Auteur d’une prestation majuscule, le PSG a infligé une correction à l’OM et s’est imposé dans ce Classique, en clôture de la 21e journée de Ligue 1. Voici les notes de ce match.
Après deux premiers Classiques très disputés – au Vélodrome, puis lors du Trophée des Champions – le Paris Saint-Germain retrouvait l’Olympique de Marseille pour la 21e journée de Ligue 1. Privés de Fabian Ruiz, Quentin Ndjantou et Achraf Hakimi, les Parisiens jouaient gros : une victoire leur permettait de reprendre la tête au RC Lens. De son côté, l’OM devait confirmer son regain de forme et montrer un visage plus conquérant, avec une confirmation : la titularisation de De Lange, préféré à l’Argentin Rulli, que Roberto De Zerbi n’a pas trouvé « tranquille » ces derniers jours.
Dès la 9e minute, le match se lançait avec la semelle de Vitinha sur Balerdi, sans toucher le ballon. Le Portugais étant averti d’un carton jaune pour ce geste dangereux, de quoi faire bondir Marseille. Mais Paris a ensuite rapidement pris le contrôle du match. Sur une contre-attaque, Mendes servait Dembélé, qui ouvrait le score (1-0, 12e). L’OM tentait de réagir, à l’image d’une occasion de Gouiri (15e), mais le Ballon d’Or 2024 était dans un grand soir et enfilait un doublé, humiliant la défense phocéenne (2-0, 37e), une performance qui allait rapidement tourner sur les réseaux sociaux.
Le PSG inflige une "manita" à l’OM
La domination parisienne s’est encore accentuée après la pause. Joao Neves et Doué ont eu quelques opportunités, avec notamment une frappe sur le poteau (50e), avant que Barcola ne mette la pression sur l’OM. Mais c’est finalement un contre-son-camp de Medina qui a scellé le sort des Phocéens (3-0, 64e). La défense de l’OM commençait à sérieusement trembler, notamment après un bijou collectif conclu par Kvaratskhelia (4-0, 66e). Paris ne s’est pas arrêté là et Lee en profitait pour aggraver le score, trompant De Lange (5-0, 74e).
Les visages étaient amorphes, la frustration montait, et l’OM ne parvenait plus à exister. Après deux nouveaux montants trouvés par les Parisiens, qui auront réalisé une prestation de très haut niveau, ce Classique s’est donc terminé sur une véritable humiliation pour les Phocéens. Le PSG, lui, reprend sa place de leader en Ligue 1, deux points devant Lens, avant d’aller défier le Stade Rennais. L’OM, désormais quatrième et à trois points de l’OL, devra gérer une semaine compliquée avant d’affronter Strasbourg.
L’Homme du match : Dembélé (9) : un match de Ballon d’Or. Voilà comment résumer le match du natif d’Évreux. Se sachant attendu dans ce Classique, l’international français s’est montré impliqué et appliqué. Ses courses pour presser l’arrière-garde marseillaise ont rappelé ses grandes heures de la saison passée. Ses deux buts - à la suite d’un caviar de Mendes (12e) et après une incroyable action individuelle sur le côté droit (37e) - ont tout simplement mis K.O l’OM. Avant même son doublé, il avait déjà semé la zizanie dans la surface olympienne, avant de se rater sur le dernier geste (19e, 27e). En seconde période, son implication n’a pas baissé et il s’est même offert une belle passe décisive, sur ce ballon piqué pour Kvaratskhelia (62e). Un match plein. Remplacé par Gonçalo Ramos (75e).
PSG
- Safonov (5) : le nouveau titulaire aux cages du côté du PSG a réalisé une belle partition face aux Olympiens, avec un superbe arrêt sur la déviation de Gouiri (15e), mais aussi plusieurs sorties loin de son but pour soulager sa défense (5e, 45e+1) et un bon jeu au pied (14e). Des initiatives saluées par Luis Enrique et qui renforcent sans doute son nouveau statut au sein du club parisien. En seconde période, il s’est illustré avec une belle parade sur la tête de Paixao (55e) et a capté la frappe d’Abdelli (90e+2).
- Zaïre-Emery (6,5) : en l’absence d’Achraf Hakimi, le latéral droit a été présent à la récupération (5 ballons récupérés) et a su tenir la baraque face à Mason Greenwood en première période, lorsque l’Anglais était sur le côté gauche. Comme souvent, il s’est également permis de se réaxer au milieu, en soutien de Mayulu, Neves et Vitinha. Par la suite, son match a été relativement calme puisque l’OM n’a pas vu le jour en seconde période. Remplacé par Lucas Hernández (75e).
- Marquinhos (7) : le capitaine brésilien a été solide ce soir contre l’OM. Toujours présent et attentif pour couvrir les rares attaques olympiennes, il a dégagé un sentiment de sérénité, qu’il n’avait pas forcément transmis lors du dernier déplacement en Alsace. Très bon dans les airs (4 sur 4), il n’a pas eu grand-chose à faire en seconde période.
- Pacho (7) : même chose que pour son compère de la défense centrale pour l’international équatorien. Impassable sur l’axe gauche de l’arrière-garde parisienne (3 duels gagnés au sol sur 4), il a été attentif en première période pour parfaitement couvrir les offensives phocéennes. Gouiri, Greenwood et Nwaneri n’ont jamais été en mesure de le passer.
- Mendes (8,5) : le meilleur latéral gauche au monde, tout simplement. Un caviar pour Dembélé sur le premier but, de nombreuses courses pour initier les attaques parisiennes et une puissance dégagée, que ce soit défensivement où Timothy Weah n’a pas su le passer, ainsi que devant où il aurait également pu terminer avec une deuxième passe décisive, mais Barcola a manqué le cadre (64e). En fin de rencontre, il aurait pu mettre un terme à son récital avec un but, mais a buté sur De Lange (90e+1).
- Vitinha (7) : heureusement pour lui, il a bien disputé les 90 minutes de la rencontre. Mais sa rencontre aurait pu s’écourter dès la 9e minute de jeu, après son tacle sur Balerdi. Juste avant, il réalisait un magnifique contrôle dans la surface avant de décaler le ballon pour Barcola (8e). Par la suite, il a dicté le tempo du PSG, a assuré l’essentiel dans ses transmissions (92% passes réussies, 6 passes longues précises sur 6) et a été l’un des acteurs prépondérants à la récupération du ballon (5 récupérations).
- Neves (7,5) : lui aussi a répondu présent ce soir. Dans le pressing, on a retrouvé sa version de la saison passée (7 récupérations). Sans compter sa présence dans le domaine aérien (2 duels aériens gagnés). Parfois excentré lorsque le PSG avait le ballon, comme face à Strasbourg, il a aussi été très présent dans la surface pour apporter des solutions à ses offensifs, comme sur cette superbe talonnade pour Mayulu (58e). Il est impliqué sur le troisième but parisien, avec cette récupération haute sur Leonardo Balerdi et ce centre dévié par Facundo Medina dans ses propres filets (65e).
- Mayulu (6,5) : un bon match de la part du Titi Parisien, auteur de deux passes décisives, sur le deuxième but de Dembélé (même si le numéro 10 parisien fait le plus dur) et sur le but de Lee. Une grosse débouche d’énergie à la perte du ballon et beaucoup de dézonnements pour servir d’appui offensivement. Remplacé par Dro Fernandez (75e), pour ses débuts sous les couleurs du PSG.
- Doué (6) : auteur d’une bonne entrée à Strasbourg, il a réalisé une bonne prestation sur le côté droit, pour sa 100e en Ligue 1, avec beaucoup de percussions et de vitesse pour déstabiliser les joueurs olympiens. Il est notamment à l’origine de l’ouverture du score, en distillant un super ballon dans la profondeur à Mendes de l’extérieur du pied droit (12e). Mais comme son compère Barcola, il a pêché sur la finition (3e, 32e). Il a heurté le poteau (50e) et a manqué l’immanquable après un bon travail de Mendes (54e). Remplacé par Khvicha Kvaratskhelia (62e), de retour après sa blessure contre Newcastle. Sans contrôle, le Géorgien a envoyé une sublime volée sur la gauche du but de Jeffrey de Lange, après un ballon piqué de Dembélé (66e). Il passe tout proche du doublé en fin de match (90e).
- Dembélé (9) : voir ci-dessus.
- Barcola (6,5) : l’ex-Lyonnais, décisif sur les trois derniers matchs de championnat (deux buts et une passe décisive), a fait beaucoup de mal au côté droit de l’OM. Si, par moments, il redescendait pour permettre à Mendes de se projeter dans le dos, il a également été un dynamiteur sur l’aile, de par ses accélérations et ses dribbles. Mais comme souvent, c’est sur le dernier geste qu’il a pêché (8e, 22e). En seconde période, il met déjà le bazar d’entrée dans la surface (50e), avant de toucher le poteau (57e), puis de trouver le petit filet (64e). Remplacé par Kang-in Lee (68e), qui a aussi participé à la fête (74e).
OM
- De Lange (2,5) : préféré à Rulli dans les cages olympiennes pour ce Classique, le portier néerlandais a vécu une entame de match plus que délicate. La première frappe cadrée de la soirée, effectuée par Dembélé, a aussitôt fait trembler ses cages (12e). Malheureux, mais surtout seul, face au Français, car ses défenseurs sont restés bien trop loin du marquage. Dix minutes plus tard, Barcola l’avertit avec un poteau, encore une fois après un mauvais alignement de sa défense. Sur le second but, la frappe à bout portant du Ballon d’Or l’achève et le laisse sans voix (37e). Au retour des vestiaires, il a de nouveau subi. Son poteau droit l’a d’ailleurs sauvé sur une frappe croisée de Doué. Ensuite, la foudre s’est abattue sur sa cage avec une incompréhension devant Medina, auteur d’un but contre son camp (64e), et un boulet de canon envoyé par Kvaratskhelia (66e). Comme si les quatre buts ne suffisaient pas, il a été foudroyé par l’entrée fracassante de Lee, synonyme de but (74e).
- Pavard (2) : en l’absence de Aguerd, le défenseur tricolore a pu reprendre une place de titulaire dans le onze marseillais. Cependant, les premières minutes de la partie ont semblé trop longues pour lui. Le champion du monde 2018 n’est pas resté attentif sur le premier but parisien, et a laissé Mendes s’échapper seul au but (12e). Ensuite, il a paru absent quand les joueurs de Luis Enrique se sont infiltrés dans sa surface, toujours loin du porteur, et trop peu impliqué dans son rôle. Il a finalement rejoint le banc, puisque sa faim n’a pas été assez démonstrative d’après son technicien. Remplacé par Himad Abdelli (62e) qui a tenté sa chance de loin, mais qui n’a pas vraiment été inquiétant dans les trente dernières minutes de la partie.
- Balerdi (2) : au cœur d’une défense à trois, entouré par deux pistons, le capitaine marseillais a entamé la soirée avec une grande grimace. Vitinha lui a en effet laissé ses crampons sur le mollet, ce qui a coûté un arrêt de jeu (8e). Lors du premier but inscrit par Dembélé, il est trop loin de ses adversaires, et même s’il a essayé de revenir avec un sprint, cela a été impossible pour l’Argentin de défendre (12e). Si avant la mi-temps Dembélé a continué ses chefs-d’œuvre techniques, l’Argentin a de son côté montré qu’il n’était pas à la hauteur. Son erreur, au moment de vouloir relancer, laisse son adversaire le mystifier à deux reprises, sans remords (37e). Durant la seconde période, celui-ci n’a pas cherché le jeu court et a préféré balancer devant comme si la confiance avait disparu. Après l’heure de jeu, il a même hésité à toucher les jambes de ses adversaires pour récupérer des ballons, ayant peur de faire des fautes dangereuses.
- Medina (3) : les défenseurs argentins n’ont tout simplement pas été dans leur assiette à Paris. Tout comme son capitaine, le Sud-Américain a semblé fébrile et en retard durant les assauts incessants de ses adversaires. Pourtant à la couverture, lors des débordements de Doué, il n’a pas réussi à contrôler ses arrières. Un manque de confiance et de combativité lui ont été fatals puisque les Parisiens, eux, ont été généreux dans leurs offensives. Au retour des vestiaires, il défend de manière incohérente et offre un troisième but aux Parisiens, à la suite d’un mauvais renvoi (64e). Après l’heure de jeu, alors qu’il venait de donner un beau premier cadeau, il a poursuivi dans son élan avec un second. Il a relancé dans la douleur et c’est sur l’action qui a suivi que Lee a permis aux Parisiens de s’envoler, très largement (74e).
- Weah (4) : positionné sur son couloir droit habituel, le piston s’est montré combatif et solidaire, toujours plus impliqué que la plupart de ses coéquipiers sur la pelouse du Parc des Princes. Cependant, dans leur jardin, les attaquants de la capitale n’ont laissé aucune miette. Face à un Barcola qui faisait les quatre cents pas pour aller chercher des ballons précieux, l’Américain a souffert. Tout comme ses partenaires, il a tout simplement été ébloui par les assauts parisiens, insoutenables jusqu’à la pause. Attentiste dans sa défense, qui a été terriblement désordonnée, il n’a pas su rassurer. Pourtant vendangeur dans cette formation marseillaise, il a montré un tout autre visage ce soir.
- Højbjerg (3) : habitué à imposer son fort caractère sur la pelouse, le Danois a semblé très discret durant la première période. Bien évidemment, ce n’est pas le seul qui ait dû faire les efforts, mais il a vite été dans la douleur. Une situation qui montre une véritable marche d’écart entre les milieux de terrain de la capitale et ceux de Roberto De Zerbi. Il n’a même pas eu l’occasion de se présenter lors de circuits de passes et a continué de baisser la tête. Perdu, comme s’il n’avait pas les épaules, l’ancien joueur de Premier League est resté inexistant durant toute la seconde période et n’a pas su agir en patron expérimenté.
- Timber (2,5) : aux côtés de Højbjerg dans le cœur du jeu, le Néerlandais a tout de suite compris à qui il avait affaire ce soir. Agressé par le pressing parisien, il a eu du mal à se montrer dans les circuits de passe. Il est cependant resté concentré et parfaitement impliqué, à l’image d’une action côté gauche durant laquelle il a essayé de frapper au but de Safonov (30e). En manque de repères, certainement parce que l’adversité a maîtrisé sa rencontre à la perfection, il a laissé Neves et Vitinha se faire des jolis circuits de passes. Ce n’est d’ailleurs pas la volonté qui lui a permis de se montrer, n’étant que très peu en mouvements. Bas sur le rectangle vert, le Marseillais a tout simplement fait preuve d’inexistence.
- Emerson (3) : tout comme l’autre piston marseillais, l’Italien s’est montré investi et appliqué dans ses mouvements, mais n’a pas vraiment vu le jour. Doué et Dembélé ont fait vibrer leur antre, et le défenseur n’a pas existé en première période. Il est d’ailleurs en retard sur le premier but parisien puisque la contre-attaque amène Dembélé à conclure sereinement (12e). Ensuite, les minutes sont passées, et le défenseur a continué à laisser les Parisiens dans un cocon plus que confortable, notamment lorsque Kvaratskhelia a assommé les Marseillais côté droit (66e). Maladroit et fatigué, peut-être après une rencontre complètement manquée, il s’est fait avertir à dix minutes de la fin.
- Greenwood (3) : l’homme fort de la formation phocéenne s’est montré discret dans les premiers instants de la rencontre. L’Anglais, comme à son habitude, a décroché plus bas pour aller chercher des ballons dans le cœur du jeu. Il s’est montré actif avec des renversements de jeu, afin d’aérer tout en conservant la possession. Mais la domination parisienne ne l’a pas laissé briller comme il souhaitait. Trop peu inspiré, il a tenté des gestes qui lui sont propres en seconde période, sans créer de véritables frayeurs dans le camp adverse. C’est même l’une de ses pires prestations cette saison sous la tunique phocéenne, puisqu’il n’a pas été décisif et n’a pas été le plus tranchant sur son couloir. Bien secoué par Mendes, la grisaille parisienne l’a laissé dans une ombre totale et a donc rejoint le banc. Remplacé par Bilal Nadir (80e).
- Gouiri (3) : seul à la pointe de l’attaque, le buteur a régulièrement pratiqué son football dos au jeu. Prêt à faire les efforts durant les relances parisiennes, il a essayé de fermer les espaces en s’affirmant au premier rideau. Cependant, il n’a rien eu à se mettre sous la dent puisque les Parisiens ont clairement monopolisé le ballon durant les quarante-cinq premières minutes. L’Algérien est resté en mouvement pour permettre à ses coéquipiers de le trouver en point d’appui, et a d’ailleurs voulu apporter le ballon dans les zones dangereuses, mais encore une fois sans grandement inquiéter. Sa seconde période a ensuite été le reflet de sa première. Cela a fini par l’agacer puisqu’il n’a pu montrer d’implications dans le jeu.
- Nwaneri (3) : invisible, en manque de repères et toujours obligé de venir défendre pour apporter de l’aide à ses partenaires abasourdis, le milieu offensif a vécu une première période complexe. Aux côtés de Greenwood et Gouiri, lorsqu’il a fallu remonter le ballon dans le camp parisien, il s’est montré trop fébrile et n’a surtout pas eu l’occasion de faire parler son toucher de balles. Avant la pause, le second but parisien a sans doute indiqué au joueur de 18 ans qu’il fallait montrer plus d’envie et de détermination face à la remarquable adversité. Remplacé par Igor Paixao (46e, 3) qui a essayé tant bien que mal de créer du doute dans la surface adverse en sautant plus haut que tout le monde, à l’image d’une tête captée par le portier russe avant l’heure de jeu (56e). Pourtant frais physiquement, il n’a pas su apporter sa magie dans les derniers mètres de l’actuel leader du championnat.