Dernier appel avant embarquement. Ce soir à Lille, l’équipe de France se réglait une dernière fois avant de prendre son envol, direction le Brésil. Face à la Jamaïque, les Bleus se voyaient proposer un adversaire plus que jamais à leur portée, idéal pour tester les derniers réglages, à l’instar d’une nouvelle association entre Karim Benzema et Olivier Giroud. Et une nouvelle fois, la bande à Deschamps a séduit son monde. Grâce à un milieu de terrain très mobile Cabaye-Matuidi-Sissoko, les Tricolores ont très rapidement pris les Jamaïcains à la gorge.

Dès la 2e minute, un simple centre de Sissoko suffit à mettre en alerte une défense adverse pas aidée par un portier pas au niveau international. Les Bleus ont donc la maîtrise du cuir et du jeu à l’image d’un inarrêtable Mathieu Valbuena. Positionné sur le côté droit au coup d’envoi, le Marseillais a navigué sur tous les fronts de l’attaque pour tenter d’alimenter Giroud le Gunner, très précieux dans son rôle de pivot. Une tactique qui a d’ailleurs fini par payer dès la 17e minute lorsque Petit vélo a alerté son buteur pour une remise de la tête à destination d’un Cabaye buteur chez lui à Lille (1-0, 17e). Plaisante à voir jouer, la France séduit par un duo Benzema-Giroud très mobile ainsi qu’un milieu omniprésent. Car si Valbuena a joué le rôle de distributeur de munitions, Matuidi le marathonien a une nouvelle fois été précieux avec un pressing haut. Très offensif, ce dernier a même offert une balle de but à Benzema (27e) quelques minutes après avoir profité d’un décalage de…Benzema pour ajuster Barrett d’une frappe du gauche (2-0, 20e). La messe est déjà dite.

Bien en jambe, la France poursuit sa démonstration grâce à un trio Valbuena-Benzema-Giroud performant. Pas en réussite face au but (29e), le Phocéen a parfaitement été suppléé par un Benzema lucide au moment de fixer deux défenseurs pour battre Barrett d’un amour d’enroulé (3-0, 38e). Son 20e but en 66 sélections. Très en vue, le Merengue manque ensuite d’être passeur décisif pour Giroud juste avant la pause (40e). Ce n’est que partie remise puisqu’à la 53e minute, le Madrilène, lancé côté gauche, adresse un caviar pour le n° 9 des Bleus qui ne demandait qu’à finir le travail du droit (4-0, 53e). Les Jamaïcains sont asphyxiés, et la partie tourne à l’amusement pour des Français en confiance. Dépassées de tous les côtés, les victimes du jour sont noyées par les vagues d’attaques françaises. Chaque action est désormais synonyme de but, où chacun essaie de se faire plaisir. Et c’est encore une fois un Benzema libre de tout mouvement qui a fait le spectacle en s’offrant un doublé d’une frappe enroulée au premier poteau (5-0, 63e). Une réalisation qui lui permet d’intégrer le top 10 des meilleurs buteurs en bleu. Impliqué sur le but de son numéro 10, Matuidi est lui aussi récompensé pour son activité. Sur un centre d’Evra, le Parisien s’offre un doublé sur une reprise de volée (6-0, 66e). Un nouveau but spectaculaire après celui inscrit face aux Pays-Bas. Malheureusement pour la Jamaïque, le calvaire n’est pas fini. Après la barre transversale touchée par l’inévitable Benzema (71e), c’est Griezmann qui est venu participer à la fête dans une surface désertée par les défenseurs adverses en y allant de son doublé lui aussi (78e, 90e, 8-0). Une véritable correction qui permet surtout aux hommes de Didier Deschamps de s’envoler pour le Brésil l’esprit serein et rassuré. Mais attention, car la rude équipe du Honduras promet un affrontement d’une autre intensité.

Homme du match : Benzema (9) : attendu au tournant en étant associé à Giroud, le nº 10 tricolore n’a pas déçu. Loin de là. Mobile, il ne s’est pas contenté de rester sur le côté gauche. Il fut omniprésent. Passeur décisif pour Matuidi (20e), il a énormément combiné avec ses partenaires, et notamment Giroud qu’il a réussi à servir (53e). Libre de tout mouvement et rarement attaqué, le Merengue a également pu se faire plaisir en inscrivant deux très beaux buts, deux enroulés (38e, 63e). Il aurait même pu fêter un troisième but sur la transversale de Barrett en avait voulu autrement (71e). Remplacé par Schneiderlin (87e).

France :

- Lloris (6) : comme c’était à prévoir, le capitaine des Bleus n’a quasiment rien eu à faire ce soir. Mais sur les rares incursions jamaïcaines sur coup de pied arrêté, le Niçois a su répondre présent tranquillement.

- Debuchy (5) : défensivement, il n’a jamais été alerté. Offensivement, il a souvent tenté quelques centres, mais il a surtout laissé les milieux alerter le portier adverse. Remplacé par Sagna (45e) dès la pause pour un coup reçu sur la fesse gauche sur l’une de ses montées. Rien de grave à priori.

- Varane (6) : pour son deuxième match de préparation au Mondial, le roc madrilène a vécu une soirée tranquille. Impassable dans ses un-contre-un, il aurait pu participer au festival de buts d’une tête piquée sur corner (62e).

- Sakho (6) : idem pour le Red de Liverpool. Hormis deux frayeurs sur des centres adverses, rien de spécial à signaler tant les Jamaïcains sont devenus inexistants au fil des minutes.

- Evra (6,5) : face à l’inactivité offensive adverse, le Mancunien a profité d’un côté gauche français très performant pour se signaler. Auteur de plusieurs montées offensives, il a été passeur décisif pour Matuidi (66e). A beaucoup combiné avec Benzema et Valbuena.

- Matuidi (8,5) : comme à son habitude, le Parisien a débordé d’activité. Précieux dans la récupération, il a étouffé ses adversaires. Maître de son sujet dans l’entrejeu, il a pu se consacrer à ses tâches offensives. Percutant, il s’est même offert un doublé (20e, 66e). Très mobile, il a également distillé un grand nombre de bons ballons à Benzema dans le cœur du jeu. Inusable, le marathonien du PSG est inarrêtable. Remplacé par Pogba (71e).

- Cabaye (7,5) : son dernier match à Lille lui avait fait craindre le pire. Mais ce soir, sa blessure à la cheville sous le maillot du PSG a été oubliée. Libre de tout pressing, il a pu distribuer le jeu. Et après une première frappe non cadrée (13e), l’ancien Lillois a libéré les Bleus en concluant un superbe mouvement initié par Valbuena et Giroud (17e). A l’origine du but de Matuidi (20e), il a parfaitement joué son rôle d’orienteur du jeu. Remplacé par Mavuba (59e).

- Sissoko (6,5) : titularisé à la place de Pogba, l’ex-Toulousain s’est chargé de soutenir Valbuena sur le flanc droit. Doté d’un profil plus physique que technique, il a fait ce que l’on attendait de lui. Très actif, il n’a pas été avare en course. Malheureusement pour lui, il ne s’est pas montré décisif.

- Valbuena (8) : il confirme qu’il est bien une pièce maîtresse des Bleus, et ce, malgré le forfait de Ribéry. Le Marseillais a été partout en attaque. Positionné sur le côté droit au coup d’envoi, il a navigué sur tout le front de l’attaque. Précieux pour sa qualité de passe, il a souvent recherché Giroud dans les airs. Un choix payant puisque c’est sur une de ses offrandes que le Gunner a trouvé Cabaye sur l’ouverture du score (17e). Pas en réussite face au but (29e, 74e), il peut toutefois être satisfait de sa prestation. Sorti sous les applaudissements lillois et remplacé par Rémy (80e).

- Benzema (9) : voir ci-dessus.

- Giroud (7,5) : souvent recherché par Valbuena pour son jeu de tête, il a été un précieux pivot. Passeur décisif pour Cabaye (17e), il a prouvé qu’il savait évoluer aux côtés de Benzema. Et s’il n’a pas toujours pu concrétiser les offrandes du Madrilène (40e), il a tout de même su trouver la faille (53e). De bon augure pour une équipe de France qui voulait se rassurer après le forfait de Ribéry. Remplacé par Griezmann (71e). Le néo bleu n’a pas manqué de se distinguer en inscrivant lui aussi un doublé (78e, 90e).

Jamaïque :

-  Barrett (2,5) : des sorties hasardeuses, des relances imprécises, et huit buts encaissés (17e, 20e, 38e, 53e, 63e, 66e, 77e, 89e). Un bilan catastrophique pour le malheureux gardien de but jamaïquain. À noter de rares parades, dont l’une impeccable sur une frappe à ras-de-terre de Giroud (40e). Pas de quoi limiter la casse.

-  Doyley (3) : l’arrière droit de 31 ans a vécu un vrai cauchemar sur son aile où il a vu tour à tour Benzema, Evra ou encore Valbuena se jouer de lui. Maladroit en défense, il l’a été tout autant en phase offensive, puisqu’il a perdu des ballons d’attaques qui auraient pu être mieux exploités. La différence technique s’est largement fait ressentir.

-  Morgan (4) : difficile de lui en vouloir ce soir. Il n’a que rarement su imposer son solide gabarit et a laissé beaucoup d’opportunités que Benzema et Giroud se sont fait une joie de conclure. S’il a manqué d’agressivité à plusieurs reprises, il a néanmoins été l’auteur de quelques bonnes interventions défensives (10e, 51e).

-  Mariappa (3) : une prestation à oublier pour le défenseur jamaïcain. Coupable de largesses défensives, il a été abandonné par ses milieux de terrain et n’a rien pu faire face à des joueurs supérieurs à tous les niveaux. En retard sur Yohan Cabaye lors de l’ouverture du score de l’Equipe de France (17e), il a été dominé par Giroud dans tous les compartiments, que ce soit balle aux pieds ou de la tête, et a subi les nombreuses accélérations des attaquants français.

-  Lawrence (3) : la latéral gauche a, comme son pendant sur le côté droit, vécu une soirée plus que délicate. Battu dans le domaine aérien par Giroud sur le but de Cabaye (17e), il ne s’est de plus pas montré serein à la relance où le pressing des hommes de Deschamps l’a copieusement gêné. Remplacé à la mi-temps par Campbell (3,5) (46e), qui est entré dans une rencontre déjà jouée tant la domination de l’Equipe de France était totale. Il a pris la suite sur le côté et n’a pu que constater l’ampleur des dégâts et la force de frappe des Bleus.

-  Austin (5) : le seul joueur à la hauteur de la rencontre. Il s’est montré à son avantage sur des coups-francs bien tirés dont l’un a été mal repris mais a au moins eu le mérite de mettre en danger la défense des Bleus (6e). Il a été véritablement la plaque tournante des Jamaïcains, le capitaine a été l’un des seuls à peser lors des trop rares phases offensives de son équipe. Trop esseulé dans sa tâche malheureusement.

-  Beckett (3,5) : à l’inverse de son capitaine, le défenseur de métier a été loin d’avoir rayonné. S’il a tenté de combiner avec ses coéquipiers dans l’entrejeu, il n’a pas pour autant su faire la différence et a énormément laissé d’espace. Le score fleuve n’a fait qu’agrandir ses espaces et a témoigné d’un manque d’agressivité et de condition physique. Remplacé par Grey (3) (46e) à la mi-temps. Son équipe était d’ores et déjà à la dérive, il n’a jamais eu l’occasion d’exister.

-  Grant (3) : à l’image de Beckett, le milieu de terrain a fait pâle figure ce soir au Stade Pierre-Mauroy. Coupable d’une passivité déconcertante lorsqu’il a fallu récupérer le ballon des pieds de l’Equipe de France. Son apport offensif a lui aussi été moindre et a dévoilé des limites techniques et physiques. Tout bonnement fantomatique.

-  Humphrey (4,5) : positionné sur l’aile droite de l’attaque, le Jamaïcain est énormément redescendu pour prêter main-forte à sa défense. Il a multiplié les centres, comme cette passe tendue à ras-de-terre qui a mis légèrement en danger la défense française (13e). Il a touché un nombre intéressant de ballons, et a su se montrer disponible lorsque son équipe a été en possession du cuir en première période. Remplacé par Scheriff (64e).

-  Dawkins (4,5) : un scénario largement en la faveur de l’équipe adverse ne lui a pas permis de s’exprimer pleinement, mais il a su montrer quelques belles capacités lorsqu’il en a eu l’occasion. A cherché à percuter et aller de l’avant, à l’instar d’Humphrey il n’a pas compté ses efforts, n’hésitant pas à revenir défendre très bas sur son côté gauche (15e). Remplacé par Edwards (84e).

-  Seaton (4) : le jeune buteur de 18 ans a essayé de se démener seul aux avant-postes. Sa technique balle au pied lui a permis de conserver le cuir et faire remonter le bloc équipe à quelques reprises. La nette domination de l’Equipe de France ne lui malheureusement pas permis de se créer des occasions de buts. Remplacé par Williams (64e).