C’est dans un contexte assez tendu, qui faisait craindre des débordements, que l’équipe de France de football accueillait ce lundi soir la Turquie dans le cadre des éliminatoires à l’Euro 2020. Si les Bleus s’imposaient, les joueurs de Didier Deschamps validaient totalement leur billet pour la compétition continentale. Le sélectionneur national décidait donc d’aligner quasiment la même équipe que contre l’Islande sauf que Ben Yedder évoluait en lieu et place d’Olivier Giroud et que Lucas Hernandez prenait position dans le couloir gauche à la place de Lucas Digne. Enfin, dans l’animation, Blaise Matuidi quittait l’aile gauche pour la laisser à Kingsley Coman. Le fait que le milieu de terrain de la Juve occupe le double-pivot avec Corentin Tolisso repoussait Moussa Sissoko sur l’aile gauche.

Dès le début de la rencontre, les Tricolores montraient qu’ils avaient envie de remporter cette rencontre. Griezmann semblait bien en jambes, tout comme Kingsley Coman. Wissam Ben Yedder, lui, multipliait les appels pour créer des brèches dans la défense turque. Bien décalé par Coman, Griezmann pénétrait dans la surface de réparation, mais sa frappe était repoussée par Mert Günok. Le cuir revenait sur Moussa Sissoko qui trouvait à nouveau le dernier rempart adverse sur sa route (17e). Gunok allait être l’homme de cette première demi-heure puisqu’il captait une tête de Griezmann (21e) et une frappe de Sissoko (25e). Les Turcs ne parvenaient pas à s’approcher des buts de Steve Mandanda et pis encore, il ne passait pas le milieu de terrain, les Bleus monopolisant le ballon et pressant à bon escient. Ainsi, Griezmann s’offrait une belle frappe non cadrée (36e) et Mandanda bougeait un peu en sortie tout en autorité devant Yilmaz (40e). À la pause, avec un score nul et vierge, les Turcs s’en sortaient donc plutôt bien.

Giroud croyait délivrer les Bleus

Au retour des vestiaires, on pensait que les visiteurs étaient un peu mieux en obtenant un bon coup franc. Mais finalement aucune tête n’était trouvée et Steve Mandanda se couchait bien (50e). Mais finalement c’était bien les champions du Monde qui reprenaient le ballon et qui le conservaient. Ainsi, suite à une belle course, Lucas Hernandez tentait sa chance, mais croisait trop sa tentative (55e). Mais il fallait se méfier. Sur un contre, Karaman remettait en extension au-dessus de Clément Lenglet, mais Burak Yilmaz envoyait sa frappe dans les airs (59e). La tension retombait un tout petit peu et les Français faisaient attention au pressing turc.

Alors, les Tricolores tentaient d’assiéger le but adverse, car, rappelons-le, un billet pour l’Euro était en jeu en cas de victoire. Deschamps décidait de faire rentrer Olivier Giroud en lieu et place et Wissa Ben Yedder (72e). Un penalty aurait pu être accordé pour les Bleus sur un centre de Sissoko, le ballon était contré de la main par Merih Demiral, l’arbitre désignait le poteau de corner (75e). Sur ce coup de pied de coin, botté par Antoine Griezmann, Olivier Giroud surgissait pour envoyer le cuir au fond des filets (1-0, 76e). Mais on le sait, les Turcs sont très dangereux sur coups de pied arrêtés. Ainsi, suite à une faute d’Antoine Griezmann, Calhanoglu envoyait le ballon sur la tête de Kaan Ayhan, qui envoyait le cuir dans un trou de souris pour battre Mandanda (1-1, 82e). Deschamps tentait ainsi tout en envoyant Jonathan Ikoné sur le pré (87e), qui se montrait d’office avec une belle frappe du gauche repoussée (88e). Malheureusement, rien n’y faisait, les Bleus tombaient sur un bon bloc turc. Score final un but partout, la qualification des Français attendra (ou pas) donc la prochaine trêve internationale en novembre.

Revivez le film de la rencontre sur notre live commenté.

- L’homme du match : Günok (7,5) : le portier de Başakşehir a eu l’occasion de s’illustrer pendant la recontre, permettant à son équipe de ne pas perdre. S’il s’impose sans soucis face à Sissoko (2e, 25e), il a sorti le grand jeu face à Griezmann dans la surface repoussant le ballon sur ce même Sissoko dont la frappe a été elle aussi arrêtée (17e). Intraitable jusque-là, il n’a rien pu faire sur la tête décroisée de Giroud pour ouvrir le score (76e). Il est resté dans son match comme l’a montré cet arrêt devant Lemar (79e) et a sauvé son équipe sur la grosse frappe d’Ikoné (88e).

- France

- Mandanda (4,5) : lors de la première période, il n’a pas vu le ballon s’approcher de ses buts. Il est l’auteur d’une excellente sortie, tout en puissance, avant la fin de la première période (40e). Il a dû être plus concentré en seconde période et il n’est pas vraiment exempt de tous reproches sur le but de la tête de Kaan Ayhan (82e).

- Pavard (5,5) : le latéral droit du Bayern Munich est coupable d’une belle perte de ballon, qui aurait pu coûter cher. Sinon, on a pu le voir proposer offensivement sans être toujours bien servi. Il remonte bien le ballon sur l’action qui amène le corner de Griezmann pour la tête de Giroud (75e).

- Varane (5) : les deux défenseurs centraux français dont le capitaine Raphaël Varane ont eu affaire au physique imposant de Burak Yılmaz. Pourtant, ils s’en sont très bien sortis, gagnant leurs duels aériens. Le Madrilène a, en outre, bien réussi à lire les trajectoires pour couper les quelques ballons chauds à gérer. Il se fait avoir au marquage sur l’égalisation turque (82e).

- Lenglet (5,5) : Clément Lenglet a eu le même travail que Varane à faire et il l’a plutôt bien fait aussi en se montrant serein et surtout prenant quelques risques dans la relance pour faire bouger les lignes adverses. Il a tenté sa chance sur un corner, mais sa tête n’était pas cadrée (28e). Il a tenté de remotiver les troupes après l’égalisation turque, mais honnêtement, il n’a pas grand-chose à se reprocher.

- Hernandez (6,5) : avec ou sans lui ce n’est pas tout à fait pareil. Quel abatage ! Que ce soit offensivement ou défensivement, il a tout fait en première période. Souvent plus prompt que son adverse à récupérer le ballon, il est à l’origine de la double occasion des Bleus en début de match (17e).

- Tolisso (6) : le match des milieux de terrain n’a pas été simple. Quasiment tout le temps, Corentin Tolisso a eu à récupérer le ballon rapidement, bien aidé par le pressing de ses coéquipiers, et surtout à relancer vite et proprement vers l’avant. Le milieu de terrain du Bayern Munich a fait le job malgré quelques imprécisions, parfois, dans ses gestes. Mais sa qualité de jeu long reste exceptionnelle.

- Matuidi (6) : contrairement à la rencontre face à l’Islande, Blaise Matuidi n’était pas sur l’aile, mais bien au milieu de terrain avec Corentin Tolisso. Il s’est bien projeté vers l’avant tout en récupérant un nombre maximum, comme à son habitude, de ballons. Toujours aussi précieux en deuxième période par son travail de harcèlement. Remplacé par Thomas Lemar (76e) qui s’est tout de suite mis en évidence par une frappe dans un angle fermé (77e).

- Coman (6) : les jambes en feu, l’ailier du Bayern Munich envoie Griezmann vers le but pour la plus grosse occasion française de la première période (17e). Ensuite, il s’est un peu emmêlé les pinceaux quand il fallait dribbler. Toutefois, il a été le principal animateur du jeu offensif des Bleus avec Antoine Griezmann. En seconde période, il s’est régalé et a été replacé à droite suite à l’entrée de Lemar. Remplacé par Jonathan Ikoné (87e), qui s’est montré dangereux instantanément avec une frappe bien repoussée (88e).

- Griezmann (7) : Avec Sissoko, c’est celui qui a eu le plus d’occasions côté français. Il trouve sur sa route le portier turc (17e, 21e) et son amour de frappe enroulée passait à côté (36e). Il a souvent tenté d’accélérer balle au pied, mettant le feu dans la défense turque. Très impliqué, on l’a beaucoup vu râler auprès de l’arbitre et demander du changement à Didier Deschamps. Il frappe magnifiquement le corner sur la tête d’Olivier Giroud (76e).

- Sissoko (5,5) : positionné ailier droit, le joueur de Tottenham a été le Bleu le plus dangereux de la première période. Par deux fois, l’ancien Toulousain a trouvé sur sa route le portier turc. La première fois sur une frappe puissante bien repoussée (17e) et ensuite sur une frappe un peu trop écrasée (25e). L’ennui ? Il met trop de temps entre son contrôle et sa passe. C’est lui qui centre avant le corner de Griezmann sur la tête de Giroud (76e). Repositionné dans l’axe après l’entrée de Lemar.

- Ben Yedder (5) : il gagnerait à être un brin plus égoïste. S’il a souvent joué en une touche de balle que ce soit pour Coman ou pour Griezmann, il aurait probablement pu conserver parfois plus le cuir afin de tenter sa chance. Très intéressant dans la construction, il a surtout servi, en première période, de faire valoir aux autres éléments offensifs. Remplacé par Olivier Giroud (72e), qui n’a pas tardé à trouver le chemin des filets (76e).

- Turquie :

- Günok (7,5) : voir ci-dessus.

- Çelik (5) : le défenseur du LOSC n’a pas eu la vie facile face à Coman ou encore Hernandez, très remuants et très présent dans ce match. Le latéral droit a perdu la plupart de ses duels tout en réalisant quelques pertes de balles et quelques fautes. Remplacé par Kaan Ayhan (53e) qui est très bien entré dans son match, comme lors du match aller. Le latéral droit du Fortuna Düsseldorf s’est offert le but de l’égalisation de la tête sur un coup franc plein axe de Calhanoglu (82e).

- Demiral (6,5) : s’il a eu très peu de temps de jeu avec la Juventus cette saison, le défenseur central n’a pas laissé planer de doute sur son investissement. Des duels remportés, des interceptions face aux offensives françaises, le numéro 3 turc a donné de la voix et a montré le chemin à suivre dans cette rencontre sur le premier acte. S’il a reconduit sa performance en deuxième mi-temps, mais il aurait pu être sanctionné d’une main dans al surface. Sur le corner qui a suivi, Giroud a ouvert le score (76e).

- Söyüncü (6,5) : bien inspiré par son homologue en défense central, le joueur de Leicester s’est lui aussi montré à son avantage malgré les occasions des Bleus. Il a également remporté tous ses duels, n’hésitant pas à sortir de sa surface pour venir gêner les ballons en profondeur à destination des ailiers adverses. Lui aussi a continué sur cette lancée sur la deuxième partie du match et n’a pas craqué en défense.

- Meras (6) : tout comme son coéquipier sur le flanc droit, le numéro 13 a vu face à lui de nombreuses offensives, notamment par l’intermédiaire de Sissoko. Cependant, il a pu profiter des quelques moments d’hésitation français et des occasions bien gérées par son gardien pour souffler un peu alors qu’il a remporté la plupart de ses duels. Une prestation qu’il a continué à développer sur la seconde mi-temps, et ce, malgré les offensives de la France.

- Yokuslu (6) : au vu de la physionomie du match, la tâche première du milieu défensif était évidemment de gérer les assauts des champions du monde en titre. Et le joueur du Celta Vigo a répondu présent lors des 45 premières minutes, interceptant quelques ballons et remportant ses duels. Remplacé par Hakan Calhanoglu (46e - note : 6,5) qui s’est très vite montré avec un coup franc très intéressant devant la surface qui aurait pu servir à ouvrir le score, mais le cuir a été manqué de peu par son équipe (50e). Il a été l’auteur du coup franc amenant l’égalisation de la Turquie (82e).

- Karaman (5) : bien qu’il soit un ailier offensif, il a d’abord fallu se montrer solide défensivement dans un bloc plutôt bien en place et qui a offert quelques difficultés à la France qui est beaucoup passée par son côté. Offensivement, il a été l’auteur de la seule frappe en première période de la Turquie qui a été contré par Hernandez alors qu’il aurait peut-être pu la donner dans un trou de souris pour Yilmaz. (45e). Entreprenant, il aurait pu offrir une passe décisive sur un service du boit du pied pour Yilmaz qui a tiré au-dessus (59e).

- Tufan (5,5) : il a été le Turc le plus en difficulté lors de la première période. Quasiment aucun duel remporté et beaucoup de pertes de balle notamment face à Hernandez sur le côté droit. Il a été l’auteur de deux frappes qui se sont envolées après avoir récupéré le ballon dans puis en dehors de la surface (62e, 73e). Remplacé par Cenk Tosun (81e) qui a écopé d’un carton jaune après une faute sur Pavard (85e).

- Tekdemir (4,5) : lui aussi a perdu pas mal de ballons dans le jeu à cause du manque d’offensives du côté turc, mais il a eu le mérite d’essayer de lancer son équipe. Malheureusement, face à lui, il a trouvé une Équipe de France volontaire et qui n’a pas hésité à se montrer présente dans les duels. La deuxième mi-temps n’a guère été mieux pour lui, qui n’a pas vraiment réussi à s’imposer dans les temps forts de son équipe.

- Kahveci (6) : à l’inverse de son homologue au cœur du jeu turc, il s’est montré plus présent dans les duels qu’il a quasiment tous remportés. Le joueur de Başakşehir n’a pas perdu beaucoup de ballons dans le jeu en première période. Il a offert une prestation bien plus intéressante en seconde période avec un jeu turc bien plus ouvert en attaque amenant des occasions. Il a écopé d’un carton jaune pour s’être énervé après une faute de son équipe (87e).

- Yilmaz (4) : le capitaine turc a montré la marche à suivre au niveau de l’impact avec une semelle sur Hernandez (2e). Outre cela, le joueur de Beşiktaş n’a eu que peu d’occasions à se mettre sous la dent. L’une des rares occasions s’est terminée avec un choc physique face à Mandanda remporté par le gardien français (39e). Il a loupé une occasion en or qui fuit le cadre après un service in extremis de Karaman au-dessus de Clément Lenglet (59e).