Ballon d’Or 2025 : Gianluigi Donnarumma a sauvé l’honneur d’une Italie en perdition
Hormis le sacre de Gianluigi Donnarumma au Trophée Yachine, le football italien brille par son absence au Ballon d’Or 2025. Symbole d’un pays en perte d’influence, l’Italie n’a placé aucun jeune joueur, ni entraîneur victorieux dans les trophées annexes, révélant une crise profonde de talents.
Le Ballon d’Or 2025 a mis en lumière une tendance inquiétante pour le football italien. Si Gianluigi Donnarumma a remporté pour la deuxième fois de sa carrière le Trophée Yachine, récompensant le meilleur gardien du monde, et s’est même hissé à la neuvième place du classement général du Ballon d’Or, il a surtout été l’arbre qui cache la forêt. Hormis l’ex-gardien du PSG et actuel portier de Manchester City, aucun représentant transalpin n’a brillé au théâtre du Châtelet. La cérémonie a souligné à quel point l’Italie peine désormais à faire émerger des talents capables de rivaliser avec les mastodontes espagnols, français ou anglais, aussi bien chez les jeunes que dans la catégorie reine. Malgré quelques apparitions dans les catégories féminines (Cristiana Girelli et Sofia Cantore), l’Italie s’est faite discrète, même les gros médias italiens ont préféré couvrir le match Napoli-Pise (3-2) que la cérémonie du Ballon d’Or. Tout comme les grands dirigeants de clubs de Serie A, invisibles médiatiquement à Châtelet lundi.
L’absence d’Italiens dans les catégories Kopa (meilleur joueur de moins de 21 ans) et Cruyff (meilleur entraîneur) a renforcé ce constat. Là où d’autres nations multiplient les jeunes prodiges comme Lamine Yamal pour l’Espagne, Désiré Doué pour la France, Esteãvo pour le Brésil, Florian Wirtz pour l’Allemagne ou encore Cole Palmer pour l’Angleterre, la Squadra Azzurra ne compte aucun nom sur la short-list. Si Enzo Maresca et Antonio Conte font figure de nommés anecdotiques dans une bataille perdue d’avance face à Luis Enrique, l’école des entraîneurs italiens a pâti de la fin de l’épopée de Carlo Ancelotti au Real Madrid. Cette disette traduit, non seulement un déficit de formation de stars offensives, mais aussi un football italien qui s’appuie encore massivement sur ses vétérans ou sur des joueurs étrangers pour rayonner sur la scène européenne, comme en témoigne le classement du Néerlandais Denzel Dumfries, et de l’Ecossais Scott McTominay, seuls joueurs de Serie A présents dans le top 30 du Ballon d’Or.
L’Italie quasi absente de la cérémonie
Le paradoxe est d’autant plus flagrant que l’Inter Milan a atteint la finale de la Ligue des champions 2025 face au PSG. Pourtant, cette performance collective ne s’est pas traduite par une présence individuelle forte lors de la cérémonie. Les figures de proue du club lombard, à l’exception de quelques défenseurs étrangers, sont restées dans l’ombre des stars françaises, espagnoles ou portugaises. Ce manque de têtes d’affiche italiennes contraste avec l’âge d’or où des joueurs comme Paolo Maldini, Andrea Pirlo, Alessandro Del Piero ou Fabio Cannavaro trustaient les nominations et les podiums. Et s’ils n’étaient pas italiens, ces stars figuraient au moins dans de grandes écuries de Serie A. La présence de la pépite turque, Kenan Yıldız, de la Juventus ne change pas vraiment cette impression criante sur le football italien.
Dans ce paysage déprimé, Donnarumma est apparu comme le dernier symbole d’une école italienne prestigieuse, mais en recul. Son sacre au Trophée Yachine, remis par la légende Gianluigi Buffon, sauve l’honneur d’un pays en mal de repères, lui qui fut longtemps synonyme de rigueur tactique, d’élégance défensive et de gardiens d’exception. Son triomphe n’efface pas l’impression d’un football transalpin en quête de renouvellement. L’Italie a besoin de figures iconiques, de talents offensifs maison et d’un projet cohérent pour revenir au sommet de ces cérémonies internationales qui, cette année, ont eu tout d’une soirée sans l’Italie, sauf pour un gardien devenu héros national. Et comme si cela ne suffisait pas, avec cette victoire historique d’Ousmane Dembélé, le joueur du PSG devient le sixième Français de l’histoire à remporter le trophée individuel le plus convoité, permettant à son pays de dépasser l’Italie en termes de nombre de joueurs distincts récompensés.
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