Jacques-Henri Eyraud règle ses comptes

Au cours d'un long entretien, Jacques-Henri Eyraud a répondu à ses détracteurs sur son bilan à la tête de l'Olympique de Marseille.

Jacques-Henri Eyraud, l'ex-président de l'Olympique de Marseille
Jacques-Henri Eyraud, l'ex-président de l'Olympique de Marseille ©Maxppp
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Il y a une semaine, l'Olympique de Marseille et son propriétaire Frank McCourt annonçaient le départ de Jacques-Henri Eyraud. Président depuis octobre 2016, ce dernier a laissé sa place à son ancien Head of Football Pablo Longoria. So Foot publie ce vendredi un long entretien datant du 10 février, à l'époque où JHE ne se doutait sans doute pas du sort qui lui serait réservé. Un entretien vérité dans lequel il se dit choqué par le monde du football. «Le foot, et l’OM en particulier, c’est comme Game of Thrones ou Sons of Anarchy, en fait. Or, en matière de série, je préfère le code d’honneur des héros de Peaky Blinders», a-t-il expliqué.

Marqué physiquement - «j’ai morflé, oui. Et j’ai beaucoup plus de cheveux blancs. Rien que ça, c’est très frappant» - et sans cesse critiqué, le désormais ex-homme fort de l'écurie olympienne s'est confié en longueur sur certains regrets, comme l'appellation «Champions Project», ou quelques maladresses, à l'image de sa sortie sur la présence de supporters au sein de l'organigramme - «j’ai sans doute employé des termes qui étaient excessifs et c’était du pain béni pour mes détracteurs. (…) La passion débordante dans un club de foot peut vous amener à prendre des mauvaises décisions».

Droit dans ses bottes

Mais il s'est montré droit dans ses bottes face à une contestation qui aura rarement été aussi forte. «La coalition qui est contre moi, je l’ai bien identifiée. Elle se compose d’abord de tous ceux qui rêvent de posséder l’OM ou de le diriger. Et puis, vous avez des salariés licenciés ou des anciens joueurs», a-t-il lâché avant de poursuivre. «Vous avez des ultras, aujourd’hui interdits de stade, qui ont commis des malversations, des prestataires écartés qui se répandent dans la presse locale». La Provence, notamment, en prend pour son grade. «Ce journal a une responsabilité évidente dans le climat actuel, il a franchi la frontière de la diffamation et des injures publiques…», a-t-il envoyé.

Il a en revanche épargné le propriétaire du quotidien régional Bernard Tapie. «J’ai eu plein de discussions avec lui, et j’ai adoré ces moments. La plus récente, c’était il n’y a pas si longtemps, en décembre. Il m’appelait pour me dire que les propos que tenait (Mourad) Boudjellal étaient honteux. Je l’entends encore me dire : "c’est scandaleux, je vais monter au créneau"…», a-t-il expliqué, lui glissant un petit tacle quand on lui a rappelé que lui aussi demandait sa tête. «Peut-être parce qu’il ne supporte pas qu’un autre que lui soit propriétaire du club… Je ne sais pas».

Sur sa sortie sur «l'OM des magouilles», l'homme d'affaires a persisté. «Je pense que la Ligue des Champions remportée en 1993 était méritée, et que Bernard Tapie a fait des choses exceptionnelles pour ce club. Mais pas besoin de revenir aux années 90, il faut se rappeler que l’OM a quand même été au premier rang de la chronique judiciaire sur les dix dernières années. Mon propos, c’était de dire qu’avec nous, cette période était terminée», a-t-il signé. Son passage à la tête de l'OM, aussi, est désormais terminé.

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