L’Olympique Lyonnais se tourne vers l’avenir, avec l’inauguration de son Stade des Lumières le 9 janvier prochain. Mais qui dit nouvelle page dit aussi chapitres passés plus ou moins heureux, et FM vous propose en cette période des fêtes de découvrir le pire onze de l’Histoire de l’équipe rhodanienne. Car si les Juninho, Karim Benzema, Fleury Di Nallo, Grégory Coupet, et aujourd’hui Alexandre Lacazette portent haut les couleurs lyonnaises, tous les joueurs passés par la capitale des Gaules n’ont pas eu une telle réussite...

- François Lemasson (1987-1990) : première saison pour Jean-Michel Aulas à la tête de l’OL, l’exercice 1987-1988 est marqué par la fébrilité défensive de l’équipe première, qui encaisse tout de même pas moins de 44 buts en 34 matches de D2 disputés, dont un mémorable 1-7 infligé par Sochaux... Un bilan amer auquel le portier n’est forcément pas étranger. Mais qu’importe, le gardien de but a conservé la confiance du staff les deux saisons suivantes, avant de laisser sa place à un Gilles Rousset aujourd’hui entraîneur des jeunes gardiens lyonnais.

- John Mensah (2008-2012) : « L’objectif était de prendre le meilleur défenseur - avec Cris - du championnat. C’est chose faite ! » Oui, Jean-Michel Aulas était heureux, et même très heureux, d’annoncer la signature du Ghanéen. Pas peu fier, le président pensait avoir réussi un joli coup en arrachant le joueur au Stade Rennais pour quelques 8,4 M€. Mais rien ne s’est vraiment passé comme prévu, et celui qui était présenté comme un roc a déchanté, trahi par des blessures à répétition. Le défenseur central, qui a parfois dépanné en latéral droit, n’aura en tout et pour tout disputé que 18 matches à l’OL, considéré par beaucoup comme l’un des plus gros flops de l’histoire du club rhodanien.

- Mick McCarthy (1989-1990) : sourire radieux, Mick McCarthy est aujourd’hui l’entraîneur d’Ipswich Town. Mais nul doute que l’Irlandais n’affiche pas pareille mine au moment de se souvenir de son année lyonnaise, laquelle n’a pas franchement été simple. Ainsi, l’ancien du Celtic Glasgow a éprouvé toutes les peines du monde à s’acclimater à l’air de la capitale des Gaules, ne parvenant pas vraiment à s’entendre avec des partenaires qui ne maniait pas la langue de Shakespeare. Ajoutez à cela l’émergence d’un jeune joueur nommé Rémi Garde, et vous comprenez pourquoi McCarthy n’a disputé que 10 matches sous les ordres d’un certain Raymond Domenech.

- Cléber Anderson (2007-2010) : on a beau former une charnière de qualité avec Luisão à Benfica, et être international brésilien, ce n’est pas pour autant que l’on s’impose facilement à l’OL... C’est en somme ce qu’a vécu Cléber Anderson. Celui qui est aujourd’hui âgé de 35 ans débarquait à Gerland avec la lourde responsabilité de faire oublier un Cris gravement blessé au genou. Autant le dire tout de suite, il n’y arrivera jamais, et l’on se souviendra même plus de lui pour sa glissade mémorable qui offrait sur un plateau un but à Mamadou Niang lors d’un Olympico. Recruté pour près de 5 M€, le joueur révélé au Corinthians n’aura pas marqué les esprits.

- Fabian Monzon (2012-2013) : l’OL était prêt à se saigner pour obtenir le transfert du latéral gauche, au point même d’envisager de céder Clément Grenier dans l’opération. C’est finalement Jérémy Pied qui filera à Nice et, avec le recul, le club rhodanien peut s’estimer heureux de ne pas avoir commis pareille erreur. Car l’Argentin, redoutable sur coup franc et sur penalty, n’a strictement rien montré au cours de sa seule et unique saison lyonnaise, dépassé même dans la hiérarchie par Mouhamadou Dabo...

- Marc Crosas (2008) : Eric Abidal pensait sans doute bien faire, en n’hésitant pas à recommander ce milieu de terrain à l’OL. Censé être le dernier représentant de ces élégants maîtres à jouer barcelonais que sont les Guardiola, Arteta, Xavi, Iniesta, et autre Fabregas, Crosas était en réalité très loin d’afficher un niveau similaire. Beaucoup trop juste pour prouver quoi que ce soit en Ligue 1, le natif de Sant Feliu de Guíxols a vécu une expérience compliquée, ne laissant aucun souvenir marquant aux supporters. Son prêt n’a ainsi pas été reconduit, et l’Espagnol n’aura disputé que six mois à Lyon, le temps de remporter au passage un championnat et une Coupe de France. Joli lot de consolation.

- Alfonso Fernandez Leal (1991-1993) : Belge d’origine espagnole, Fernandez Leal était présenté comme un autre milieu de terrain élégant, capable d’apporter clairvoyance et vista à l’entrejeu. Seulement, ce que les supporters ignoraient, c’était que l’ex joueur du Standard de Liège était d’une lenteur à faire passer un épisode de Derrick pour une grande production américaine. Avec lui, nul besoin de slow motion, sa vitesse d’exécution suffit. Et il se pourrait même que, à 52 ans aujourd’hui, il ne soit pas franchement plus lent !

- Yoann Gourcuff (2010-2015) : Ah Gourcuff... Rien qu’à l’évocation de ce nom, les poils des fans de l’OL se hérissent sérieusement. Et pour cause, le meneur de jeu a cristallisé toutes les critiques durant son passage à Tola Vologe, dont il connaît aujourd’hui l’infirmerie mieux que quiconque. Tendon d’Achille, orteil, adducteurs, cheville, cuisse, genou, côtes, dos... Celui qui était présenté comme une rockstar au moment de son arrivée pour 22 M€ a enchaîné les pépins physiques, avant d’offrir aux supporters une dernière mémorable, en quittant la pelouse de Gerland sans même demander le changement au préalable. Le plus frustrant, c’est que les rares fois où il fut épargné par les blessures, son rendement fut bon. Gageons pour lui que sa nouvelle aventure rennaise soit nettement plus heureuse.

- Kader Keita (2007-2009) : il faut savoir casser sa tirelire pour attirer des talents, et l’OL croyait assurément bien faire en déboursant pas moins de 18 M€ pour enrôler Kader Keita en provenance du LOSC. L’Ivoirien avait alors le vent en poupe, et son premier match de championnat avec l’OL face à Auxerre fut d’ailleurs brillant, lui qui martyrisait la défense à coup de dribbles. Mais c’est à peu près tout ce que l’on retiendra du séjour lyonnais de Keita, incapable de faire la moindre différence dans son couloir. Son poteau face à Manchester United en huitième de finale de la Ligue des Champions a sans doute été un tournant dans son parcours à l’OL.

- Torben Frank (1992-1995) : vainqueur de l’Euro, le Danois était sur un nuage à son arrivée et avait bien l’intention de s’épanouir pleinement. Mais, dès son premier match, l’avant-centre devait céder sa place sur blessure. Et pour cause, il souffrait en réalité d’une malformation congénitale du genou ! Évidemment, ni son ancien club, ni Frank n’avaient cru bon d’en parler au préalable à l’OL, qui après avoir déboursé 6 millions de francs pour s’adjuger ses services, entrait alors dans une longue bataille juridique pour faire valoir ses droits. Mais c’est le joueur qui obtenait gain de cause, et qui récupérait une compensation dont le montant n’a jamais filtré.

- Frédéric Piquionne (2008-2010) : un peu comme Cléber Anderson, l’image que l’on retiendra de Piquionne sous le maillot de l’OL se résume à une glissade. Lancé pour tenter de déjouer la défense de l’ASSE dans un derby à Gerland, l’avant-centre se prenait les pieds dans le tapis, s’écrasant assez piteusement sur le pré. Pour le reste, pas grand-chose à signaler pour un joueur qui, s’il était apprécié du vestiaire, n’a en revanche pas été en mesure de s’imposer entre Rhône et Saône (26 matches, 4 buts).