Everton-Liverpool : le grand test qui peut faire basculer le destin des Toffees

Auteurs d’un recrutement aussi solide qu’attrayant, les Toffees semblent, au vu de leur début de saison, bien partis pour enfin venir concurrencer le « Big Six ». En quête d’une victoire dans le derby depuis dix ans, Everton passe un véritable test samedi face à Liverpool.

Points forts et points faibles du nouvel Everton
Points forts et points faibles du nouvel Everton ©Maxppp

Samedi, sur les coups de 13h30, lorsque le taulier des arbitres anglais Michael Oliver portera le sifflet à sa bouche, Goodison Park sera silencieux. L’écrin de brique et de fer imaginé par Archibald Leitch restera, en cette période de crise sanitaire, fermé aux supporters. Mais nul doute que les foyers des quatre coins de Liverpool vibreront au rythme du derby. Un duel fratricide sur les bords du fleuve Mersey qui, cette saison enfin, s’annonce disputé. La raison principale de cet engouement retrouvé ? Everton s’est bien renforcé cet été et c’est en tant que leader de la Premier League qu’il reçoit les Reds du LFC. Une enveloppe de 70 millions d’euros utilisée à bon escient.

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Résultat, Carlo Ancelotti a pu, dès le top départ de la saison, aligner ses recrues. L’Italien a troqué ses schémas habituels : 4-2-3-1 et 4-4-2, utilisés l’an passé avec des joueurs au faible rendement (Bernard, Iwobi, Sigurdsson, Walcott), pour un 4-3-3 offensif, s’appuyant sur un milieu de terrain solide et pas dénué de technique qvec Allan (Naples) en base arrière, Abdoulaye Doucouré (Watford) et André Gomes un cran plus haut. Libre de ses mouvements et véritable métronome des Toffees dans ce début de saison, l’énorme coup James Rodriguez (Real Madrid) est aligné côté droit. Richarlison est repositionné à gauche. Un changement qui a sans nul doute bénéficié à Dominic Calvert-Lewin, pointe au sens du but retrouvé.

L’état de grâce de Dominic Calvert-Lewin

Débarqué de Sheffield United à 19 ans et contre 1,8 million d’euros, Dominic Calvert-Lewin a déjà quatre saisons dans les pattes du côté d’Everton. Et pourtant, ce n’est que depuis quelques semaines que sa carrière a pris un virage à 180°. En six matches disputés cette saison (4 en Premier League, 2 en EFL Cup), le natif de Sheffield a trouvé le chemin des filets à neuf reprises ! Une statistique incroyable, qui lui permet de faire mieux que lors de ses trois premières saisons à Everton (1 but lors de sa première saison, 8 buts lors des deux suivantes). Monté en puissance sous Carlo Ancelotti l’an passé (15 buts en 41 matches), l’attaquant de 23 ans vient même de célébrer ses trois premières capes avec les Three Lions. Et il a encore marqué !

Grâce à lui, aux recrues et à une défense qui gagne en sérénité lorsque Yerry Mina en prend le contrôle, Everton semble armé pour faire oublier les six dernières saisons. Six exercices conclus dans le ventre mou du championnat d’Angleterre, toujours entre la 7e à la 12e place. Leur dernier fait d’armes remonte à 2013/2014 et une 5e place finale obtenue sous les ordres de Roberto Martinez. Mais malgré ce départ canon, Carlo Ancelotti ne s’emballe pas avant d’affronter Liverpool. « On arrive en forme et ce sera un test important face à une des équipes les plus fortes du monde. Aujourd’hui, tout va bien, mais nous savons que le chemin est long et, tôt ou tard, nous connaîtrons des moments difficiles : ces moments-là seront nos véritables tests », déclare-t-il dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport.

Un mélange de jeunesse et d’expérience, sans superstars

Redescendu d’un cran dans la hiérarchie depuis l’arrivée des renforts du milieu de terrain, Tom Davies était un titulaire indiscutable l’an passé. À 22 ans, le gamin de la ville est le symbole du groupe d’Ancelotti, un mélange de jeunesse et d’expérience. Cet été, James et Allan, 29 ans, Doucouré, 27 ans, sont venus ajouter une dose d’expérience à une formation qui en comptait déjà, avec l'international français Lucas Digne et l’expérimenté défenseur central Michael Keane, 27 ans, ou encore le capitaine, Seamus Coleman, vétéran du onze du haut de ses 32 ans. Carlo Ancelotti l’a bien compris, on ne change pas une équipe qui gagne. Lors des trois premiers succès de la saison en Premier League, le même onze était aligné.

Blessés avant d’affronter Brighton avant la trêve, Allan et André Gomes avaient laissé leur place à Davies et Sigurdsson, pour le même résultat final : victoire 4-2 des Toffees. « J’ai un joli groupe. Il y a beaucoup d’humilité. Nous n’avons pas de superstars, mais une base solide, avec une moyenne d’âge basse. Quand je pense au CV d’un joueur comme Tom Davies qui, à 22 ans, a déjà joué 126 matches avec Everton, tu te rends compte que les paramètres sont différents en Premier League », a expliqué Carlo Ancelotti. Qui peut également voir à long terme, avec des éléments comme Richarlison et Calvert-Lewin, 23 ans tous les deux, ou encore les nouvelles recrues Ben Godfrey (22 ans, Norwich) et Niels Nkounkou (19 ans, OM).

L’adaptation éclair de James Rodriguez

Pierre angulaire du nouvel Everton, James Rodriguez restait sur une saison très compliquée au Real Madrid, où revenu d’un prêt au Bayern il n’aura jamais été considéré par Zinedine Zidane. Libéré par les Merengues, le Colombien a signé deux saisons chez les Toffees. L’on s’attendait alors à une longue remise en forme du natif de Cúcuta, qui débarquait dans un championnat qui lui était inconnu et n’avait joué que 78 minutes depuis février. Mais à la surprise générale, le James Bond de Banfield a démarré la saison et est tout de suite devenu la clé. « Même moi je suis surpris. Il ne jouait pas depuis février et il était logique de s’attendre à quelques difficultés avec la découverte d’un football différent, mais son enthousiasme et son talent sont des atouts formidables », a réagi son nouveau coach.

En cinq apparitions avec son nouveau club, le milieu offensif de 29 ans a inscrit 3 buts et délivré 3 passes décisives. Une autre satisfaction de ce début de saison. En plus d’être décisif, James embellit le jeu de son équipe, enchaînant les passes clés, courtes ou longues (5 par match) et avoisine les 90% de précision lorsqu’il délivre le ballon. Si les Toffees brillent offensivement en ce début de saison, une incertitude demeure au poste de gardien de but, avec un Jordan Pickford loin d’être éblouissant, frisant parfois le ridicule, sans, pour le moment, faire perdre de points à son équipe. Indéboulonnable avec la sélection anglaise, ses carences apparaissent pourtant comme le nez au milieu du visage. En fin de mercato, la direction des Toffees est donc allée chercher Robin Olsen à la Roma. Une doublure qui, le moment venu, pourrait bien servir les intérêts des Blues.

Passer un cap ou rester derrière les cadors

Demain, cela fera dix ans jour pour jour qu’Everton n'aura plus remporté le derby de la Mersey. Onze victoires de Liverpool, onze matches nuls, et toujours pas de succès pour le « deuxième club » de la ville chère aux Beatles. Les Blues peuvent se rassurer, ils restent sur trois nuls dans leur stade face au voisin (0-0). Et les Reds, eux, sur une cinglante défaite sur la pelouse d’Aston Villa. « Le 7-2 contre Aston Villa (défaite de Liverpool lors de la dernière journée, ndlr), ça ne veut rien dire : en Premier League, des jours comme celui-ci peuvent arriver », nuance toutefois Ancelotti. Demain, le derby de la Mersey face à l'ogre Liverpool, comptant pour la 5e journée, ne décidera pas du sort du championnat d’Angleterre. Il permettra néanmoins de savoir si Everton peut rêver d'une saison parmi les cadors.

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