Pablo Sarabia est-il le meilleur joueur espagnol de la Liga en ce moment ? C’est la question que se posent beaucoup de suiveurs du championnat, et au vu des prestations du garçon, cette interrogation est plus que légitime. Sur le plan purement statistique, c’est en tout cas le meilleur joueur national du championnat, avec 6 buts et 6 passes décisives en 18 rencontres de Liga. Son apport va de toute manière bien au-delà des simples chiffres, et du haut de ses 26 ans, son évolution a été aussi inattendue que rapide. Et pour cause, lorsqu’il quitte le Real Madrid pour rejoindre Getafe en 2011, personne au sein du club merengue ne semblait se morfondre. Parti dans un certain anonymat donc, il a peu à peu commencé à prendre du galon à Getafe, jusqu’à devenir titulaire indiscutable en 2013 et enchaîner trois saisons plus que satisfaisantes.

Il n’en fallait pas plus à Séville pour jeter son dévolu sur le natif de Madrid. Et les Andalous ont fait une sacrée affaire, ne déboursant que 400.000€ pour se l’offrir ! La faute à une clause dans le contrat du joueur qui stipulait que sa clause libératoire serait fixée à ce prix en cas de relégation des Azulones, ce qui est arrivé au terme de l’exercice 2015/2016. À Séville, pas besoin de temps d’adaptation : le Madrilène a été indiscutable avec tous les coachs passés par le sud de l’Espagne depuis son arrivée, de Jorge Sampaoli à Pablo Machín, en passant par Eduardo Berizzo, Vincenzo Montella et Joaquin Caparros. Cette saison, ses performances sont d’autant plus admirables qu’il semble avoir ajouté une nouvelle corde à son arc : la polyvalence. On parle d’un ailier de formation qui évolue désormais - toujours avec une certaine liberté pour dézoner - au cœur du jeu !

Un repositionnement plus axial réussi

Installé aux côtés d’Ever Banega, autre joueur qui n’a pas peur du ballon, c’est le moins que l’on puisse dire, Pablo Sarabia touche désormais plus de ballons et peut mieux mettre en avant ses qualités de créateur, qui sont donc maintenant tout aussi mises en lumière que sa facilité à éliminer des adversaires ou sa capacité à allumer les gardiens adverses depuis l’extérieur de la surface. Une facette qu’on ne lui connaissait pas forcément et un repositionnement qui s’avère payant pour Pablo Machín, signe également d’une intelligence et d’une vision du jeu bien supérieure à la moyenne de son numéro 17. Il faut tout de même se rappeler qu’il évoluait souvent en tant que dix avec les équipes de jeunes du Real Madrid. Cette saison, on le voit souvent partir du milieu pour se projeter vers l’avant, n’hésitant pas à retomber son flanc droit pour faire mal ou combiner avec son joueur de couloir. Très souvent, il termine les actions dans la surface rivale, d’où son nombre de buts très élevé.

Là aussi, c’est un nouveau talent qu’on lui découvre, puisque les années précédentes il marquait beaucoup moins et se contentait de rester aux alentours de la surface. Le joueur complet par excellence donc, une sorte de "deux en un" qui fait le bonheur de ses entraîneurs, mais aussi de joueurs comme Wissam Ben Yedder ou André Silva pour qui il libère des espaces, attire l’attention des défenseurs et est capable d’offrir des caviars. Pablo Sarabia risque d’être d’autant plus redoutable que le Real Madrid est très fragile sur les ailes en ce moment, avec un Marcelo qui n’est pas dans son assiette et qui pourrait d’ailleurs ne pas jouer.

Un départ cet été déjà écrit ?

« L’avenir de Séville passe par Sarabia », confiait Pablo Machín l’été dernier, alors que des rumeurs évoquant un départ étaient apparues dans la presse espagnole. « Sarabia était une signature qui, du fait de venir de Getafe, a été accueillie avec un certain scepticisme des supporters, même en ayant coûté seulement 400.000€. Monchi l’avait recruté pour Emery, mais ce dernier est parti et on pensait qu’il n’aurait pas de minutes avec Sampaoli, parce que l’Argentin avait fait venir beaucoup de mediapuntas. Sarabia a cependant terminé par être le joker de l’équipe, et a joué à pratiquement toutes les positions, même en tant que latéral. Curieusement, à Séville il n’était jamais dans les plans des coachs au début de saison, mais il a toujours terminé par être titulaire et décisif, avec des buts et des passes décisives. C’est un professionnel sérieux et très ambitieux », nous explique Carlos Pérez, journaliste du quotidien andalou Estadio Deportivo.

Ces derniers temps, des informations publiées outre-Pyrénées expliquaient même un possible intérêt du Real Madrid, prêt à le rapatrier, même si elle est à prendre avec des pincettes puisque les Merengues dont déjà bien fournis à cette position et semblent plus chercher en défense et à la pointe de l’attaque. Mais du côté de Séville, on sait que l’avenir de Sarabia à Séville - avec une clause de 22 millions d’euros seulement - s’écrit en pointillés. « Ce qui se croit, après tant de temps, c’est qu’il ne prolongera pas. Dans ce cas-là, avec un contrat jusqu’en 2020, il partirait l’été prochain », confie Carlos Pérez. D’ici là, on attend notamment de le voir revêtir la tunique de la sélection espagnole. « Peut-être que s’il va à l’Atlético ou au Real Madrid, Luis Enrique l’appellera. C’est typique », nous dit Pérez, qui souligne tout de même la concurrence féroce au sein de la Roja. Samedi après-midi, à 16h15 sur la pelouse du Santiago Bernabéu, Pablo Sarabia est tout à fait capable de couler un peu plus les troupes de Santiago Solari...