Victor Osimhen (20 ans), auteur d’un début de saison canon (8 buts toutes compétitions confondues), en est l’un des symboles récents, Lille est passé maître dans l’art de dénicher des talents à polir. Interpellé par cette réussite en matière de recrutement, As a longuement interrogé le propriétaire du LOSC Gérard Lopez à la veille de la rencontre face au Valence CF (3e journée de Ligue des Champions). Et l’homme d’affaires a bien voulu en dire un peu plus sur les secrets lillois dans ce domaine.

« Les affaires, c’est savoir recruter. Vendre sans savoir recruter ne te mène nulle part. Pour savoir vendre, il faut savoir recruter. C’est l’une des forces de notre projet et tous les clubs n’ont pas cet équilibre. (...) C’est un projet basé sur les jeunes joueurs, nous sommes l’effectif le plus jeune de Ligue 1 et de la Ligue des Champions, c’est un projet très dynamique, basé sur les ventes et les arrivées, fondé sur les technologies en matière de scouting et aussi en matière de gestion de la captation et de la formation, sur et en dehors du terrain », a-t-il exposé avant d’entrer dans les détails de ce système emmené par Luis Campos, son conseiller.

Plus de 2 000 joueurs observés, une équipe dédiée de 30 personnes

« La Big Data. C’est ça. Comme dans n’importe quelle autre application Big Data, l’intelligence est dans les algorithmes, sur la valeur que nous pouvons sortir des données analysées. Les gens sont surpris de voir comment nous remplaçons les joueurs de manière quasi immédiate. Luis Campos ne peut pas être sur 300 terrains en même temps. Luis et son équipe, 29 personnes travaillent avec lui, étudient d’abord des données et ensuite sélectionnent les joueurs à superviser. Nous avons une base de données de scouting qui est unique », a-t-il glissé, donnant ensuite plus de précisions.

« Nous analysons plus de 2 000 footballeurs chaque année. Mais nous ne le faisons pas sur les données typiques. Nous analysons des données plus complexes, comme le rapport entre un joueur et un système. (...) C’est un schéma complexe, mais facilité par notre logiciel. Nous avons une analyse très profonde en temps réel. Puis, nous appliquons la technologie au niveau nutritionnel, médical... », a-t-il confié avant d’en dire un peu plus sur l’organisation de son réseau tentaculaire à travers la planète football.

« En France, nous avons un groupe fixe de recruteurs. Ensuite, nous avons un circuit en Afrique très développé et cinq personnes qui surveillent l’Europe du Nord, de l’Est et l’Amérique du Sud. Ces groupes changent tous les deux-trois mois, laissant leurs données à ceux qui leur succèdent. Si le jugement sur un joueur est bon pour dix personnes l’ayant supervisé, le risque d’erreur est moindre. La force de notre projet tient dans la capacité à remplacer les joueurs qui partent », a-t-il conclu. De quoi donner des idées à d’autres clubs ?