Dans un monde du football où la concurrence bat son plein, où l’exigence de résultats est reine et où les clubs s’arrachent les stars à coup de millions, on en oublierait presque que le ballon rond est avant tout une passion. Une donnée qu’il ne faudrait pourtant pas mettre de côté, surtout pour inciter les vocations chez les plus jeunes. Et si le foot business est roi, d’autres joueurs n’hésitent pas à prendre la direction de contrées éloignées pour vivre de leur amour du football. Notre rubrique consacrée aux Français du bout du monde vous a ainsi permis de voyager aux quatre coins du globe. Et pour cette nouvelle édition, faisons escale en Islande pour aller à la rencontre de Yacine Si Salem. Aujourd’hui au UMF Grindavik, le Franco-algérien nous raconte son parcours :

« J’ai 23 ans et j’ai intégré le centre de préformation de l’INF Clairefontaine à l’âge de 13ans, jusqu’à 16ans. Ensuite, j’ai signé au Havre Athletic Cub. Je suis resté 4 ans au sein de ce club avec de très bon souvenirs. Malheureusement, c’est là où les mauvais choix ont été pris, que ce soit par moi ou par les personnes avec qui je travaillais. Je devais signer à l’AS Roma à 19 ans, mais l’agent a tout fait tomber à l’eau. Le club était d’accord pour payer les indemnités de formation qui étaient de 600 000 € à l’époque, ce qui était déjà pas mal pour un jeune. Mais l’agent a eu l’idée de demander une très grosse somme d’argent en plus pour lui donc le club a refusé et tout est tombé a l’eau. Et forcément, tout allait être différent ensuite pour moi au HAC. À la fin de mon contrat, j’ai signé en D1 grecque, à Trasyvoulos plus exactement. Ça se situe à Athènes et ça a été mon pire souvenir dans un club avec des problèmes de paiement pendant des mois et des mois. J’ai donc préféré résilier mon contrat et rentrer en France ».

Malheureusement pour lui, le joueur va aller au devant de nouvelles mésaventures : « Ça a été une bonne expérience quand même, maintenant je suis encore plus fort mentalement. C’est avec les erreurs qu’on avance et je sais que dorénavant je ne les referai plus, si Dieu le veut. Après, j’ai signé en CFA à Quevilly mai je ne suis pas resté trop longtemps. J’avais eu une très bonne proposition à Dubaï donc je suis parti. Mais malheureusement, je suis arrivé et au bout du deuxième entraînement, j’ai eu une grosse déchirure à la cuisse. Ça a pris trop de temps pour me soigner donc je suis revenu me soigner en France. Mon contrat n’a donc pas abouti. Mauvais choix, blessure, voilà pourquoi je me suis retrouvé en CFA2. Mais grâce à Dieu, ça fait un bon moment que je me sens très bien, je reviens doucement. J’ai eu l’opportunité par l’intermédiaire d’un agent anglais de venir en Islande pour me relancer et me redonner une chance si Dieu le veut car ça peut être un bon tremplin vers les championnats plus huppés qui se situent à côté comme le Danemark ou la Norvège. Tout comme mon ami Ondo d’ailleurs, qui aujourd’hui est en D1 en Norvège. Ça peut donc aller très vite. Je suis jeune, à moi de travailler très dur. Pour notre premier match de championnat on a gagné 3-2 donc ça va, c’est toujours important de bien rentrer dans une compétition ».

Épargné par les blessures et heureux de son choix de carrière, Yacine Si Salem peut donc entrevoir des jours meilleurs et remettre sur de bons rails une carrière prometteuse. À 23 ans, le milieu de terrain envisage-t-il de retrouver rapidement l’Hexagone ? Il ne ferme pas la porte à cette hypothèse, mais préfère prendre son temps : « Oui, je serais intéressé par un retour dans l’Hexagone. Mais pour le moment, je me concentre déjà sur le fait de faire de très bonnes prestations ici. Après, ça viendra étape par étape. Je ne veux plus refaire les mêmes erreurs. J’aimerais faire une bonne saison et intégrer le championnat danois ou norvégien une année encore et après on verra, ça pourra aller très vite. Pour le moment, j’ai ce challenge ici à faire et j’espère y arriver avec l’aide de Dieu mais un challenge dans un autre continent, pourquoi pas dans le futur. On ne sait jamais ». Réussir une belle saison, retrouver un championnat plus huppé et à terme retourner en France, tels sont les objectifs de Yacine Si Salem. Y parviendra-t-il ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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