AC Milan : Olivier Giroud pour briser la malédiction du numéro 9 ?

La signature d’Olivier Giroud à l’AC Milan avec le numéro 9 soulève une question que se posent les tifosi : ce chiffre a-t-il reçu un mauvais sort ?

Fernando Torres, Luiz Adriano et André Silva sous le maillot de l'AC Milan
Fernando Torres, Luiz Adriano et André Silva sous le maillot de l'AC Milan ©Maxppp
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Des Ballons d’Or de Marco Van Basten (1988-89-92) au premier lauréat africain George Weah (1996) en passant par le buteur emblématique Filipo Inzaghi, le 9 n’a cessé d’être un chiffre emblématique à San Siro. Néanmoins, le prestige historique du Nove a laissé la place à un mauvais sort : depuis la retraite de «Super Pippo», tous les joueurs ayant porté ce numéro n’ont pas gardé un bon souvenir de leur passage en Lombardie, et les supporters non plus. Dans l’ordre, Alexandre Pato (2012-2013), Alessandro Matri (2013-2014), Fernando Torres (2014-2015), Mattia Destro (2015), Luiz Adriano (2015-2016), Gianluca Lapadula (2016-2017), André Silva (2017-2018), Gonzalo Higuain (2018-2019), Krzysztof Piatek (2019-2020) et Mario Mandzukic (2021). Comment expliquer cette malchance ?

Un numéro qui a du poids

Après le départ d’Inzaghi, le numéro 9 comportait une certaine pression pour ses futurs et éphémères propriétaires. Les nombreux buteurs l’ayant arboré à leur arrivée au Milanello ont dû porter sans le savoir (ou pas) la pression de faire aussi bien, et pourquoi pas mieux que leurs prédécesseurs. De jeunes espoirs à l’envie de confirmer (Pato, Silva…) à des joueurs d’expérience tentant de se relancer (Mandzukic, Higuain…), le statut des recrues n’était pas assez solide pour perpétuer la grandeur de ce numéro. C’est le cas du dernier à l’avoir porté, le Croate Mario Mandzukic (35 ans), arrivé libre de tout contrat en janvier dernier pour pallier les moult pépins physiques de Zlatan Ibrahimovic. Mais son séjour ne durera pas : 10 petites apparitions en six mois, et aucun but à son compteur...

D’abord considéré comme une malheureuse coïncidence, même les dirigeants se sont mis à croire au mauvais sort, comme cela avait été le cas au début de l’année civile 2019. Auteur d’une première partie de saison tonitruante au Genoa avec le 9 sur le dos, l’international polonais Krzysztof Piatek est finalement présenté à la presse avec le 19. Le directeur sportif de l’époque Leonardo ne voulait pas mettre la pression à ce qu’il considérait comme son nouveau capocannoniere (meilleur buteur en Italie). «Il voulait le n°9, mais nous pensons que cela doit se mériter. Donc nous avons décidé de lui donner le n°19. Au moins, il y a un 9 dedans », avait-il déclaré en conférence de presse. Il inscrit 9 buts lors des six prochains mois, avant de s’adjuger le numéro maudit la saison suivante. C’est là où la malédiction s’abat : seulement 4 petits buts (dont 3 penaltys) avant de prendre ses valises pour le Hertha Berlin l’hiver suivant. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre...

Une décennie douloureuse

La situation des Rossoneri sur cette dernière décennie n’a pas aidé. Après le sacre en championnat en 2012, l’équipe première a connu des changements drastiques. D’abord, plusieurs joueurs qui ont fait la légende du club mettent un terme à leur longue aventure lombarde (Nesta, Gattuso, Inzaghi…). D’autres éléments importants qui auraient pu continuer se sont tournés vers de nouveaux projets, comme Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic qui rejoignent le Paris Saint-Germain version QSI pour 61 millions d’euros. La saison suivante, tous les observateurs du football italien voyaient Il Diavolo quitter le podium après le départ de ses cadres, mais elle surprend par une troisième place dans ce qu’on considérait comme une saison de transition. Mais c’est après que les choses se gâtent : une élimination prématurée en huitièmes de finale face à l’Atlético de Madrid en Ligue des Champions et une cinquième place en Serie A. À partir de là, l’AC Milan ne reverra plus le podium (et donc la Champions League) avant… 2020/2021 !

Un effectif pas assez stable pour garder une certaine régularité, des tensions au sein de la direction et des changements d’investisseurs peu fructueux sportivement comme financièrement : les Rouge et Noir sont en réelle perdition… Durant cette période noire, la cellule de recrutement milanaise n’a cessé donc de trouver un vrai leader à la pointe de son attaque, sans succès. Le plus décisif d’entre eux, pour ne pas dire le "moins transparent", c’est l’international péruvien Gianluca Lapadula, avec 8 réalisations toutes compétitions confondues lors de la saison 2016/2017. Pourtant, on ne peut pas dire que seuls des inconnus ont connu ce numéro, comme l’ex-international italien Alessandro Matri ou la coqueluche des fans de Liverpool Fernando Torres, là aussi en vain.

OG9 en pleine mission

Une quête d’un digne successeur du 9 qui aurait pu être close avec le retour de Zlatan à Milanello, lui qui l’avait déjà porté à l’Ajax Amsterdam, au FC Barcelone et à Manchester United. Comme s’il voulait éviter la superstition, il prend le 21 en janvier 2020 avant de passer au 11 l’été dernier. En choisissant ce numéro maudit, Olivier Giroud devient non seulement le premier Français à le porter à l’AC Milan depuis Jean-Pierre Papin entre 1992 et 1994, mais il accepte aussi la mission quasi-impossible de redorer le blason de son nouveau numéro, qu’il porte également pour la première fois. Une mission parfaite pour OG9, qui a rarement déçu dans sa carrière...

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