser un centre, celui-ci est revenu couvrir avec un sprint plutôt impressionnant (7e). Ensuite, les Phocéens ont essayé quelques percées, sans réellement mettre en danger les locaux, ce qui a évidemment facilité son travail. Face à Paixao, il a su imposer sa loi dans sa zone, restant debout dans les duels avec des coups d’épaules dévastateurs. En seconde période, il a montré un visage un peu plus différent, avec quelques difficultés défensives, spécifiquement des pertes de balles. Pas flagrantes, mais elles sont à souligner, ses dernières minutes ont été assez intenses et il a donc perdu de la fraîcheur.

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- Chardonnet (7) : devant son portier, absolument pas surpris par les assauts des visiteurs, celui-ci a su gagner ses duels et montrer de quel bois il se chauffait. À la relance, il est resté appliqué, prêt à combattre dans sa zone pour laisser Coudert tranquille. En compagnie de Diaz, le joueur de 31 ans a même usé les attaquants, manquant cruellement de réalisme et de failles jusqu’à la pause. Toujours appliqué et un peu plus sollicité à partir du dernier quart d’heure de jeu, ses forces ont fait de lui un mur en béton, à l’image de son portier.

- Diaz (6,5) : malgré les quelques tentatives marseillaises, rien n’a inquiété le défenseur central. Concentré et bien aligné dans sa charnière centrale, l’arrière est resté solide et hargneux. Face à Gouiri, il a énormément couvert sa zone et fait preuve d’une application régulière. Si les défenseurs marseillais ont régulièrement été sollicités jusqu’à la mi-temps, cela n’a pas vraiment été le cas pour lui. Un peu à l’image de son autre partenaire dans la charnière brestoise, il a usé les joueurs offensifs méditerranéens. Cependant, sa soirée a réellement débuté à l’heure de jeu, car il a dû rester adroit devant des Marseillais éveillés et revanchards. Impeccable dans ses mouvements jusqu’aux derniers instants, il a mis les Marseillais dans sa poche.

- Guindo (5,5) : le Malien aurait pu ressentir une éventuelle pression dans son couloir gauche ce soir, face à un Greenwood toujours autant étincelant en Ligue 1. Or, cela n’a absolument pas été visible sur la pelouse, puisque le latéral a démontré une concentration optimale et des retours défensifs plus que qualitatifs devant l’Anglais. Proche de son adversaire, il a bataillé pour ne pas le laisser filer au but. Sa première période a d’ailleurs mis en lumière son impact et son énergie, toujours impliqué et au soutien de ses partenaires. Sur ses appuis, il a réalisé des retours clés et a même écœuré Greenwood lors d’une contre-attaque à vive allure (66e). Mais finalement sa rencontre a failli prendre un tout autre tournant. Auteur d’une vilaine faute sur le numéro 10, il a laissé aux Marseillais l’occasion de réagir sur un pénalty, finalement stoppé (82e).

- Magnetti (6,5) : en compagnie de Chotard dans l’entrejeu, le milieu de terrain expérimenté a parfaitement réussi sa première mi-temps. Grâce aux espaces laissés par les hommes d’Habib Beye, celui-ci a eu le temps de prendre les informations pour servir ses partenaires et se montrer efficace dans les transitions. Après un joli mouvement collectif, il est d’ailleurs passeur décisif grâce à une remise en une touche de balle, pour Ajorque (29e). Avec une grande capacité à garder les ballons dans ses pieds, il a attendu les bons moments pour aller de l’avant. Malgré le réveil olympien à l’heure de jeu, il a su garder son sang froid et sa personnalité, plus que lumineuse lors de cette victoire à domicile.

- Chotard (6) : positionné aux côtés de Magnetti, proche de lui dans les transitions et dans la même forme que l’autre milieu de terrain brestois, il a démontré une aisance technique digne d’un joueur en confiance. Que ce soit dans les phases offensives ou défensives, il a régulièrement couru pour aider ses coéquipiers. Régulier et dynamique, sa fraîcheur a fait du bien à la troupe d’Éric Roy. Contrairement à Hojbjerg et Vermeeren, lui a gardé de l’espoir et de la confiance tout au long de la première période. Au retour des vestiaires, il a mis un ballon de la tête en corner, celui-ci survolait la surface de réparation de Coudert au second poteau et aurait pu coûter cher (54e). Ses dernières minutes ont cependant été plus délicates. Il a dû redescendre très bas et contrer les offensives marseillaises. Tout comme les siens, son mental et sa personnalité ont fait de lui un homme heureux devant son public.

- Del Castillo (6,5) : le numéro 10 du stade Brestois s’est constamment mis en mouvement durant la première période. Sur son aile droite, il est resté appliqué et souvent impliqué dans les systèmes de passes pour déstabiliser des Olympiens en manque de repères flagrants. Actif, l’ailier a eu le temps d’orienter le jeu et de mettre en lumière ses autres compagnons offensifs. Face à un bloc bas, il a su avancer balle au pied pour apporter du danger, toujours soutenu par Lala derrière lui. En phase défensive, il a combattu sans relâche et n’a pas compté ses efforts. Au retour des vestiaires, il a de nouveau montré un investissement majeur, aidé par l’immense prestation collective des siens. Sans se laisser aller, sa fin de rencontre a été plus qu’admirable. Remplacé par Locko (88e)

- Doumbia (5,5) : de retour après sa suspension face au LOSC, le milieu offensif s’est montré actif au pressing. Positionné très haut lorsque la charnière centrale marseillaise voulait ressortir, lui n’a pas abdiqué et a effectué des courses très impactantes. Bien accompagné par ses partenaires, courageux et vaillant au stade Francis-Le Blé, le travail d’équipe l’a aidé à se mettre en mouvement pour qu’il effectue le premier rideau durant les quarante-cinq premières minutes. Cependant, sa seconde période a laissé planer quelques questionnements puisqu’il n’a plus tellement apporté devant. Remplacé par Lucas Tousart (79e) qui a apporté de la fraîcheur et de l’expérience, dans une fin de rencontre qui semblait plus molle.

- Dina Ebimbe (6) : positionné sur l’aile gauche, le Camerounais faisait face à des adversaires de taille ce soir. Dans la zone de Greenwood et Weah, deux hommes forts côté olympien, il a dû effectuer un grand travail athlétique. Auteur de nombreuses courses dans les dernières minutes de la première période, il n’a rien lâché. Régulièrement laissé seul, notamment lorsqu’il repiquait dans l’axe avec son pied droit, l’ailier n’a pas hésité à créer du danger. Ses grandes foulées et ses tentatives de frappes ont d’ailleurs surpris les défenseurs marseillais. À la recherche du but, il a vu sa meilleure occasion être déviée par Rulli (60e). Remplacé par Labeau Lascary (73e) qui s’est battu pour gratter des ballons dans sa moitié de terrain et a su maîtriser des Marseillais un peu plus créateurs.

- Ajorque (8,5) : voir ci-dessus.

Olympique de Marseille

- Rulli (3,5) : une sortie approximative devant Ajorque (15e), après avoir réalisé une légère faute de main sur l’ouverture du score brestoise. Ses relances ont été trop hasardeuses, entrainant des récupérations bretonnes dans la moitié de terrain de l’OM. L’Argentin a évité le pire en sortant une frappe du droit de Dina Ebimbe (60e).

- Weah (3) : en grande difficulté durant la première période, l’Américain a eu beaucoup de mal à contenir Dina Ebimbe sur son côté. Son retour manqué est à l’origine de l’ouverture du score brestoise. Offensivement, il n’a quasiment pas existé, avec seulement deux centres qui n’ont rien donné.

- Pavard (2) : voilà une soirée à oublier pour l’international français. Dans tous les compartiments du jeu, il a semblé à côté de son match. Que ce soit dans les relances, dans son placement et surtout au duel avec Ajorque, lors du deuxième but. Après avoir été fautif sur l’ouverture du score, il a été pris de vitesse par un Ajorque en feu qui était à quelques millimètres du triplé.

- Aguerd (2) : à l’instar de Pavard, le Marocain aura été trop mis en difficulté. Coupable sur l’ouverture du score, Aguerd n’aura jamais été rassurant le reste de la rencontre. En manque de sérénité dans son marquage, il aura également fait preuve de plusieurs relances catastrophiques. Ajorque aura décidément fait beaucoup de mal à la charnière du soir.

- Emerson (4) : des absences au marquage de sa part, notamment en première période. Comme Weah, il n’a pas été en vue offensivement et n’a que trop peu combiné avec Paixao. Cela a été mieux en seconde période, avec plus de mouvements.

- Hojbjerg (3,5) : pris par l’entre-jeu brestois, le Danois aura eu beaucoup de mal. Souvent dépassé dans les duels, il aura donné l’impression d’être souvent en retard sur le rythme imposé par le SB29. Il avait semblé plus serein en début de seconde période, mais le milieu de terrain olympien aura ensuite été averti et s’est rapidement éteint. Remplacé par Nadir (90e).

- Timber (5) : le Néerlandais aura été le seul élément marseillais à sortir la tête de l’eau. On l’a vu beaucoup tenter de récupérer des ballons pour projeter le jeu vers l’avant, comme cette combinaison avec Gouiri (26e). La recrue estivale a beaucoup essayé de se montrer. Il s’est même offert une puissante frappe, avant de céder sa place à Abdelli (79e).

- Vermeeren (3) : inexistant dans l’entre-jeu phocéen, le Belge n’aura touché que 28 ballons et n’a pas eu l’impact attendu pour son retour dans le onze de départ. Il n’aura récupéré que deux ballons et une déviation à l’origine du premier but d’Ajorque avant d’être remplacé à la pause par Aubameyang (6), qui aura fait beaucoup plus de mal à la défense brestoise, avec notamment une très belle percée pour éliminer deux joueurs (78e) et des retours importants. Mais il n’a pu relancer l’OM.

- Greenwood (4) : comme Timber, il aura été l’un des seuls à se montrer dangereux durant ce match. Pourtant bien pris par Guindo tout au long du match, il aura réussi plusieurs débordements (23e), avant de complètement se réveiller après la pause. Plusieurs combinaisons et centres tentés par l’Anglais, qui n’aura pas eu de réussite. Mais il s’est loupé au moment de relancer le match, en voyant son penalty être repoussé par Coudert (83e). De quoi faire logiquement baisser sa note.

- Gouiri (3) : un joli ballon piqué après une combinaison avec Timber (23e), trop juste pour reprendre la frappe de Greenwood (26e) et une très grosse occasion passée tout près du but de Coudert pour relancer l’OM (62e). Voilà quelles auront été les occasions franches de l’attaquant marseillais, en manque de ballons durant la première période. Remplacé par Nwaneri (71e).

- Paixao (4,5) : mis en poche par Lala durant la première période, son apport offensif aura été inexistant. Mais après la réorganisation tactique à la pause, il a enfin fait parler sa technique, en offrant notamment un superbe centre pour Gouiri, qui manquait le cadre (62e). Bien plus en jambes, il a ensuite cédé sa place pour Traoré (71e).

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