Ligue des Champions : que peut-on attendre du Red Bull Salzbourg cette saison ?

Sensation de la dernière phase de poules de Ligue des Champions, le Red Bull Salzbourg, qui était alors porté par Erling Braut Håland, Takumi Minamino ou encore Hwang Hee-Chan avait posé beaucoup de soucis à Liverpool et Naples. Loupant la qualification de peu en proposant un jeu chatoyant et porté vers l'offensive, la formation autrichienne est de retour cette saison. Dans une poule qui l'oppose au Bayern Munich, à l'Atlético de Madrid et au Lokomotiv Moscou, l'équipe de Jesse Marsch tentera de nouveau de faire déjouer les pronostics.

Les joueurs de Salzbourg célèbrent le but de Dominik Szoboszlai contre le Lokomotiv
Les joueurs de Salzbourg célèbrent le but de Dominik Szoboszlai contre le Lokomotiv ©Maxppp
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On est le 17 septembre 2019 quand un géant norvégien avec un visage de poupon se fait un nom sur la scène européenne. D'un retentissant triplé, Erling Braut Håland, bien aidé par ses coéquipiers, met à terre le club belge de Genk (6-2). Une victoire impressionnante qui met surtout en lumière le bon travail de la formation autrichienne depuis des années. Demi-finaliste de la Ligue Europa 2017/2018 (battu par l'OM), le Red Bull Salzbourg évolue pour la première fois de son histoire dans la cour des grands et va se forger le respect des autres formations européennes. Accrochant Liverpool 4-3 après avoir été mené 3-0, Salzbourg va aussi poser des problèmes à Naples (3-2/1-1) avant de remettre la tête des joueurs de Genk sous l'eau (4-1). Tenant en respect Liverpool pendant près d'une heure et étant à un souffle de créer sensation, l'équipe autrichienne s'inclinera finalement 2-0 lors du dernier match contre les Reds et sera reversée en Europa League. Une fin décevante pour Salzbourg qui aura néanmoins porté fièrement les couleurs de son pays.

Comme le dit si bien une série télévisée célèbre, l'hiver est venu et les soucis avec pour Salzbourg. Brillants dans la compétition vitrine par excellence, la Ligue des Champions, les individualités de l'effectif de Jesse Marsch s'arrachent comme des petits pains. Takumi Minamino file ainsi à Liverpool tandis que le Norvégien Erling Braut Håland signe au Borussia Dortmund. Son compère sur le front de l'attaque Hwang Hee-chan sera dans le viseur de Wolverhampton et de l'Olympique Lyonnais, mais il sera finalement conservé et vendu au dernier mercato estival, au RB Leipzig. Perdant ses hommes forts de l'attaque, le Red Bull Salzbourg vivra des mois de février et mars très compliqués en se faisant humilier par l'Eintracht Francfort (4-1/2-2) puis en étant relégué à distance par le LASK en championnat. Cependant, la dégringolade de l'ancienne équipe de Valérien Ismaël et la prise de pouvoir de Dominik Szoboszlai permettront d'assurer l'essentiel avec un nouveau titre de champion national, le 14e de l'histoire du club.

Dominik Szoboszlai et Patson Daka, les hommes forts de Salzbourg

S'extrayant d'un barrage compliqué face au Maccabi Tel-Aviv (2-1/3-1), le Red Bull Salzbourg a néanmoins réussi à se qualifier une seconde année consécutive en phase de poules de Ligue des Champions. Une performance qui permet de garantir un peu plus la place du club autrichien parmi les clubs outsiders sur la scène européenne. En championnat, les choses se portent bien avec une première place et déjà 5 victoires en 5 matches et 19 buts inscrits. Preuve d'une excellente dynamique ainsi que de la mise en place d'un nouveau système viable sur le plan offensif. Se basant sur ce qui avait bien marché en fin de saison dernière, Jesse Marsch a opté pour un 4-4-2 avec un double pivot. Gêné par les blessures en ce début de saison, Zlatko Junuzovic y est normalement incontournable, mais les jeunes Mohamed Camara (20 ans) et Enock Mwepu (22 ans) profitent de ses pépins pour tirer leur épingle du jeu. Le Ghanéen Majeed Ashimeru (23 ans) a également prouvé qu'il était une alternative crédible. Des joueurs solides physiquement et dotés d'une belle capacité à faire les efforts tout en étant propre techniquement. Cependant aucun d'entre eux ne dispose de la touche technique de Zlatko Junuzovic dont la présence est capable de transfigurer l'entrejeu. Dans les couloirs, deux hommes se tirent la bourre pour une place de titulaire en ce moment, ce sont Masaya Okugawa (24 ans) et Noah Okafor (20 ans).

Arrivé de Bâle l'hiver dernier, le Suisse a un léger avantage, mais cela ne se traduit pas encore définitivement dans l'esprit de Jesse Marsch. Contre le Lokomotiv Moscou lors de la première journée de la Ligue des Champions, il avait préféré opter pour Enock Mwepu dans une position de faux joueur de côté afin de solidifier un peu plus son équipe. L'autre poste dans le couloir gauche est occupé par Dominik Szoboszlai. Le milieu hongrois est sur la lancée de sa saison dernière et affiche déjà 4 buts et 7 passes décisives en 9 matches. Plus que jamais, le voilà installé en tant que métronome et patron de son équipe. Outre sa lourde frappe et sa science de la passe, le natif de Budapest a surtout grandi et fait preuve d'une grande régularité. Auteur d'un bijou contre le Lokomotiv Moscou, il risque bien de poser des soucis à l'Atlético de Madrid et au Bayern Munich. Enfin devant, Patson Daka est le remplaçant officieux d'Erling Braut Håland. Dans un registre différent de son ancien coéquipier, le Zambien affole les compteurs et compte déjà 12 buts et 5 passes décisives en 10 matches. Nécessitant de l'espace pour s'exprimer, il en bénéficie souvent grâce à son équipe, mais devra passer au curseur de la Ligue des Champions. Pour l'accompagner, deux joueurs se tiennent en respect. Mërgim Berisha (22 ans) et Sekou Koita (20 ans) alternent sur le front de l'attaque. Avantage au second qui a débuté contre le Lokomotiv et qui compte déjà 5 buts et 4 passes décisives en 10 matches.

Si Salzbourg dispose de plusieurs garanties afin de vivre une bonne saison, le révélateur européen est bien différent. Quelques doutes subsistent défensivement puisqu'en dix matches toutes compétitions confondues, le Red Bull Salzbourg n'a obtenu que 3 clean-sheets. Un chiffre insuffisant pour une équipe de ce calibre, surtout sur la scène nationale où le club est ultra-dominant. Si le gardien Cican Stankovic est indiscutable et offre certaines garanties sur la scène nationale, il est cependant un peu plus limité lorsque le niveau s'élève. Il reste néanmoins une valeur sûre du secteur défensif au même titre que le capitaine emblématique Andreas Ulmer (34 ans) sur le flanc gauche. Fiable en championnat et disposant d'une bonne expérience européenne, la charnière formée par André Ramalho et Maximilian Wöber ne manque pas de qualité de relance et se montre excellente dans les duels. Cependant vu que le jeu de Salzbourg est très exigeant, cela laisse pas mal d'espaces aux adversaires et cette gestion de la profondeur peut parfois occasionner quelques soucis. Enfin sur le côté droit, Rasmus Kristensen (23 ans) paye sa blessure de la fin de saison dernière et n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau. Albert Vallci (25 ans) est désormais en concurrence avec le Danois. C'est donc avec un panorama optimiste, mais quelques incertitudes que Salzbourg aborde cette nouvelle édition de Ligue des Champions. Outsiders, les Autrichiens devront déjouer les pronostics face aux deux colosses que sont l'Atlético de Madrid et le Bayern Munich, surtout après le match nul inaugural face au Lokomotiv Moscou (2-2). Pour se permettre de rêver, il faudra vite réagir ce soir contre des Colchoneros balayés par le Bayern Munich mercredi dernier (4-0).

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