Coupe de France

Le PSG refuse de crier à la crise pour une élimination

Éliminé dès les 16es de finale de la Coupe de France par le Paris FC, le PSG encaisse une désillusion rare mais refuse toute idée de crise. Fort d’une dynamique quasi irréprochable depuis plus d’un an et auréolé d’un récent succès face à l’OM, le club parisien entend rapidement relativiser ce faux pas isolé.

Par Valentin Feuillette
4 min.
PSG @Maxppp

L’élimination du Paris Saint-Germain dès les 16es de finale de la Coupe de France face au Paris FC (0-1) a forcément fait l’effet d’un coup de tonnerre, tant le club de la capitale s’était habitué à régner sans partage sur la scène nationale. Pourtant, en interne, l’heure n’est pas à la panique ni aux grandes remises en question. Quelques jours seulement après avoir remporté le Trophée des Champions face à l’OM au terme d’un scénario tendu et d’une séance de tirs au but maîtrisée, le PSG sort d’une période où il semblait presque impossible à faire tomber. Même mis en difficulté, même dos au mur, Paris trouvait toujours les ressources pour s’en sortir, alimentant l’image d’un collectif solide, sûr de sa force et capable de répondre présent dans les grands rendez-vous. Depuis près d’un an, le PSG avançait ainsi avec une régularité impressionnante, accumulant les victoires, les trophées et les performances maîtrisées, souvent sans briller mais avec une efficacité clinique.

La suite après cette publicité

En Coupe de France, cette domination était encore plus frappante, avec une série de succès quasi ininterrompue et deux titres consécutifs glanés sans jamais réellement trembler. Dans ce contexte, cette élimination face au Paris FC apparaît davantage comme une anomalie que comme un symptôme profond. Pour la première fois depuis longtemps, les Parisiens ont payé cash leur inefficacité, leur manque de réalisme et une soirée où le ballon a refusé d’entrer malgré une domination écrasante. Une désillusion, certes, mais aussi un rappel brutal que le football ne récompense pas toujours la possession ni la maîtrise territoriale. «Je pense que c’est très facile de définir ce match. C’était un match très compliqué, mais on a très bien joué. On a bien fait le boulot, on a dominé le match. Dans le foot, il faut marquer des buts, ils en ont marqué un, pas nous. C’est comme ça le football. Je suis heureux du collectif et des individualités. C’est injuste mais il faut l’accepter. Je souhaite le meilleur au PFC, mais je suis content de ce que j’ai vu», a largement détaillé Luis Enrique en conférence de presse. Pour rappel, le PSG a stoppé ce soir une série de 1070 jours sans la moindre élimination en Coupe de France, et c’est également le premier titre national perdu par l’ancien sélectionneur de la Roja en France.

La suite après cette publicité

Le soleil brille toujours

Ce revers doit aussi être replacé dans un contexte plus large, celui d’un enchaînement infernal de matches et de compétitions pour un groupe sollicité sans relâche depuis près de deux saisons. «Un avertissement ? Si tu regardes le résultat peut-être. Pendant le match, on a été très supérieurs, mais tu dois savoir perdre. Et dans ce cas, c’est clair que c’est un résultat tellement bizarre. C’est une compétition que nous aimons et ce n’était pas notre objectif d’être éliminé. Il faut l’accepter. Mais si je dois perdre un match, j’aimerais perdre des matchs de cette façon. Ce que j’ai vu ce soir, c’est ce que je veux voir chez mes joueurs. Je suis sûr que demain quand je regarderai le match, cette sensation sera encore plus forte. Je suis très heureux des joueurs et des supporters», a analysé l’entraîneur espagnol. Entre les campagnes européennes, les échéances nationales, les voyages internationaux et les compétitions intercontinentales, les joueurs du PSG évoluent sur un fil, tant physiquement que mentalement. Sur les vingt-quatre derniers mois, rares sont les périodes de respiration, et il devient presque illusoire d’exiger une constance absolue dans l’intensité et la lucidité. Face au Paris FC, Paris n’a pas triché, mais a manqué ce supplément de fraîcheur et de précision qui fait souvent la différence dans les matches couperets.

«C’est difficile de faire mieux qu’aujourd’hui car on a dominé, on a tout fait en première et en deuxième période. Il faut juste marquer des buts. C’est ça le football. Quand tu regardes le résultat, ce sont les buts qui comptent. La performance était de très haut niveau», a conclu Luis Enrique pendant que Senny Mayulu affirmait en zone mixte : «on a dominé le match mais on n’a pas réussi à concrétiser. Il nous a manqué le but. Là on se prend une claque mais on va rebondir. Mieux vaut qu’elle arrive maintenant plutôt qu’en Ligue des Champions ? Un match est un match, c’est une compétition, on veut tout gagner. Du coup c’est quand même casse-pied». La suite du calendrier, particulièrement dense, invite d’ailleurs davantage à la prudence qu’à l’alarmisme. Le PSG devra rapidement se remobiliser, avec des rendez-vous importants en championnat et sur la scène européenne, où les objectifs restent bien plus structurants que la Coupe de France. Cette élimination précoce, aussi douloureuse soit-elle, peut même servir de piqûre de rappel utile, rappelant que rien n’est acquis et que chaque match doit être abordé avec la même exigence. Le coup de gueule de Gonçalo Ramos illustre bien la motivation infinie du groupe parisien, toujours capable de rebondir. Loin d’un début de crise, ce faux pas ressemble surtout à la première véritable désillusion d’un groupe jusque-là habitué à tout maîtriser, et qui devra désormais montrer sa capacité à réagir sur la durée.

La suite après cette publicité

En savoir plus sur

La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier