L’annonce de la liste et les questions des journalistes. Le rituel est toujours le même pour Didier Deschamps. Ce jeudi, le sélectionneur national n’a donc pas changé ses bonnes habitudes. Après avoir dévoilé la liste des 23 Bleus retenus pour affronter la Moldavie (14 novembre) et l’Albanie (17 novembre), DD a répondu à la presse. Et les journalistes avaient de nombreuses interrogations concernant les choix de Deschamps. Un technicien qui a assumé ses décisions, comme toujours. C’était le cas concernant Olivier Giroud. Disposant d’un temps de jeu famélique avec Chelsea, l’attaquant tricolore garde la confiance de son sélectionneur. Toutefois, le champion du monde 98 a avoué que la situation en club de l’ancien joueur d’Arsenal le préoccupait à quelques mois de l’Euro 2020. Depuis le dernier rassemblement d’octobre, Giroud n’a joué que 21 minutes face à Burnley (26 octobre). « C’est deux minutes de plus ! C’est énorme ! », a lâché ironiquement DD, puisque son joueur n’avait joué que 19 minutes entre les trêves internationales de septembre et octobre.

Il a ensuite confié : « Olivier est un joueur important pour nous. Il le prouve sur le terrain quand il marque et ça lui arrive fréquemment. Et même quand il ne marque pas, c’est un joueur important. La situation n’a malheureusement pas évolué en sa faveur depuis le dernier stage. Mais il est là parce que j’ai confiance en lui par rapport évidemment à ce qu’il a fait avant, notamment lors du dernier rassemblement ». Le sélectionneur a ensuite évoqué l’avenir de son buteur, qui pourrait bien voir la porte s’ouvrir en janvier prochain. « Il n’est pas responsable de sa situation. Il la subit. Il y a des choix qui sont faits et qui donne raison au coach par rapport à ce qu’il se passe sur le terrain. Je ne vais pas m’immiscer dans les choix de Lampard, c’est comme ça. Evidemment que cette situation est bien trop inconfortable par rapport à ses objectifs personnels et en équipe de France. Je ne vais pas anticiper. Je ne le conseille pas, mais je lui ai dit que le mieux pour lui est de jouer. C’est déjà arrivé par le passé qu’il ne soit pas dans une situation idéale. Mais depuis deux mois, c’est très réduit. J’espère que ça va évoluer positivement. Est-ce possible que la position de Chelsea évolue ? Je ne sais pas. Je ne m’inquiète pas aujourd’hui, je lui fais confiance. J’espère que vous n’aurez pas à me reposer la question en mars ».

Les revenants Fekir et Mendy

Deschamps s’est ensuite attardé sur Nabil Fekir et Benjamin Mendy, deux champions du monde de retour dans le groupe France. Concernant l’ancien joueur de l’OL, dont le club vit un début de saison difficile, il a indiqué : « Nabil a changé de club, de championnat. Il est dans une équipe qui a vécu un début de saison pas évident. Mais à travers les matches qu’il a fait, il a toujours ses qualités techniques. Dès qu’il a la balle, il se passe un truc, il est capable de marquer ou de faire marquer. Il n’a pas perdu ses qualités individuelles du jour au lendemain (...) Passer un cap ? Il y a de la concurrence. Les 23 veulent jouer. Je l’ai surtout utilisé en joker en cours de match. Ça fait un moment qu’il est avec nous. Il aspire à avoir plus de temps de jeu. C’est une très bonne chose qu’il puisse être avec nous ».

DD s’est aussi réjoui du retour de Benjamin Mendy. « Bien sûr, il y a de la concurrence à chaque poste. Benjamin est, semble-t-il, épargné par les soucis physiques qu’il avait eu après le Mondial. Il arrive à avoir plus de temps de jeu et une condition athlétique meilleure. Ferland (Mendy) revient lui aussi de deux blessures musculaires. Il a joué un match entier en championnat et un peu plus d’une mi-temps hier. C’est un choix de revoir Benjamin avec nous. C’est important par rapport à ce qu’il a vécu avec nous. Il fait tout ce qu’il faut pour revenir à son meilleur niveau ». Un élément qu’il a tenu à mettre en garde alors qu’il avait pointé son hygiène de vie l’an dernier. « Il a eu un déficit avec sa blessure au genou. A chaque fois qu’il y a des arrêts, le joueur est obligé de retrouver le rythme. Je ne désespère pas pour lui, comme pour les autres, qu’il comprenne que le terrain ne fait pas tout. Comme tout joueur qui a une blessure grave, ça modifie l’équilibre du corps et il faut tout faire pour être bien aussi en dehors. Quand je dis tout, c’est tout, ça n’empêche pas d’avoir une certaine liberté. Là, il semble être sur la bonne route ».

Deschamps soutient Grizi et Umtiti

Ce qui n’est pas le cas d’Ousmane Dembélé (absent de la liste), qu’il a de nouveau rappelé à l’ordre. Le sélectionneur a ensuite évoqué la situation de deux de ses coéquipiers au Barça. Deschamps a commencé par voler au secours d’un Antoine Griezmann qui n’arrive pas encore à totalement trouver sa place chez les Catalans. « Ah pas du tout (il n’est pas inquiet pour lui). S’il est au Barça c’est qu’il le mérite. Il a les qualités. Même s’il y a de grands joueurs, ça ne se fait pas du jour au lendemain, par rapport au système, aux affinités. Il est utilisé dans une position différente que celle qu’il occupe en équipe de France. Il doit s’adapter et les autres aussi. Il n’a pas choisi la facilité, c’est un très grand club avec beaucoup d’attente, dans une équipe avec une identité forte et différente de celle de son ancien club. Mais ça restera toujours un joueur généreux, même quand il est moins bien il est toujours là pour l’équipe. Il a une influence très importante en équipe de France ».

Enfin, concernant Samuel Umtiti (absent de la liste), qui revient de blessure et qui a été devancé par Clément Lenglet en club et en sélection, il a voulu lui tendre la main. « Il a fait un premier match il y a une dizaine de jours axe droit avec Lenglet et il a eu un souci. Il est revenu dans le groupe mardi, mais il a peu de temps de jeu. Je ne sais pas exactement les complications qu’il a eu par rapport au problème qu’il avait eu avant et pendant le Mondial avec son genou. Aujourd’hui, Clément Lenglet et Presnel Kimpembe donnent plus de garantie, même je sais très bien que Sam reste Sam. Il a besoin d’être en pleine possession de ses moyens pour pouvoir s’exprimer au maximum, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. Je n’oublie pas ce qu’il a fait avec nous mais il faut comprendre que c’est une période plus compliquée pour lui ». Un cas qui reviendra certainement sur la table lors du prochain rassemblement en mars.