Avec un onze de départ où sept joueurs alignés d’entrée avaient moins de dix sélections, Laurent Blanc affichait pourtant une équipe jeune et ambitieuse. Mais face à des Biélorusses bien regroupés en défense, mais qui ne se sont pas affolés et qui ont bien tenu le ballon, nos Bleus ont manqué d’imagination et surtout de mouvement. Tout ça sans compter sur un nombre important de déchets techniques (contrôles, passes). Si le manque d’automatismes entre les latéraux et les ailiers peut expliquer le manque de fluidité et de dédoublements qui aurait permis de déstabiliser le bloc adverse, l’absence de centres et de solutions pour le porteur de ballon ont également lourdement handicapé les Tricolores.

Car, comme prévu, la Biélorussie a choisi d’attendre les Bleus dans sa moitié de terrain. En réponse, les Français, avec Malouda et Ménez entre autres, ont trop souvent cherché à insister dans l’axe au lieu d’aérer sur les côtés. Des côtés qu’ont bien utilisé leurs adversaires pour les mettre en danger lors de leurs phases de contre. Tenus en échec à la pause, les hommes de Blanc reviennent des vestiaires avec de bien meilleures attentions, mais ni Hoarau ni M’Vila n’ont su tromper le portier adverse en tout début de seconde période.

Un manque d’enchainements, de mouvements et de jeu en première attention a donc rendu les Bleus inoffensifs face au but puisque hormis deux occasions de Malouda (45e, 53e) et une de Valbuena (70e), rien de plus à signaler. Inefficaces devant, les Français ont également failli en défense. Si l’arrière-garde tricolore n’a pas spécialement été mise en difficulté dans ce match, elle n’a pas su assurer au moins le point du match nul sur les rares incursions biélorusses dans la surface de Lloris. Visiblement inexpérimentée, elle s’incline d’ailleurs sur un cafouillis en fin de match.

Avec ce hold-up parfait, la Biélorussie rejoint donc la Bosnie (vainqueur du Luxembourg 3-0) en tête du groupe D et empêche surtout la France de sortir la tête de l’eau après sa défaite en match amical face à la Norvège en août. Attendu comme le messie, Laurent Blanc réalise des débuts de sélectionneurs plus que compliqués. Si l’inexpérience internationale de certains joueurs peut expliquer une partie de cette défaite, une réaction d’orgueil sera obligatoire en Bosnie mardi prochain. Seul motif d’espoir pour Blanc : le dernier sélectionneur à avoir perdu ses deux premiers matches fut Gérard Houllier qui a par la suite enchainé avec six succès d’affilée.

Homme du match : V. Hleb (6,5) : il s’est d’abord concentré sur son repli défensif pour bloquer les montées de Clichy. Il s’est un peu plus livré ensuite, avec de bonnes inspirations dans ses orientations de jeu et ses accélérations. À peu à peu disparu au fil de la deuxième période. Mais il se réveille au meilleur des moments : grâce à sa persévérance et sa bonne combinaison avec son frère face à Clichy dans la surface de Lloris, il offre le but de la victoire sur un plateau à Kislyak (86e). Remplacé par Putsilo à la 89e.

France :

- Lloris (5,5) : en première période, même si les Biélorusses sont venus quelques fois aux abords de sa surface, le Lyonnais n’a quasiment rien eu à faire. Malheureusement pour lui, la seule très grosse occasion adverse a fini dans ses filets. Une frappe sur laquelle il ne peut rien faire.

- Sagna (5) : est souvent monté afin d’apporter une solution offensive, mais il a rarement été servi par l’ailier droit. Une aubaine pour les Biélorusses qui se sont souvent infiltrés dans son dos pour mener leurs contres. Mais avec l’entrée en jeu de Valbuena, il a été davantage servi. Néanmoins, ses imprécisions dans ses centres ont privé les Bleus du jeu de tête d’Hoarau.

- Rami (5,5) : rarement mis en danger, le Lillois a trop souvent cherché à se compliquer la tâche dans ses relances. Mais comme souvent dans ce genre de match, il faut savoir rester concentré jusqu’au bout. Ce qui n’a pas été le cas sur le but biélorusse.

- Mexès (5,5) : pour son deuxième match aux côtés de Rami, le Romain a vécu une soirée plutôt tranquille jusqu’au but adverse. Propre dans ses interventions, il a, comme Rami, souvent remporté ses duels. Mais un manque de vivacité sur le porteur du ballon le met en retard dans son intervention sur Hleb qui amène le but biélorusse.

- Clichy (6) : très offensif, le Gunner a eu le même problème que Sagna. Son manque d’automatisme avec Malouda a empêché la multiplication de dédoublements nécessaires pour déstabiliser une équipe très regroupée en défense.

- M’Vila (6,5) : bien dans son match, le Rennais n’a pas eu énormément de travail dans la récupération étant donné que la Biélorussie est rarement sortie de sa moitié de terrain. Appliqué dans ses transmissions, il a été l’un des rares Bleus a joué en une ou deux touches de balles. Très performant en interceptions, il profite d’une belle anticipation lui permet d’enchaîner une belle frappe (48e). La seule satisfaction de la soirée côté bleu.

- Diaby (5,5) : moins fringant que durant les matches pré-Mondial, le Gunner a longtemps cherché sa place sur le terrain. Évoluant dans une position assez haute, l’ex-Auxerrois n’a pas été aussi percutant qu’à l’accoutumée.

- Ménez (6) : positionné sur le côté droit de l’attaque tricolore sur la feuille de match, le Romain a souvent dézoné pour se recentrer. Avec Rémy il a d’ailleurs permuté à de nombreuses occasions pour laisser définitivement le flanc droit à Valbuena quand ce dernier a remplacé Rémy. Mais s’il s’est montré actif, l’ancien Monégasque s’est trop de fois compliqué la tâche en portant beaucoup le ballon. Du coup, face à un bloc défensif regroupé, cela a empêché des enchainements qui auraient pu désorganiser l’adversaire. Remplacé par Saha (69e) qui a une nouvelle fois été victime de malchance en sortant sur blessure. Remplacé par Gameiro (79e) .

- Malouda (6) : promu capitaine pour cette rencontre, le joueur de Chelsea a, à l’instar de Ménez, cherché à repiquer dans l’axe avant de reprendre son côté gauche. Une grosse frappe juste avant la pause a certes été la plus belle occasion de la première période, mais son manque d’automatisme avec Clichy a privé les Bleus de munitions pour les attaquants. Profite d’une déviation d’Hoarau sur une touche pour se créer une deuxième très grosse occasion de la tête (53e). A la 62e il pense avoir débloqué la situation, mais son but est logiquement refusé.

- Rémy (non noté) : souvent sur le côté gauche, le Marseillais a beaucoup de fois réalisé des permutations avec Ménez. A la 16e il reprend d’une tête plongeante un corner de Ménez. Fait de bons appels intéressants et c’est l’un des seuls éléments offensifs à être très actif face au bloc défensif biélorusse. Manque de chance, il se blesse tout seul aux adducteurs. Remplacé par Valbuena (33e) (noté 6,5) qui s’est rapidement mis dans le bain en frappant au but deux minutes après son entrée en jeu. Remuant, il manque de réussite sur un lob tenté en première attention (70e). Pas récompensé de ses efforts.

- Hoarau (6) : le Parisien est souvent redescendu pour venir toucher du ballon. Face à l’absence de centres ainsi qu’à la volonté de joueurs tels que Ménez et Malouda d’insister dans l’axe, le Réunionnais a eu très peu d’actions exploitables. De plus, alors que la taille sur coup de pied arrêté a longtemps été un manque pour les Bleus, ses coéquipiers ont mis un certain temps avant d’utiliser son gabarit sur corner notamment pour apporter du danger. En début de seconde période, Valbuena centre en première intention, mais sa frappe passe au-dessus.

Biélorussie :

- Zhevnov (6,5) : sa concentration et ses interventions en première mi-temps ont permis de rassurer sa défense. Présent sur les frappes des Tricolores (45e+1, 47e, 49e), il n’a jamais pris de risques, préférant dégager des poings. Un premier gros loupé à la 60e, mais sans conséquence. Impérial sur la double occasion de la 71e, mais une petite frayeur dans la foulée. Précieux.

- Shitov (5) : moins porté vers l’offensive que son homologue côté droit, il s’est montré solide dans les duels. Un peu moins sûr dans son placement, il s’est toutefois concentré avec réussite sur ses tâches défensives.

- Martynovich (6) : il perd un ballon dangereux (16e), mais il s’est ensuite bien repris avec plusieurs bonnes interventions dans les pieds de Rémy (24e, 27e). Moins impérial dans les airs, notamment face à Hoarau, il s’en est tout de même plutôt bien tiré.

- Omelyanchuck (6) : plusieurs bons retours défensifs (12e, 16e), il s’est contenté de rester le plus sobre possible. Solide et souvent bien placé mis à part quelques erreurs d’inattention sans conséquence.

- Yurivich (6) : a beaucoup arpenté son côté gauche en première période, n’hésitant pas à monter dès que possible. Il a alors participé aux meilleures offensives de son équipe. Obligé de rester plus bas après l’entrée de Valbuena, il a semblé un peu moins à l’aise dans ce rôle défensif, en atteste les nombreux ballons touchés par le marseillais.

- Tigorev (5) : il s’est d’abord illustré par un carton jaune récolté rapidement (14e). Utile pour densifier l’axe et combler certaines brèches, mais finalement assez peu en vue dans le jeu.

- Kulchy (6) : bien entré dans le match, comme sur cette frappe contrée dès la 7e. Globalement un bon travail de récupération et un rôle de première rampe de lancement pour son équipe. Il a cependant baissé de rythme en seconde mi-temps et a parfois fait preuve d’un peu trop de précipitation.

- V. Hleb (6,5) : voir ci-dessus.

- A. Hleb (6) : positionné à gauche, il a eu du mal à entrer dans son match et a semblé a court de compétition. Plus en vue après la pause, on l’a même vu redescendre prêter main-forte à Yurivich, mais un peu trop de déchet malgré une excellente qualité technique. Sa belle entente avec son frère conduit au but victorieux.

- Kutuzov (5) : peu en vue, il a eu du mal a se situer. Peu de ballon touché, il a en plus eu tendance à ralentir un peu le jeu des siens. Trop de déchets techniques pour peser sur la rencontre. Remplacé par Kyslyak à la 75e qu’on a pas beaucoup vu lors de son entrée. Il a cependant le mérite de se trouver au bon endroit sur le centre en retrait de V.Hleb, à hauteur du point de penalty, pour poignarder les Bleus à moins de cinq minutes du coup de sifflet final (86e).

- Rodionov (6,5) : finalement l’attaquant le plus en pointe, il s’est montré utile pour conserver le ballon et faire respirer son équipe. Averti juste après la pause (49e). En bonne position à la 58e, il dévisse sa frappe. L’attaquant biélorusse le plus en vue et remplacé à la 85e par Kornilenko.