Ligue 1 : la direction technique de l'arbitrage dresse son bilan du début de saison

Après 11 journées de championnat, quelques polémiques arbitrales comme lors de PSG-Angers, et des situations parfaitement gérées illustrées par le match OM-PSG de ce week-end, la direction technique de l'arbitrage ouvrait ses portes ce matin pour dresser un état des lieux.

Bastien Dechepy, l'arbitre de PSG-Angers
Bastien Dechepy, l'arbitre de PSG-Angers ©Maxppp

Nous ne sommes qu'à un petit tiers du championnat de Ligue 1 mais il y a déjà des choses à dire et à retenir. Après 11 journées disputées, la direction technique de l'arbitrage a souhaité faire un petit bilan de ce début de saison en compagnie de ses cadres, Pascal Garibian, le directeur en tête. L'occasion de rafraîchir quelques règles, notamment les mains, d'isoler certaines situations en vidéo, de sonder les médias présents et de montrer ce qui a été bien fait et moins bien fait. D'après la DTA, il y a bien un point noir, c'est ce fameux PSG-Angers du 15 octobre dernier. Comme expliqué ailleurs (voir lien), le premier but inscrit par Danilo a été accordé à défaut de connaître la position exacte de Mbappé au départ de la passe qui lui a été adressée. Sur toutes les caméras capables de tracer des lignes, aucune ne montre l'attaquant parisien dans le champ. Il se trouve dans un angle mort. Sans la preuve d'une erreur manifeste, le but a été accordé. Il s'agit ici d'un problème de technologie. Le penalty sifflé en faveur du PSG après une main de Capelle fait en revanche suite à une erreur humaine.

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Les assistants vidéo ont bien noté dans le feu de l'action un premier accrochage entre Romain Thomas et Mauro Icardi, un possible hors-jeu de Mbappé et la main de l'Angevin seulement dans leur conducteur et face à l'accumulation de tous ces faits de jeu, ils oublient de remonter les images jusqu'au contact entre l'Argentin et le défenseur du SCO. Ils rembobinent le fil jusqu'à la position de Mbappé au départ de l'action, finalement en position licite, puis décident de siffler un penalty après la main de Capelle. «On a constaté un certain nombre de manquements clairement identifiés. On travaille là-dessus pour que demain on évite ces manquements. On sait facilement les expliquer. On met à dispositions des arbitres assistants vidéo pour les faire travailler, le faire prendre conscience. La copie n’est pas blanche et propre aujourd'hui mais on fait en sorte de répondre aux attentes du foot», commente Stéphane Lannoy, ancien arbitre international, aujourd'hui adjoint à la DTA, responsable de la partie vidéo.

26 erreurs rectifiées sur 38 grâce à l'assistance vidéo

«C’est un bilan plutôt positif dans l’ensemble. Après la 11ème journée, on est sur un ratio de 69 % d'erreurs sur le terrain qui ont été corrigées, grâce à l’assistance vidéo. C’est un ratio satisfaisant mais qui mérite d’être encore travaillé», précise-t-il depuis une salle de réunion de la Fédération Française de Football ce mardi matin. Dans le détail, ce sont 38 erreurs manifestes qui ont été déterminées par nos arbitres de Ligue 1 depuis le début de la saison. L'assistance vidéo a pu en rectifier 26 comme par exemple le carton rouge adressé à Achraf Hakimi lors de OM-PSG. Dans un premier temps, Benoit Bastien sanctionnait Cengiz Ünder, coupable selon lui d'avoir pris le ballon en main dans sa chute, pour donner coup-franc aux Parisiens. C'est alors que le Replay Center (le centre où travaillent les arbitres assistants vidéo) appelle l'homme au sifflet pour lui annoncer qu'il s'est probablement trompé. «Il y a un contact, il faut que tu viennes voir», invite l'assistant vidéo à son collègue présent sur la pelouse du Vélodrome.

Benoit Bastien se rend devant l'écran de contrôle et constate qu'il doit revoir complètement sa première décision. Hakimi est logiquement expulsé. «Vous êtes le dernier», justifie l'arbitre. Cette séquence complète aura duré un peu moins de deux minutes, soit le temps moyen pour ce genre de procédure. Ce délai est d'ailleurs l'un des axes de progression de nos arbitres, d'après Stéphane Lannoy. «On comprend la frustration des joueurs, des spectateurs et des téléspectateurs qui doivent parfois attendre deux minutes, trois minutes, parfois plus, avant qu’une décision soit prise. Or, nous sommes amenés à vérifier plusieurs situations en même temps. C’est ce sur quoi on met l’accent cette année, c’est le temps d’analyse. Il faut qu’on soit en capacité de prendre des décisions plus rapidement. » Les progrès sont également d'ordre technologique mais là ça ne dépend plus du ressort des arbitres. Sur les 38 erreurs manifestes, 12 n'ont pu être corrigées, la plupart du temps à cause d'un manque de données, comme on a pu le constater avec Mbappé plus haut dans cet article.

Des axes de progression bien établis

«Au premier tiers de la saison, on peut considérer de notre côté que les résultats sont plutôt satisfaisants. Bien évidemment comme dans d’autres activités professionnelles et humaines, il y a des choses à améliorer mais on est plutôt satisfait des résultats sur le terrain et également en termes d’assistance vidéo. Il y a quelques situations lors de ces 11 premières journées de championnat qui ont amené des polémiques, des appréciations différentes, des interprétations différentes. On a conscience qu’il nous reste encore du chemin et du travail journalier à accomplir pour progresser mais nous sommes sur la bonne voie avec des arbitres qui prennent des décisions de plus en plus uniformes», résume Laurent Duhamel, aujourd'hui en charge du pole professionnel de la DTA, rappelant un élément important : l'assistance vidéo n'a que trois ans en France. «Comme pour chaque nouveau système, il faut du temps et de la pédagogie pour que ce système devienne plus performant. Progressivement, nos arbitres et nos assistants vidéo vont monter en compétence et aller vers plus d’expertise et de perfectionnement.»

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