Foot Mercato : Tout d’abord Romain, comment allez-vous ?

Romain Rocchi : Et bien très bien, merci.

FM : Vous êtes à Arles-Avignon depuis janvier 2011. Comment vous sentez-vous dans ce club ?

RR : Ça se passe bien, dans le sens où je suis revenu en grande partie sur un choix d’ordre privé. Après, j’ai eu la chance de revenir en France, car je ne me suis pas très bien adapté à Israël. J’avais envie de revenir en France le plus vite possible, et de ne pas me faire oublier. J’étais donc très content de rentrer en France, près de ma famille et de mes amis, et aussi de retrouver la Ligue 1, même si le club était dans une situation difficile. J’en ai fait abstraction. On est en deuxième division, je m’y étais préparé. Et là, après un début difficile, on est beaucoup mieux. Je suis bien aujourd’hui, car j’ai ma famille, j’ai eu une petite fille il y a trois mois, et les résultats sont là. Il faut que ça continue pour se sauver.

FM : Vous aviez envie de retrouver l’Hexagone. Disposiez-vous d’autres contacts avec des clubs français ?

RR : Non, ça a été le premier contact, et je n’ai pas trop laissé le temps. Je voulais revenir, ça s’est fait très vite, en trois jours. Je n’ai pas eu d’autres propositions mais elle me suffisait.

FM : Le club a cinq points d’avance sur la zone rouge en Ligue 2. Quel bilan faîtes-vous de cette saison ?

RR : On a eu un début de saison avec des hauts et des bas, le milieu de saison a été très difficile, et là, on relève la tête. C’est donc mitigé, mais on est dans une période positive qui vient au bon moment. Mais c’est sûr qu’il y a eu des hauts et des bas, que ce soit à titre personnel ou collectif. Il y a aussi eu un changement d’entraîneur, un mercato. Tactiquement, on a changé beaucoup de choses. J’ai un peu la sensation que la saison a commencé en 2012 et pour l’instant, ça se passe bien. On est invaincu.

FM : Comme vous le dîtes, le club est invaincu depuis 2012. Comment expliquez-vous ce changement de cap dans les résultats ?

RR : Et bien, on a trouvé les automatismes tactiques. On a une organisation qu’on ne change pas, même si les joueurs peuvent changer, donc on a retrouvé des automatismes. C’est quelque chose de très important, d’autant que la tactique a été faite en fonction des qualités des joueurs. Tout le monde se montre à son meilleur niveau. Le mercato a été très intelligent, avec des jeunes qui ont de la qualité et de l’envie. La mayonnaise a bien pris, on a eu la chance d’avoir des résultats. Il y a une bonne ambiance dans le groupe, dans le club. Tous les ingrédients qui nous manquaient ont été ajoutés.

FM : Le club a été pas mal critiqué pour son recrutement tous azimuts lors de sa montée en Ligue 1. Pensez-vous que la direction a retenu la leçon, en s’offrant un recrutement plus coordonné ?

RR : Oui, c’est ça. Le club a appris de ses erreurs et avec un nouvel entraîneur juste avant la trêve, le club a pu travailler en fonction. Ce sont des choses cohérentes, et ça fait plaisir de voir que le club a travaillé de manière cohérente et intelligente. Et voir que les résultats viennent tout de suite, c’est valorisant.

FM : Serez-vous à l’écoute d’offres cet été, ou souhaitez-vous poursuivre à Arles-Avignon ?

RR : Il me reste un an de contrat. Mon objectif, c’est déjà de maintenir le club. Après, il se passera ce qu’il se passera. Un joueur de foot n’est jamais fermé. Je suis ouvert à toutes propositions, mais ce n’est pas ma priorité.

FM : Pour en revenir à votre parcours, vous êtes passé par le Paris Saint-Germain entre 2002 et 2004. Que retenez-vous de votre séjour dans la capitale ?

RR : Que des choses positives. J’ai joué avec de grands joueurs, j’ai beaucoup progressé là-bas. J’étais en National à Cannes, et je suis passé à la Ligue 1 avec le PSG, c’est quelque chose d’exceptionnel, j’ai changé de monde. J’ai beaucoup appris, et j’ai eu envie de voler de mes propres ailes car c’était difficile de s’imposer au PSG pour un jeune. J’ai donc décidé de partir, mais cette expérience de Paris a été positive. Je m’en sers tout au long de ma carrière.

FM : Et vous avez notamment pu côtoyer Ronaldinho au PSG...

RR : Il fait partie de ces joueurs exceptionnels. C’est un joueur de haut niveau, d’un niveau mondial. C’est là qu’on remet les pieds sur terre, et qu’on se dit qu’on doit travailler. C’est un exemple, même s’il avait une réputation de fêtard qui l’accompagne tout au long de sa carrière (rires). C’est un joueur qui a des qualités exceptionnelles, c’est une chance de jouer avec quelqu’un comme lui. Et je n’oublie pas non plus Heinze, Pauleta, Déhu, Pochettino... Autant d’exemples dont je me sers encore aujourd’hui.

FM : Quel regard portez-vous sur le PSG actuel ?

RR : Je suis content de voir que Paris est premier du championnat. On se rend compte que les Qataris achètent beaucoup, dans tous les domaines, ça fait partie du truc. On sera tous contents si Paris prouve, au niveau européen, que le championnat de France a des joueurs de haut niveau. Si Paris arrive à amener de grands joueurs, ça ne fera qu’élever le niveau du championnat, c’est donc positif. Je suis content de voir Paris premier du championnat.

FM : Vous avez connu une expérience à l’étranger, à Tel Aviv. Que retenez-vous de cette expérience ?

RR : Une expérience à l’étranger, il faut la tenter une fois dans sa carrière. Maintenant, il faut être préparé, être bien informé sur les infrastructures, que les choses soient le plus clair possible lors du transfert. L’erreur que j’ai faite, c’est que je n’étais pas assez préparé psychologiquement à vivre ce que j’ai vécu. Si j’avais su tout ça, j’aurais préparé mon arrivée là-bas d’une autre manière. J’ai pu connaître quelque chose d’exceptionnel avec la Ligue des Champions, mais je n’ai pas pu en profiter. J’ai donc beaucoup de regrets par rapport à cette expérience, mais ça fait partie de la carrière d’un footballeur. Je sais que, si je dois repartir à l’étranger, je gèrerai ça d’une autre manière.

FM : Votre carrière est également liée à la Corse, où vous avez joué quatre années durant. Quel regard portez-vous sur le football corse, avec Ajaccio qui tient la baraque en Ligue 1, Bastia qui cartonne en Ligue 2 et le GFCO Ajaccio qui brille en National ?

RR : Oui, je suis très attentivement le parcours des clubs corses, d’autant que ma compagne est corse. Je suis très fier de ce que les clubs corses montrent. C’est magnifique qu’une petite île puisse avoir peut-être l’année prochaine deux clubs en Ligue 1 et un club en Ligue 2. Ça force le respect. Je suis très content.