OM : comment en est-on arrivé là ?
La défaite cinglante face à Bruges et la victoire de Benfica avec deux buts d’écart ont éliminé l’OM de la Ligue des Champions, malgré 90 % de chances de qualification avant cette dernière journée. Mais est-ce pour autant là que tout s’est joué ? Retour sur le parcours européen de l’OM, ses espoirs et ses sabordages multiples.
La place du con. Ce n’est plus la 3e place de la phase de groupe, mais désormais la 25e place de la phase de ligue, et c’est celle de l’Olympique de Marseille, qui a vécu un véritable cauchemar à Bruges mercredi soir. Un cauchemar sur le terrain suivi par la détresse, dans les vestiaires, en apprenant la victoire de Benfica par deux buts d’écart sur le Real Madrid grâce à l’improbable but de Trubin, dernier match qui se jouait encore sur les 18 disputés. Comment l’OM en est arrivé là ?
Car cette Ligue des Champions, celle de l’humilité et de l’ambition disait alors Medhi Benatia, avait démarré par une défaite encourageante face au Real Madrid. Un scénario déjà contraire, avec un penalty et une expulsion, mais l’OM avait bataillé, aidé par un grand Rulli dans les buts. De quoi donner des espoirs au peuple marseillais, qui allait se régaler lors de la 2e journée, avec la réception de l’Ajax Amsterdam. Cela sera la plus belle soirée européenne de la saison, avec un 4-0 probant, des recrues au rendez-vous à l’image de Paixão et Vermeeren. Roberto De Zerbi a peut-être trouvé son équipe type, se dit-on alors. Les blessures et les choix tactiques étonnants vont pourtant changer la donne. La première bascule se joue sur la pelouse du Sporting.
L’expulsion d’Emerson au Sporting, un gros tournant
L’OM arrive au Portugal avec une série de 5 victoires consécutives toutes compétitions confondues et est en tête de la L1. Et il domine allègrement la première période, jusqu’à l’expulsion d’Emerson, en fin de première période. L’Italien s’effondre dans la surface, l’arbitre siffle penalty et l’OM s’imaginait mener 2-0 à la pause. Mais l’inverse va se produire, Emerson se fait expulser, pour simulation avec un deuxième carton jaune, et le Sporting renverse le score, en gagnant 2-1. Roberto De Zerbi est épinglé pour son coaching, puisque pour répondre à l’expulsion, il lance Murillo et O’Riley en 2e période, ce qui déstabilisera son équipe et enlèvera toute velléité offensive.
Ce match fera mal aux têtes marseillaises, qui ne gagneront qu’une fois sur les cinq matches suivants. Avec le pire match de la saison au Vélodrome en Europe, face à l’Atalanta Bergame. Un match joué à l’envers, sans envie, et un nouveau coup du sort en fin de match. Ederson touche le ballon de la main sur une frappe marseillaise, l’arbitre ne siffle pas, l’action continue et Samardzic marque le but de la victoire de l’Atalanta à la 90e minute. Les Olympiens pesteront contre l’arbitrage, oubliant leur prestation désastreuse.
0-6 sur les deux dernières journées
Dos au mur, avec une seule victoire en 4 journées, l’OM va se révolter avec la réception de Newcastle. Et Roberto De Zerbi retrouve alors l’inspiration. Place au 4-3-3 avec la titularisation surprise du jeune Bakola, qui offrira une passe décisive à Aubameyang. L’OM renverse Newcastle et l’emporte 2-1. L’espoir d’une qualification renaît, alors qu’il faudra se déplacer deux fois en Belgique et accueillir Liverpool au Vélodrome. Le premier déplacement, sur la pelouse de l’Union Saint-Gilloise retranscrit fidèlement la saison de l’OM : du bon avec un talent offensif indéniable incarné par Greenwood, et du mauvais avec une fébrilité défensive hallucinante. Rulli n’est plus que l’ombre du gardien décisif du début de saison et multiplie les boulettes. L’OM s’impose miraculeusement et n’a plus besoin de grand-chose pour se qualifier.
Pourquoi pas aller chercher ce grand-chose contre Liverpool ? Malheureusement, la devise du club, Droit au but, ne sera absolument pas respectée ce soir-là, avec une première période indigne. Pas de rythme, des passes latérales ou vers l’arrière, et une défense qui craque au premier coup de génie adverse. L’OM abdique sans combattre et se place dans une situation délicate, celle d’un match décisif sur la pelouse de Bruges. « On a un dernier match à Bruges, on va gagner et se qualifier », assurait Balerdi après la déroute face à Liverpool. Ce même Balerdi avait la mine défaite mercredi soir après un cinglant 3-0 qui ne souffre d’aucune contestation. Le discours était là, les actes non.
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