Newcastle : les clés du renouveau des Magpies

Nouveau club le plus riche du monde et désormais propriété du Fonds souverain d'Arabie saoudite (PIF), piloté par le prince héritier du Royaume Mohammed ben Salmane, Newcastle est aujourd'hui l'une des principales attractions du football mondial. Une puissance financière hors norme, d'ores et déjà symbolisée par l'activité des Magpies lors du dernier mercato hivernal qui ne doit cependant pas cacher le contexte sportif plus que délicat des Toons, plongés dans les abysses de Premier League depuis le début de la saison. Lancés à corps perdu dans une opération maintien, les Geordies restent cependant sur une série de six matches sans défaite et peuvent désormais espérer un horizon plus dégagé. Explications d'une renaissance certaine dans les coulisses de St James' Park.

Allan Saint-Maximin célèbre avec Newcastle face à Watford
Allan Saint-Maximin célèbre avec Newcastle face à Watford ©Maxppp

Dans le Tyneside, l'espoir renaît. Quelques mots qui semblaient pourtant, jusqu'à peu, impensable d'écrire. Et pour cause, tenu en échec sur sa pelouse le 15 janvier dernier face à Watford (1-1), Newcastle était toujours lanterne rouge après 20 journées de Premier League. Plus accablant encore, les Magpies affichaient encore, à ce moment-là, qu'une petite victoire en championnat et un bilan comptable alarmant avec seulement douze petites unités au compteur. Une situation sportive critique plombant dès lors toute l'effervescence qui s'était emparée du club racheté par un fonds saoudien et sa capacité financière estimée à 400 milliards d’euros. Pourtant, six semaines plus tard, la formation entrainée par Eddie Howe pointe désormais à la 17ème place avec deux longueurs d'avance sur Burnley, premier relégable. Auteurs de trois victoires sur leurs quatre dernières rencontres, les Magpies, invaincus depuis six matches, renaissent ainsi de leurs cendres. Comment alors expliquer un tel renouveau ?

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Dans cette optique, difficile d'occulter la nouvelle puissance financière de Newcastle. Club le plus dépensier en janvier dernier (102,10 millions d'euros), les nouveaux propriétaires des Toons ont ainsi offert 5 recrues aux fans de NUFC (Dan Burn, Christopher Wood, Kieran Trippier, Matt Targett et l'ancien Lyonnais Bruno Guimarães). Un recrutement XXL expliquant, en partie, le nouveau visage affiché par la formation du Tyneside mais loin de justifier, à lui seul, cette dynamique positive enclenchée. À ce titre, pointons alors le travail réalisé par Eddie Howe, arrivé à St James' Park en novembre dernier. Auteur de débuts plus que contrastés avec une seule victoire en 10 matchs et une humiliation vécue en FA Cup contre Cambridge, le tacticien de 44 ans récolte depuis, progressivement, les fruits de son implication de tous les instants. Acharné de travail, l'ancien coach de Bournemouth revêt à la fois le costume de directeur sportif et de manager dans le Nord-Est de l'Angleterre. Un rôle élargi révélé par un haut responsable de Newcastle dans un entretien accordé à The Telegraph qui lui permet ainsi d'assurer une certaine continuité sur tous les pans du club.

Eddie Howe, porte-drapeau du renouveau des Magpies !

Proche de ses joueurs, impliqué directement dans la stratégie de recrutement, Eddie Howe se distingue surtout par une capacité hors-norme à enchaîner les heures de travail. Un dévouement total qui ne manque pas d'impressionner son propre staff. Une source proche de Howe plaisantant même en déclarant récemment qu’il vivait comme «un ermite de football, sans amis, sans famille ni vie sociale... parce que chaque partie de lui est entièrement concentrée sur le fait de s’assurer que Newcastle reste en place». Un bourreau de travail qui n'hésite donc pas à débuter ses journées à 6h30 pour rentrer à 18 heures et... travailler. Seul, celui qui quittera prochainement son hôtel pour emménager dans un appartement continue alors de s'abreuver de vidéos, tout en planifiant des séances d’entraînement. Considéré comme strict, sa gestion du groupe n'en reste pas moins saluée par l'ensemble de son entourage avec qui il travaille depuis de nombreuses années, à l'exception de Graeme Jones.

Soutenu par sa hiérarchie, prête à le conserver durant plusieurs années, complice avec ses propres joueurs - même ceux qui ont dû voir leur temps de jeu réduit voire anéanti - Eddie Howe dispose donc aujourd'hui de toutes les qualités nécessaires pour porter un groupe qui se bat quotidiennement pour préserver sa place en Premier League. «Il n’est pas seulement obsédé par le football, c’est un leader et un excellent manager», soulignait d'ailleurs une source proche de l'entraîneur anglais pour The Telegraph. Par ailleurs habile pour intégrer cinq nouvelles recrues dans une formation gagnée par le doute, l'ancien des Cherries voit donc son incroyable dévotion payer, et ce même si tout est encore loin d'être parfait. Dans ce sens, impossible de dire que sous la houlette du natif d'Amersham, Newcastle marque plus de buts ou se crée plus d’occasions, en comparaison à Steve Bruce, son prédécesseur. Toujours autant dominés au jeu de la possession, les Magpies version Howe sont cependant devenus bien plus difficiles à déborder et affichent, week-end après week-end, une solidité défensive de plus en plus prégnante.

Des cadres retrouvés !

Illustration d'un secteur retrouvé, ce qui était pendant très longtemps la pire défense de la Premier League est devenue une formation n'ayant encaissé que quatre petits buts depuis le 19 décembre dernier ! Portés par ses nouvelles recrues, Kieran Trippier, Matt Targett et Dan Burn, les Magpies peuvent également s'appuyer sur le retour en forme de Fabian Schär en charnière centrale. Plus solide derrière, NUFC se caractérise surtout par un milieu de terrain plus que performant ces dernières semaines. Un constat plus que flatteur quand on sait que la nouvelle star du club Bruno Guimarães, recruté pour 43 millions de livres sterling, n'a toujours pas débuté une seule rencontre dans l'entrejeu des Toons. Un statut de remplaçant pour l'ancien Lyonnais qui interroge d'ailleurs de plus en plus au fil des semaines... Qu'importe, Eddie Howe a un plan : sauver le club de la relégation en EFL Championship et le terrain ne peut, pour l'heure, lui donner tord. Symbole de son intelligence tactique, comment ne pas évoquer le cas Joelinton. Replacé par son entraîneur dans un rôle de milieu offensif, celui qui avait commencé la saison au poste d'attaquant (pour un bilan cauchemardesque d'un petit but et une passe décisive en 16 journées) retrouve de sa superbe.

Longtemps dénigré par les fans du club, le Brésilien de 25 ans apporte ainsi toute sa dimension physique dans un rôle box-to-box et est l'un des grands artisans de la maîtrise grandissante des Toons dans ce secteur. Etincelant au London Stadium lors de la dernière journée de Premier League face à West Ham (1-1), Joelinton a tout simplement éteint un certain Declan Rice. Rien que ça. Fort d'un énorme volume de jeu, précieux dans la récupération du ballon, il permet par ailleurs de maintenir l'équilibre en compensant la lenteur affichée de son compère du milieu Jonjo Shelvey. Et si le natif d'Aliança, recruté à Hoffenheim contre un chèque de 44 millions d'euros à l'été 2019, retrouve de sa superbe dans l'antre des Magpies, il n'est pas le seul. Débarqué l'été dernier dans le Nord-Est du Royaume de sa Majesté, Joe Willock (22 ans) est également un sujet de satisfaction. Et là-encore, Eddie Howe n'y est pas étranger. Ombre de lui-même lors de ses cinq premiers mois passés à Newcastle, le milieu de terrain passé par Arsenal a longtemps souffert d’un grave mal du pays...

Forcé de quitter son club d’enfance par Mikel Arteta, The Telegraph révèle, à ce titre, que l'Anglais a très mal vécu le fait de déménager à des centaines de kilomètres de sa famille et de ses amis pour se retrouver seul dans un endroit rural et isolé du Northumberland. Perturbé en dehors des terrains, Willock l'était donc tout autant sur le terrain. Un mal-être repéré par Eddie Howe n'hésitant pas alors à multiplier les échanges avec l'ancien des Gunners pour lui permettre de définitivement se lancer. Dans cette optique, The Telegraph précise aussi que le jeune homme de 22 ans a été gâté, encouragé et réconforté par son coach. Un management là-encore payant. Réconcilié de son départ brutal d'Arsenal, définitivement installé loin de son Londres natal, Willock revit pleinement dans l'entrejeu des Magpies, en témoigne son dernier but et son étincelante performance contre West Ham lors de la précédente journée. Et à l'instar de Joeliton et Willock, c'est désormais tout un effectif qui semble prendre en main son destin. Porté par son chevalier Eddie Howe, Newcastle va mieux et tentera une nouvelle fois de le prouver, ce samedi à 16 heures, lors de son déplacement à Brentford comptant pour la 27ème journée de Premier League.

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