Deux victoires en deux matches, huit buts marqués et un seul encaissé. L’équipe de France pouvait difficilement rêver mieux pour débuter ses éliminatoires à l’Euro 2020. De matches historiquement piégeux pour la sélection tricolore, les Bleus version 2019 en ont fait des balades de santé, marquées du sceau de son trio d’attaque Griezmann-Giroud-Mbappé. Fait inédit, les trois hommes ont chacun marqué un but lors des deux rencontres, face à la Moldavie puis l’Islande. Contre les premiers nommés, il n’y avait certes pas de quoi fouetter un chat mais face à l’Islande, c’était déjà un peu plus épineux, notamment face à une défense à 5.

Et pourtant, le trio d’attaque s’est régalé contre les Nordistes. Permutations, combinaisons, appels en profondeur, remises, on les a senti particulièrement complices, comme s’ils avaient eu un déclic commun. En zone mixte, Benjamin Pavard a justifié cette fluidité nouvelle par une meilleure connaissance mutuelle. « On se connaît de plus en plus. Aux entraînements on travaille ensemble. Il y a une très bonne cohésion de groupe, que ce soit sur le terrain ou en dehors et ça se ressent sur le terrain. » C’est aussi l’un des choix du sélectionneur national, Didier Deschamps, que de continuer à aligner le même onze de départ, pour donner encore plus de corps à cette association.

Des efforts partagés, la réussite aussi

Le capitaine Hugo Lloris, lui, voit dans la réussite actuelle des éléments offensifs le résultat d’une menace diversifiée et permanente mais aussi d’un équilibre collectif totalement atteint. « Une des particularités de notre équipe en ce moment, c’est qu’on peut créer du danger dans tous les domaines, que ce soit dans le domaine aérien, au sol, ou dans l’utilisation des espaces, tout en respectant les équilibres parce que c’est la base dans un collectif. À partir du moment où on a une base solide et des milieux de terrain très disciplinés, ça permet à nos joueurs offensifs d’être dans de meilleures conditions et de pouvoir exprimer leur potentiel. »

Les permutations n’ont rien de nouveau, elles étaient déjà là au Mondial, entre un Mbappé attiré vers l’axe, un Giroud qui se met au service du collectif et qui va au charbon et un Griezmann qui comble les espaces libres et voit plus vite que les autres. Face à l’Islande, chacun a pu jouer sa partition sans réduire l’autre au silence. « On est très complémentaire tous les trois devant. On essaye de s’aider les uns les autres pour mettre en lumière le mieux possible nos qualités respectives », confirme ainsi Olivier Giroud, qui a détaillé la répartition des tâches. « Le plus proche de la zone, à la perte du ballon, doit faire l’effort pour le repli défensif. (…) Tout est une question d’équilibre et quand on a le ballon, il s’agit de trouver le déséquilibre adverse, en permutant et changeant de position. » Et puisque chacun a marqué son but, aucun n’est sorti frustré. De quoi imaginer aussi que cette association entre trois joueurs de génération différente a encore un bel avenir.