Lens - OM : les notes du match
Le Racing Club de Lens s’est imposé au Stade Bollaert (2-1) contre l’Olympique de Marseille, ce samedi soir, dans ce choc de la 9e journée de Ligue 1. Voici les notes attribuées aux joueurs des deux équipes durant cette rencontre.
Celui qui gagnait la rencontre de ce soir faisait une grande opération dans le peloton de tête. Ce samedi, le RC Lens, sixième au coup d’envoi, pouvait passer devant l’OM en cas de victoire. De son côté, un succès garantissait le trône de leader à la fin de la journée pour les Phocéens. Battus en milieu de semaine sur la pelouse du Sporting CP, les Marseillais avaient envie de se rassurer avec un sixième succès de rang en Ligue 1. Pour ce faire, Roberto De Zerbi décidait de reconduire un Benjamin Pavard en difficulté au Portugal et alignait Robinio Vaz à la pointe de l’attaque. De son côté, Pierre Sage a fait confiance à une attaque Saïd-Edouard-Thauvin.
D’entrée, la rencontre est partie sur des bases très intenses. Les plus pressants ont été les Marseillais. Désireux de l’emporter, les Phocéens se sont procurés les premières occasions de la rencontre avec des ailes Paixao et Greenwood incisives (3e, 5e). Acculés en défense, les Sang et Or n’ont rien eu à se mettre sous la dent et ont logiquement concédé l’ouverture du score. Trouvé à l’entrée de la surface de réparation par Weah, Mason Greenwood, auteur d’un quadruplé la semaine dernière, ne s’est pas posé de questions et a ouvert le score d’une superbe frappe du droit (0-1, 17e). Bizarrement, ce but a coupé les ailes des hommes de Roberto De Zerbi. Soudainement plus craintif, l’OM a fait une erreur sur la première incursion lensoise. Auteur d’une rencontre calamiteuse face au Sporting, Benjamin Pavard s’est encore rendu coupable d’une faute stupide en crochetant Odsonne Edouard dans la surface. Après visionnage de la VAR qui a corrigé l’erreur de Stéphanie Frappart, l’attaquant formé au PSG s’est fait justice d’une belle panenka et a remis les deux équipes à hauteur (1-1, 22e). Dès lors, en proie au doute, Marseille n’a pas trouvé les arguments pour répondre l’envie lensoise à l’instar d’un Robinio Vaz parfaitement muselé par Samson Baidoo tout au long du match. Bien plus entreprenants, les Artésiens ont cherché à doubler la mise avant la pause et ne sont pas passés loin de mettre la tête des Marseillais sous l’eau à de nombreuses reprises.
Marseille cède sa place de leader à Paris
Au retour des vestiaires, les duels sont devenus de plus en plus durs. Poussés par un public incandescent, les Sang et Or ont continué d’accélérer pour prendre l’avantage face à des Marseillais en manque d’inspiration offensive face à un bloc si resserré. Finalement, Lens n’a pas tardé à reprendre l’avantage. Sur un corner très bien tiré par Thomasson, Benjamin Pavard a été poussé à la faute et a marqué contre son camp (2-1, 53e). Sous l’eau cette semaine, l’ancien Bavarois a coûté cher aux Phocéens en étant grandement impliqué dans la défaite à Lisbonne mercredi avant d’être encore cataclysmique ce samedi. Dès lors, Lens a pris la décision de défendre en nombre. Se contentant d’agir en contre, les locaux ont mis à contribution un Geronimo Rulli impérial sur de nombreuses situations (62e, 71e, 83e).
En face, Marseille a tenté de revenir au score, mais s’est heurté à un bloc lensois trop compact et trop bien organisé. Ainsi, hormis une frappe dangereuse de Pierre-Emerick Aubameyang (54e), l’OM ne s’est pas procuré d’occasions majeures pour égaliser à l’image de corners trop mal tirés pour inquiéter la défense artésienne. Ainsi, les Marseillais ont concédé une troisième défaite en Ligue 1 cette saison. Un revers frustrant qui empêche l’OM de s’offrir le trône de leader en Ligue 1. De son côté, Lens peut se féliciter et s’offre la deuxième place du classement avec ce succès de gala.
Homme du match : Baidoo (7,5) : arrivé cet été à Lens sur les conseils de son compatriote Kevin Danso, Baidoo était aligné dans l’axe de la charnière centrale. Opposé au jeune Vaz, vif et percutant, le défenseur autrichien a livré une première période très solide. Concentré et autoritaire dans les duels, il a parfaitement contenu son adversaire direct, récupérant un ballon important à la 29e minute. Très propre dans la relance, il a également coupé plusieurs transitions marseillaises, notamment en intervenant rapidement à la 40e. Une première mi-temps impressionnante de maîtrise et de lecture du jeu pour la recrue lensoise, déjà essentielle dans l’équilibre défensif. Après la sortie de Vaz pour Aubameyang à la 52e, Baidoo a continué à bien contenir l’avant-centre olympien jusqu’à la dernière minute. Un match référence pour lui depuis son arrivée dans notre championnat.
RC Lens
- Risser (6) : battu juste après le premier quart d’heure par une frappe limpide de Greenwood plein axe, le portier lensois n’a rien pu faire tant la frappe de l’Anglais était parfaite (0-1, 17e). Mis à part ce but, Risser a ensuite passé une première période relativement tranquille. L’OM, peu dangereux, ne l’a sollicité qu’à une seule reprise, sur une tête de Pavard bien captée. Une mi-temps globalement calme pour le gardien artésien, impuissant sur l’ouverture du score, mais assez solide sur le reste. Sur une frappe lourde d’Aubameyang plein axe, à la 53e, Risser a dû s’imposer en repoussant le ballon en corner.
- Udol (6,5) : très à l’aise techniquement, Udol était aligné en tant que piston gauche face au duo Weah–Murillo sur son couloir. Souvent en difficulté face à la vitesse de Weah, il a été pris dans son dos à plusieurs reprises, notamment sur l’action du but où l’Américain a facilement trouvé Greenwood dans l’axe. Un peu dépassé par les permutations constantes entre les deux joueurs marseillais, l’ancien Messin n’a pas toujours trouvé ses repères défensifs. Offensivement, il a tenté d’apporter le surnombre, notamment sur un centre à la 43e minute, mais sans parvenir à trouver la bonne zone. Une première période compliquée pour lui, malgré quelques intentions de jeu. En seconde période, Udol a haussé son niveau, en osant et tentant plus, à l’image de son centre parfait pour Thauvin à la 61e, qui a failli faire mouche.
- Sarr (7) : solide défensivement, Sarr s’est illustré dès la 11e minute en annihilant une occasion dangereuse de Vaz grâce à un tacle aussi propre que déterminant. L’ancien joueur de Chelsea a montré toute sa puissance physique et son engagement dans les duels, parfois un peu excessif, comme sur sa faute à la 38e minute. Volontaire offensivement malgré son poste, il a aussi tenté d’apporter du danger, notamment avec un centre à la 34e minute, malheureusement pour Lens, complètement dévissé. L’idée était bonne, mais la réalisation n’a pas suivi. Une première période globalement sérieuse, marquée par de la générosité et quelques imprécisions. Dans son rôle, il a réussi à conserver son niveau lors de la deuxième partie à l’image de sa récupération à la 57e. Il a été infranchissable ce soir.
- Baidoo (7,5) : voir ci-dessus
- Gradit (6) : positionné à droite de la défense à trois, Gradit avait la lourde tâche de contenir Paixão, particulièrement remuant sur son aile. Malgré l’activité du Brésilien, le défenseur lensois s’est montré calme et appliqué tout au long de la première période. Solide dans les duels, il a remporté une tête importante face à Paixão sur le côté droit, avant de contrer une frappe dangereuse du Marseillais à la 45e minute. Une prestation sérieuse et lucide, fidèle à son expérience, qui a permis à Lens de rester solide tout au long de la rencontre.
- Aguilar (6,5) : très présent dès les premières minutes, il a remporté son premier duel face à Emerson dès la 7e minute, obtenant un coup franc pour les Lensois : un signal fort d’entrée de jeu. Par la suite, le piston droit s’est montré plus discret offensivement, manquant parfois de justesse dans ses projections. Sérieux défensivement, mais peu influent dans le dernier tiers, Aguilar a livré une prestation globalement sobre sans réel éclat. Il a stoppé un centre fort de Murillo à la 56e, permettant à Lens de rester à 2-1. Il n’a pas arrêté de courir partout jusqu’à sa sortie à la 85e : remplacé par Saud Abdulhamid.
- Sangaré (6,5) : légèrement plus bas que Thomasson dans l’entrejeu, Sangaré a assuré un travail de récupération essentiel face à des Marseillais entreprenants. Combatif, il n’a reculé devant aucun duel et s’est imposé par son intensité au milieu. Juste avant le retour aux vestiaires, il s’est illustré offensivement en décochant une frappe puissante à la 46e minute, obligeant le gardien olympien à une grosse parade, repoussant le ballon en corner. Il a écopé d’un jaune après une faute à la 88e. Sangaré était tout proche d’inscrire le 3-1 à la 92e, mais Rulli a sauvé les siens. Globalement, Sangaré a livré une prestation solide, pleine d’énergie et d’impact.
- Thomasson (7) : capitaine et véritable moteur du milieu lensois, Thomasson a montré l’exemple par son engagement et son volume de jeu. À la 15e minute, il s’est illustré en récupérant un ballon au forceps face à Paixão, symbolisant son abnégation. Adrien Thomasson a écopé d’un carton jaune à la 34e pour un tacle jugé illicite. Toujours disponible entre les lignes, il a cherché à orienter le jeu vers l’avant et à connecter avec ses attaquants. Précieux dans le repli défensif, il a accompagné chaque montée du bloc des Sangs et Or. Déjà auteur de 5 passes décisives, il a tiré un coup franc parfait, obligeant Pavard à marquer contre son camp à la 54e (2-1) : le 6e but sur corner pour Lens. Une prestation de capitaine ce soir.
- Saïd (5,5) : aligné sur le couloir gauche de l’attaque lensoise, Saïd a souvent repiqué dans l’axe pour combiner avec Thauvin et Édouard. Malgré quelques intentions intéressantes, il a manqué de justesse dans la dernière passe, notamment à la 30e minute où il n’a pas su servir Thauvin, pourtant tout seul dans l’axe. Moins inspiré que ses partenaires offensifs en première période, il a eu du mal à véritablement peser sur la défense marseillaise. Encore trop discret en seconde période, il a été remplacé par Guilavogui à la 69e. Guilavogui a humilié la défense de l’OM à la 78e : seul contre deux joueurs, il a glissé un succulent petit pont à Balerdi avant d’être repris par ce dernier. Après une grosse faute sur Nadir, Guilavogui a été averti à la 83e.
- Thauvin (6,5) : dans un choc de Ligue 1 face à son club de cœur, où il y a joué plus de 280 matchs, Florian Thauvin a livré un match sérieux. Le Champion du Monde 2018 a été très actif, évoluant sur tout le front de l’attaque lensoise. À la 15e minute, il a failli tenter sa spéciale — une enroulée du pied gauche — mais l’OM a bien défendu et il a finalement préféré décaler Aguilar sur le flanc droit. Toujours mobile, il a réussi un joli petit pont sur O’Riley à la 41e avant de tenter une frappe du gauche de loin, trop croisée, qui est passée à côté du but marseillais. Malgré ces occasions manquées, Thauvin s’est montré omniprésent et volontaire face à un Emerson méfiant. Bien trouvé par Udol à la 61e, Thauvin a failli inscrire le 3e but lensois de la tête, mais Rulli a sauvé le ballon sur sa ligne. Il a finalement été remplacé par Sima à la 80e.
- Édouard (7) : après avoir déclaré qu’il rêvait encore un jour de jouer en Équipe de France, Odsonne Édouard a initialement été accusé de simulation après un duel avec Pavard. Mais Odsonne Édouard a finalement obtenu un penalty à la 19e minute, à juste titre. Quelques instants plus tard, il a transformé l’occasion d’une panenka parfaitement dosée, trompant largement Rulli à la 23e minute (1-1). Toujours très actif, l’attaquant, formé au PSG, a ensuite tenté de décaler Aguilar dans le dos de la défense à la 30e, mais Emerson a coupé l’action. Légèrement plus discret en seconde période, Pierre Sage a décidé de le remplacer par Fofana à la 80e.
Marseille
- Rulli (4) : une rencontre frustrante pour l’international argentin, qui a concédé l’égalisation d’Édouard (23e), sur une belle panenka, dès le premier tir cadré lensois. Il a également connu des maladresses sur ses relances balle au pied, souvent gêné par le pressing avant-centre de Lens. Attentif sur la lourde frappe de Sangaré (45e+2), il voit Pavard détourner involontairement le ballon dans ses filets (53e). La chance lui sourit ensuite sur la tête de Thauvin (63e), qu’il stoppe sur sa ligne. Il a failli être pris à défaut sur un centre-tir d’Udol (71e). En fin de rencontre, il s’emploie parfaitement sur l’ultime occasion lensoise. (90e+2).
- Aguerd © (5,5) : comme à l’accoutumée, l’international marocain a été le meilleur défenseur de son équipe. Toujours bien placé, toujours dans l’anticipation, il a su museler Edouard, même si ce dernier finit avec un but sur penalty. Il empêche notamment Marseille de prendre un troisième but, en freinant le ballon sur la tête de Thauvin (63e).
- Pavard (2) : si Emerson avait capté les attentions après le revers à Lisbonne, le champion du monde 2018 avait aussi connu un match compliqué, lui qui avait contré le ballon sur le second but du Sporting. Attendu ce soir, il aura été à nouveau en difficulté, commettant cette faute sur Odsonne Édouard - sanctionné d’un carton jaune - qui a mené à l’égalisation lensoise (19e). Sa sortie haute a mené à un contre artésien, qui aurait pu faire mal sans l’intervention d’Emerson (31e). Son calvaire a continué au retour des vestiaires puisqu’il détourne un ballon de Thomasson dans la cage de Rulli (53e). Son calvaire se termine à l’heure de jeu, remplacé par Bilal Nadir (60e). Le milieu a tenté de lancer Aubameyang (62e), mais son ballon est stoppé par Baidoo.
- Murillo (3,5) : un positionnement plus axial que d’habitude pour le numéro 62, qui a longtemps formé un carré avec Vermeeren, O’Riley et Greenwood. Une initiative qui devait permettre de densifier le milieu. Mais il s’est rapidement effacé. En deuxième période, il a le plus souvent occupé le côté droit et tenté de trouver ses partenaires via quelques accélérations et des centres. En vain. Remplacé par Angel Gomes (74e).
- O’Riley (3) : contrairement à son homologue belge de l’entrejeu, le milieu danois a été plus invisible. Moins impressionnant dans la récupération ou même dans sa proposition avec le ballon, il a paru totalement perdu sur le terrain et a cédé sa place à un quart de la fin. Remplacé par Pierre-Émile Højbjerg (74e)
- Vermeeren (5,5) : jeu direct, ballons récupérés et surtout une impressionnante mobilité pour le Belge, toujours disponible et souvent trouvé par ses ppartenairespour initier les actions offensives marseillaises Il a notamment tenté de trouver Vaz dans la profondeur en première période, mais Baidoo a muselé le jeune olympien. La seconde période a été plus difficile et il s’est effacé au fil des minutes. Sur le second but de Lens, il laisse Said lui passer devant, avant que Pavard ne détourne le ballon dans ses buts.
- Weah (4) : passeur décisif, l’Américain a alterné entre le bon et le moins bon, tentant de provoquer et d’accélérer face à Matthieu Udol, avec plus ou moins de succès. Touché à la jambe gauche, il cède sa place en début de seconde période. Remplacé par Leonardo Balerdi (52e).
- Emerson (4,5) : après son expulsion stupide contre le Sporting, l’Italien était attendu à Lens. Aligné en tant que troisième central, il aura réalisé une prestation plutôt solide sur le plan défensif, avec notamment une bonne couverture devant Edouard (29e) et une excellente intervention juste devant Thauvin pour rattraper la bévue de Pavard (31e). En revanche, cela a été plus compliqué sur les coups de pieds arrêtés.
- Greenwood (6) : et de sept pour le numéro 10 marseillais, meilleur buteur de Ligue 1 (à égalité avec Panichelli), après cette magnifique frappe enroulée (17e). Tantôt sur son côté droit, tantôt au poste de 10, son positionnement a gêné l’arrière-garde lensoise et notamment Gradit, trop éloigné de lui, lorsqu’il est trouvé par Weah sur l’ouverture du score. Collé à la ligne après l’entrée d’Aubameyang, il a percuté une fois l’OM mener, mais sans succès.
- Paixao (4,5) : après son but contre le Sporting, le Brésilien arrivait avec de la confiance à Lens. Collé à la ligne côté gauche, il a énormément provoqué, a beaucoup accéléré et a souvent tenté sa chance à plusieurs reprises au but. Mais il a été brouillon (17 pertes de balle, 4 frappes bloquées).
- Vaz (3) : une seconde titularisation en championnat assez compliquée pour le jeune Marseillais. Si sa présence dans la surface fait reculer Gradit sur le premier but olympien, il a en revanche eu plus de difficulté face à Baidoo et Sarr, dans la profondeur et dos au jeu. Il a également eu énormément de déchets dans ses transmissions. Remplacé par Pierre-Emerick Aubameyang (52e), qui d’entrée met à l’épreuve Rissier avec une lourde frappe (54e). Il a ensuite été très peu trouvé.