Selon Leonardo, son Paris SG est construit pour l’Europe. Ce soir, face au FC Valence, ses joueurs ne lui ont pas vraiment donné raison. Les hommes de Carlo Ancelotti, pris par l’enjeu, n’ont pas brillé, loin de là. Comme pétrifiés, ils ont laissé l’initiative du jeu aux Espagnols. Et s’ils ont rejoint les vestiaires sur un score nul et vierge, ce n’est que parce que les Valencians, Jonas (8e, 33e et 45) et Roberto Soldado (15e) se sont montrés trop imprécis en première période.

Au retour des vestiaires, le Brésilien a réglé ses problèmes de précision, profitant d’une mauvaise relance de Clément Chantôme plein axe pour aller tromper Salvatore Sirigu d’une frappe limpide à l’entrée de la surface (0-1, 55e). Ce but avait pour effet de réveiller légèrement les Rouge-et-Bleu. Un peu plus frais devant après l’entrée de Kevin Gameiro en attaque, les Franciliens trouvaient les ressources mentales pour égaliser.

Sur un rush de l’attaquant français, Ezequiel Lavezzi marquait en deux temps seul face à Vicente Guaita (1-1, 66e). Rassurés, les Parisiens n’étaient malgré tout pas en mesure de reprendre le contrôle du match, devant se contenter de procéder en contre par l’Argentin et son coéquipier Javier Pastore notamment. Ils restaient donc à la portée d’un retour des Ibères, mais ces derniers, bien gênés par Thiago Silva et Blaise Matuidi au-dessus du lot, n’ont pas réussi dans leur entreprise.

Score final (1-1). L’essentiel est acquis et le Paris SG se qualifie dans la douleur pour les quarts de finale après dix-huit ans de disette. Il faudra montrer beaucoup plus inspiré et libéré au tour suivant, contre une équipe qui, sans lui faire injure, sera forcément plus forte que le FC Valence (le Real Madrid, le Borussia Dortmund et la Juventus Turin sont pour l’instant qualifiés). On compte sur Leonardo pour le rappeler à ses joueurs...

L’homme du match : Blaise Matuidi (8) : bon début de match, très vif, Matuidi a coupé un nombre incalculable de ballons et n’a jamais cessé de presser son adversaire. L’ancien Stéphanois s’est démultiplié sur tout le milieu de terrain et son activité a considérablement perturbé le milieu espagnol, Feghouli en tête. Une prestation XXL pour celui qui est à n’en pas douter le meilleur Parisien sur la pelouse ce soir.

PSG :

- Sirigu (5) : pour le portier italien, une soirée plutôt calme avec un arrêt sur un tir de Tino Costa (44e) en fin de première période et un but encaissé sur une frappe lointaine légèrement détournée de Jonas.

- Maxwell (5,5) : on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir tenté de dédoubler avec Lavezzi. Malheureusement pour Paris, un résultat offensif assez pauvre et peu de danger devant le but. Il a complètement abandonné l’attaque pour se cantonner aux tâches défensives, subissant les assauts de l’attaque espagnole.

- Alex (6) : solide dans les duels et dans ses interventions, le roc brésilien a parfaitement contenu les attaques du VCF. S’il contre légèrement la frappe victorieuse de Jonas, Alex n’a pas failli à sa tâche et a livré une copie très correcte.

- Thiago Silva (7,5) : pour son retour à la compétition, le talentueux défenseur brésilien n’a jamais paru en danger et n’a pas failli au niveau de sa concentration. Précieux dans les airs grâce à son impressionnant jeu de tête, il a également réalisé des transversales précises ainsi quelques interceptions bien senties. Au final, un come-back plus que convaincant de l’ancien Milanais.

- Jallet (non noté) : bien calé sur son côté droit, le latéral droit a réalisé un bon début de match comme sur cette superbe intervention sur Jonas dans la surface (7e). Blessé, il a laissé sa place à Van Der Wiel (26e) (5,5). Beaucoup de disponibilité et de nombreuses chevauchées pour le Néerlandais, mais des centres trop peu précis.

- Thiago Motta (5) : pour son retour lui aussi, l’international italien a montré beaucoup d’envie et d’engagement et son jeu de tête a également été un atout de taille pour Paris, notamment sur coups de pied arrêtés. Remplacé par Kevin Gameiro (57e), auteur d’une entrée très convaincante. Décisif sur l’égalisation de Lavezzi, il a apporté de la fraicheur et de la percussion à l’attaque parisienne.

- Matuidi (8) : voir ci-dessus.

- Chantôme (4,5) : pas le Parisien le plus en vue. Englué au milieu de terrain, Chantôme a eu toutes les peines du monde pour exister. Au final très peu de ballons touchés et une influence sur le jeu insuffisante, malgré une fin de match bien meilleure. À son actif tout de même une belle frappe en première intention à la 71e minute mais une passe ratée qui a amené l’ouverture du score de Valence.

- Pastore (5,5) : de nombreux ballons perdus en début de match, mais du mieux par la suite avec et un rôle défensif très précieux. Au final, du déchet en seconde période, mais une présence dans les airs qui a fait beaucoup de bien.

- Lucas (5) : le talentueux Brésilien a fait encore parler sa puissance malgré le peu d’espace laissé par Valence. Reste un apport offensif un peu tendre et quelques mauvaises prises de décision. Mais sa faculté à éliminer son adversaire et à porter le ballon vers l’avant promet beaucoup. Remplacé par Mamadou Sakho (83e).

- Lavezzi (6) : il a beaucoup couru, souvent dans le vide. Généreux dans l’effort, il n’a pas eu beaucoup de bons ballons à négocier. Il a payé la stratégie ultra défensive prônée par Carlo Ancelotti. Néanmoins, c’est lui qui offre l’égalisation du genou à son équipe en deux temps. Averti pour avoir fêté son but en retirant son maillot (67e), il s’est sacrifié en fin de match pour freiner les relances espagnoles et pour gagner du temps tel un vieux briscard.

Valence :

- Guaita (5) : match compliqué pour le portier espagnol. Il n’a eu que peu d’arrêts à faire, mais il a dû s’incliner sur un coup du sort, stoppant la première tentative de Lavezzi avant de renvoyer le ballon sur l’Argentin et de concéder l’égalisation (66e). Parfait par ailleurs dans la lecture du jeu (3e, 65e), dans le jeu aérien (5e, 34e, 40e) et sur le tir de Chantôme (73e).

- Barragan (5) : le latéral droit, titularisé après le forfait de João Pereira, a bien tenu son couloir, contrôlant Pastore (5e, 29e) et prêtant main forte à ses centraux (40e). Solide, il a tenté de se porter vers l’avant sans grande réussite avec des centres pas vraiment dangereux (18e, 37e, 49e).

- V. Ruiz (4) : malgré son positionnement axe droit, le gaucher est resté sérieux. Elégant dans ses sorties de balles, à l’image de cette très belle ouverture pour Jonas (7e). En revanche, il est apparu en difficulté lorsque Lavezzi et ses partenaires arrivaient lancés. Gameiro a amené l’égalisation de l’Albiceleste sur une action de ce genre. Averti (38e).

- Mathieu (6,5) : l’international tricolore s’est bien acquitté de sa tache à un poste inhabituel de défenseur central. Présent au duel, même dans les airs, il a coupé de nombreuses trajectoires et assuré de belles couvertures. Serein balle au bien, il a agréablement surpris dans cette position, lui l’habituel latéral gauche.

- Cissokho (5,5) : l’ancien Lyonnais s’est montré disponible sur son aile gauche, montrant beaucoup d’allant et proposant sans cesse. Malheureusement, ses centres (15e, 21e, 79e) n’ont pas été à la hauteur de son envie.

- Albelda (4,5) : le capitaine du club valencian s’est comporté comme un métronome à son habitude. S’il a parfois eu un peu tendance à ralentir le jeu, il a compensé par un placement impeccable. À souligner une frappe largement au-dessus (20e). Averti (22e). Remplacé par Banega (46e) (6,5). Le n°10 a apporté sa touche technique, verticalisant davantage le jeu et se glissant à souhait entre la défense et le milieu parisien. Précieux. Averti (90e +2).

- Costa (5,5) : l’Argentin a abattu un gros travail dans l’entrejeu même s’il s’est parfois un peu trop engagé physiquement. Ses bons corners (8e, 45e, 53e) auraient pu débloquer la rencontre pour son équipe. Sa frappe n’a rien donné (36e).

- Feghouli (5) : le n° 8 de Valence a joué de sa vitesse pour tenter de déséquilibrer Maxwell. Multipliant les mouvements, il a adressé quelques bons centres (14e, 27e) et effectué de belles combinaisons avec ses partenaires d’attaque. Un peu plus en difficulté à l’heure de défendre. Remplacé par Piatti (63e). Son centre de gravité très bas et sa vitesse de jambes ont gêné les défenseurs parisiens. Un centre dangereux à noter (79e).

- Parejo (6) : le meneur de jeu formé au Real Madrid a été un relais intéressant pour ses coéquipiers entre les lignes. Par sa capacité à conserver le ballon et à assurer ses passes, il a fait du bien à la construction du jeu espagnol en première période. Placé un peu plus bas au retour des vestiaires, il a été moins en vue, participant néanmoins à l’effort défensif. Averti (84e).

- Jonas (6,5) : le Brésilien a été l’un des plus remuants dans l’attaque du club ché. Ce n’est pas une surprise s’il a marqué d’une belle frappe à l’entrée de la surface (55e). Il aurait même pu en mettre plus en ne ratant pas les nombreuses situations intéressantes qu’il s’est créées (8e, 33e, 45e). Sa passe a été presque décisive pour Soldado (15e). Remplacé par Valdez (76e). Le Paraguayen a tenté d’apporter sa fraîcheur.

- Soldado (3,5) : très bien pris par Thiago Silva, l’Espagnol n’a eu qu’une seule réelle occasion ce soir, un tir écrasé bien capté par Sirigu (15e). Malgré tout, le capitaine, auteur d’un bon centre en retrait (33e), a tenté de montrer l’exemple, se montrant très actif et volontaire. Averti (80e).