Dans le cadre de la 32e journée de Ligue 1, l’Olympique de Marseille a totalement sombré (0-3) face au FC Nantes à la Beaujoire et dit quasiment adieu à la Ligue des Champions. Voici les notes du match.
Une victoire ou la fin des illusions, d’un maintien en Ligue 1 pour l’un, d’une qualification en Ligue des Champions pour l’autre. Ce Nantes-OM entre deux équipes en plein doute valait son pesant d’or. Sans leur capitaine, Anthony Lopes, touché au pouce, les Canaris débarquaient à La Beaujoire dans une ambiance particulièrement morose. La grève des encouragements donnait une atmosphère encore plus surréaliste pour une rencontre pourtant capitale. À Marseille, l’ambiance n’est pas meilleure entre la colère des supporters et de grandes tensions au sein du vestiaire. Adbelli n’a même pas fait le voyage, puni par Habib Beye. Il redonnait sa chance à Nnadi en latéral droit, et cette fois, Greenwood débutait avec Traoré en soutien d’Aubameyang.
Malgré ces changements, les Marseillais apparaissaient d’emblée en difficulté. Ils préféraient laisser le ballon à des Nantais plus entreprenants dans le jeu mais inoffensifs. Ils mettaient au moins la bonne agressivité, en dépit de beaucoup de maladresse et d’un manque d’intensité général. Les deux tentatives de Greenwood ne donnaient rien (15e, 19e) et symbolisaient l’apathie de son équipe. Les locaux en profitaient enfin pour se montrer en attaque placée parfois, ou en contre souvent, comme sur ce débordement de Machado dégagé in extremis par Medina devant Abline (21e). La sortie sur blessure du remuant Colombien (26e) n’arrangeait pas cette léthargie générale. Le FC Nantes se donnait tout de même les moyens d’y croire.
L’OM s’est écroulé en 8 minutes
Cabella a bien failli ouvrir le score sur cette passe d’Abline mais l’ancien Marseillais perdait son duel face à De Lange (34e), titulaire ce samedi en raison de la blessure de Rulli. L’habituel numéro 2 enfilait carrément le costume de sauveur en s’imposant devant Kaba au bout d’un contre bien emmené (37e). À la pause, les Canaris pouvaient avoir des regrets, tout en remerciant Carlgren de s’être imposé face à Aubameyang (42e), seule grosse occasion olympienne. Beye n’a pas supporté cette nouvelle prestation amorphe de son équipe et procédait à un double changement en sacrifiant Timber et Aubameyang pour Paixao et Lago (46e). Cette volonté de modifier les choses est à mettre à son actif, mais, avec le recul, ce fut une mauvaise inspiration.
Lago écopait d’un avertissement dès la 49e au bout de cette double opportunité marseillaise. Dans la foulée, Abline s’échappait côté droit et servait Ganago, à la conclusion du droit (1-0, 50e). Le début de la tempête. 4 minutes plus tard, Ganago profitait d’une grossière erreur de Nnadi au milieu pour amorcer le contre que Cabella parvenait à transformer (2-0, 54e). Un énième ballon cafouillé au milieu permettait encore au FC Nantes de repartir de l’avant jusqu’à ce numéro d’Abline au milieu de trois défenseurs (3-0, 58e). L’entrée de Gouiri (65e) a fait un peu de bien avec notamment cette frappe détournée par Carlgren (68e), encore impérial face à Greenwood (85e, 88e). Il était de toute manière déjà trop tard. L’OM avait rendu les armes, dépassé dans tous les domaines, qui a en plus de cela perdu Balerdi (87e) et Traoré (90e+2) sur blessure. La Ligue des Champions s’envole, tandis que les Canaris reviennent à deux points d’Auxerre, barragiste, avec ce premier succès depuis le 22 février.
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- L’homme du match : Matthis Abline (8) : meilleur buteur nantais cette saison avec 7 buts toutes compétitions confondues avant ce match, Matthis Abline a encore été l’un des joueurs les plus remuants offensivement. Très généreux dans les efforts, il ne s’est pas contenté d’attaquer et a également beaucoup travaillé défensivement, comme sur son excellent retour devant Emerson à la 18e minute. Un engagement parfois excessif puisqu’il a écopé d’un carton jaune peu après. Abline a été tout proche d’ouvrir le score sur le centre parfait de Machado à la 20e minute. En manque de confiance à l’image de son équipe, il a ensuite complètement manqué sa frappe à la 32e minute en ratant le ballon. Mais c’est encore lui qui a été à l’origine du but nantais : parfaitement lancé en profondeur par Guilbert, Abline a ensuite intelligemment servi Ganago en retrait, permettant à l’attaquant camerounais d’ouvrir le score (1-0). Il s’est transformé en Neymar avec un double contact majestueux pour éliminer Balerdi et Medina avant d’envoyer une frappe parfaite dans le petit filet adverse pour le but du 3-0 (58e). Il est même venu récupérer un ballon à la 86e. Buteur et passeur, il a confirmé qu’il était bien l’homme fort du FC Nantes.
FC Nantes
- Carlgren (6,5) : propulsé titulaire à la place d’Anthony Lopes dans ce rendez-vous capital, Patrik Carlgren ne disputait que son onzième match avec les Canaris cette saison. Le portier suédois a rapidement rassuré son équipe avec une sortie autoritaire devant Pierre-Emerick Aubameyang dès la 13e minute. Longtemps peu inquiété par des Marseillais assez stériles offensivement, il a malgré tout dû sortir le grand jeu juste avant la pause. Aubameyang a tenté un subtil piqué, mais Carlgren est resté vigilant en repoussant le ballon en deux temps. Une première période sérieuse et rassurante dans un contexte de forte pression pour Nantes. Il a su préserver l’avantage des siens au meilleur moment en réalisant une superbe parade face à la frappe de Gouiri (67e), avant de récidiver à la 82e et 88e.
- Machado (non noté) : aligné sur le côté gauche de la défense nantaise, Deiver Machado avait la lourde mission de contenir Mason Greenwood, principal danger offensif marseillais. Et le Colombien a parfaitement répondu présent durant son court passage sur la pelouse. Très agressif dans les duels, il a notamment réalisé un excellent retour devant l’Anglais à la 15e minute. Mais c’est surtout offensivement qu’il s’est illustré avec une énorme percée balle au pied conclue par un centre dangereux vers Abline, sauvé in extremis par Facundo Medina sur sa ligne. Probablement le Nantais le plus en vue dans l’entame, il a malheureusement dû quitter ses partenaires sur blessure dès la 23e minute. Remplacé par Acapandié (6). L’entrant a dû évoluer sur le flanc gauche, lui qui est habituellement utilisé à droite. Acapandié a très bien contenu l’ancien ailier de Manchester United jusqu’à la fin.
- Cozza (6) : capitaine du FC Nantes dans ce match sous haute tension, Nicolas Cozza devait remobiliser un groupe en plein doute après deux défaites consécutives en Ligue 1. Très impliqué dans ses duels, le défenseur nantais a tenté d’apporter de la sérénité à son bloc, multipliant les consignes et les interventions autoritaires. Dans une équipe qui lutte encore pour son maintien, son leadership était particulièrement attendu cet après-midi. Il a répondu présent aujourd’hui, notamment en étant plutôt propre dans ses relances.
- Awaziem (6,5) : solide dans les duels et impérial physiquement, Chidozie Awaziem a livré une première période très convaincante dans l’axe de la défense. Opposé à un Pierre-Emerick Aubameyang, l’international nigérian a souvent pris le dessus grâce à son impact athlétique et son sens de l’anticipation. À l’image de cette intervention parfaitement maîtrisée à la 34e minute, où il est venu devancer l’attaquant gabonais dans la profondeur. Très agressif dans le bon sens du terme, il a été l’un des garants de la solidité nantaise tout au long du match.
- Guilbert (7) : malgré son expérience accumulée en Ligue 1 avec Strasbourg et Bordeaux, Frédéric Guilbert ne fêtait que sa sixième titularisation de la saison. Aligné dans son couloir droit face à Traoré, le latéral nantais a rendu une copie très propre. Peu mis en difficulté défensivement, il a souvent pris le dessus sur son adversaire direct grâce à son intelligence de placement et son agressivité dans les duels. Offensivement, il a même tenté sa chance avec une reprise de volée lointaine rappelant celle de Benjamin Pavard en 2018, sans réussite mais avec de l’audace. Il a encore remporté un duel important face à son vis-à-vis en fin de première période grâce à une excellente lecture de trajectoire. Après avoir mis Traoré dans sa poche, il a fait de même avec Igor Paixão lors du second acte. Il a été remplacé par Ali Youssif à la 79e.
- Lepenant (6,5) : dans une saison très compliquée pour Nantes, Johann Lepenant fait partie des rares satisfactions. Positionné dans le double pivot avec Sissoko, l’ancien Lyonnais a une nouvelle fois affiché beaucoup d’activité au milieu de terrain. Très propre techniquement et agressif à la récupération, il a coupé plusieurs situations dangereuses, notamment à la 12e minute lorsqu’il est venu subtiliser un ballon précieux dans les pieds de Traoré. Toujours disponible dans les phases de possession, il a apporté de l’énergie et du volume au cœur du jeu nantais jusqu’à la dernière minute.
- Sissoko (6) : repositionné dans un rôle un cran plus offensif depuis l’arrivée de Vahid Halilhodžić, Moussa Sissoko continue d’apporter son expérience dans ce sprint final. Très actif défensivement, l’ancien joueur du RCSA a multiplié les retours et les efforts dans l’entrejeu, notamment dans une lutte constante face à Pierre-Emile Højbjerg. Combatif et généreux, il a répondu présent dans l’intensité. Il s’est toutefois fait surprendre à la 29e minute par un petit pont subtil signé Emerson, rare moment où il a été pris dans cette première période. Sissoko a réussi à garder son niveau en seconde période, continuant d’être présent sur tous les ballons, comme à la 76e. Il a été remplacé par Uroš Radaković à la 79e.
- Kaba (6) : toujours muet cette saison, Mohamed Kaba était titularisé dans un rôle de numéro 10 derrière Ganago pour tenter d’apporter de la créativité dans les trente derniers mètres. Très impliqué défensivement, il a récupéré plusieurs ballons importants, notamment à la 27e minute avec un excellent retour. Mais offensivement, son influence est restée limitée. Et pourtant, il a eu la plus grosse situation des Canaris avant la pause, se retrouvant seul face au but à la 35e minute avant de manquer sa tentative face au portier adverse. En seconde mi-temps, il s’est offert sa 2e passe décisive de la saison sur le but du 3-0, après avoir bien servi Abline (58e). Il a ensuite été remplacé par Coquelin à la 69e.
- Cabella (7,5) : titularisé sur le côté gauche de l’attaque nantaise face à son ancien club, Rémy Cabella avait visiblement à cœur de briller contre Marseille. Très actif entre les lignes, l’ancien international français a obtenu un excellent coup franc à l’entrée de la surface après une faute de Timber, averti logiquement sur l’action. Il s’est ensuite chargé lui-même de la tentative, avec une frappe bien enroulée qui est finalement passée au-dessus de la barre. Quelques minutes plus tard, il a encore failli faire basculer la rencontre en se présentant face au gardien marseillais, mais sa tentative cadrée a été stoppée. L’un des Nantais les plus inspirés lors de la première période. Déjà buteur au Vélodrome en janvier, il est venu crucifier Marseille une nouvelle fois en inscrivant le but du break sur une passe parfaite de Ganago (2-0, 54e). Il a livré une prestation héroïque. Il a été remplacé par Leroux à la 69e. Un choix défensif.
- Abline (8) : voir ci-dessus
- Ganago (8) : préféré à Mostafa Mohamed à la pointe de l’attaque après son but contre Rennes, Ganago n’a jamais réellement réussi à exister en première période. Trop isolé, l’attaquant camerounais a souffert face à la charnière marseillaise. Sa seule tentative notable est arrivée à la 40e minute, avec une frappe trop écrasée dans le petit filet extérieur du but marseillais. Une première période frustrante pour un attaquant qui ne compte toujours que deux buts cette saison. Mais l’ancien Lensois a ensuite clairement monté son niveau d’un cran et a ouvert le score sur une merveille de passe d’Abline, crucifiant De Lange d’une finition précise (1-0, 50e). Il s’est ensuite transformé en passeur sur une offrande pour Cabella (2-0, 54e). Il a livré une seconde période absolument parfaite.
Olympique de Marseille
- De Lange (4,5) : en l’absence de Rulli, touché au dos, le Néerlandais a montré toutes ses qualités. Sauvé par un tacle de Medina, il s’est ensuite appliqué dans la première relance avant de sortir le grand jeu en réalisant une magnifique parade face à Cabella (33e). Encore impérial sur la tentative de Kaba (36e), il ne pouvait cependant rien sur la frappe croisée de Ganago (50e), ni celle de Cabella (54e). Abandonné par sa défense, il s’inclinait encore face à Abline, auteur d’un petit numéro de soliste (58e). Une après-midi très frustrante pour l’habituel numéro 2 de l’OM.
- Emerson (3) : dans un rôle de latéral gauche, l’Italo-brésilien a montré une belle activité malgré des débats globalement pauvres. Solide défensivement, il a tenté d’apporter sur le plan offensif en multipliant les montées. Plus axial en seconde période, il a fini par souffrir face aux attaquants nantais. Une prestation insuffisante.
- Medina (3,5) : présent au coeur de la défense marseillaise, l’ancien joueur du RC Lens a d’abord joué les pompiers de service. Auteur d’un premier superbe retour défensif pour éviter aux siens de courir après le score (20e), il a fait preuve d’une solidité de tous les instants, que ce soit dans les airs ou sur ses interventions au sol. Oui mais voilà, à l’instar de ses coéquipiers, il a lui aussi subi la foudre après la pause. Humilié par Abline sur le 3e but, il n’a rien pu faire et a été averti en fin de match pour un tacle bien trop rugueux (81e).
- Balerdi (3) : aux côtés de Medina, l’Argentin n’a pas toujours rassuré, a souffert face aux offensifs nantais mais aura eu le mérite de ne pas craquer au cours du premier acte. Bien positionné et autoritaire dans son duel avec Abline, il n’a jamais été vraiment pris à défaut, si ce n’est sur ce duel en début de match qui aurait pu profiter à Cabella (33e). En revanche, il n’a pas pu stopper les vagues nantaises au retour des vestiaires et a finalement constaté les dégâts. Blessé et remplacé par Hamzaoui (88e), auteur de sa première apparition en pro.
- Nnadi (1,5) : conséquence directe des nombreux forfaits marseillais pour ce déplacement à Nantes, le jeune Nigérian évoluait dans un rôle inédit de latéral droit. Habituel milieu de terrain, le droitier d’1m76 a logiquement souffert. D’abord face à la vitesse de Machado puis face à l’insouciance d’Acapandié. Coupable d’une terrible perte de balle sur le second but nantais, il a livré une véritable disasterclass. Dramatique.
- Hojbjerg (1,5) : brassard de capitaine autour de l’épaule, le Danois a une nouvelle fois déçu. Souvent imprécis dans ses transmissions et coupable d’un déchet technique évident, il a également souffert face au milieu nantais. Incapable de réagir, il a complètement sombré en seconde période, n’étant que l’ombre de lui-même. Terrible.
- Timber (2,5) : seule réelle satisfaction du dernier mercato marseillais, le transfuge de Feyenoord a vécu un premier acte très compliqué. Souvent en retard et averti pour une faute sur Cabella (31e), il a peiné face à l’intensité nantaise. Son tacle peu après la demi-heure de jeu a d’ailleurs offert un contre en or aux Canaris mais De Lange a finalement sauvé les siens (36e). Remplacé par Paixao (4) à la pause. Le Brésilien a bien tenté d’apporter sa vivacité mais a surtout été l’acteur d’une terrible fessée. Ses percussions n’auront jamais trouvé une fin heureuse mais son état d’esprit est à saluer.
- Vermeeren (3) : en manque de temps de jeu ces derniers mois, le jeune Belge avait une nouvelle occasion de se montrer ce samedi après-midi mais sa performance n’a rien eu d’étincelant. Bousculé dans l’entrejeu, le joueur passé par l’Atlético de Madrid s’est, malgré tout, distingué par quelques bons positionnements entre les lignes nantaises. Dans le marasme collectif des Olympiens, il a aussi été emporté avec des pertes de balle évitables et un manque d’impact certain. Remplacé par Gouiri (65e), tout proche de réduire le score dès son entrée en jeu mais trop discret par la suite.
- Traoré (1,5) : titularisé dans le couloir gauche, l’ancien joueur de l’AJ Auxerre a complètement raté son premier acte. Très brouillon dans ses prises de balle, coupable d’un manque de lucidité évident dans le dernier geste, il n’a rien bonifié. Chahuté par Habib Beye, il n’est jamais rentré dans son match. Repositionné dans un rôle de piston après la pause, il a encore prouvé qu’il n’était pas un joueur à la hauteur des attentes d’un club comme l’OM. Touché après une frappe, il a finalement terminé cette après-midi cauchemardesque blessé…
- Aubameyang (3) : préféré à Gouiri pour débuter à la pointe de l’attaque marseillaise, le Gabonais a vécu un début de match très difficile en étant peu trouvé par ses partenaires. Patient et intéressant dans le premier pressing, il a malgré tout eu une grosse occasion juste avant la pause mais le portier nantais détournait son petit piqué (41e). Remplacé par Lago à la pause (3). Le jeune Olympien a rapidement apporté sa fougue. Averti pour un excès d’engagement (49e), il a finalement subi la suite des événements. Moins trouvé et peu aidé par la tournure des événements, il n’a pas eu l’occasion de se montrer réellement.
- Greenwood (3,5) : remplaçant contre Nice, l’Anglais retrouvait une place de titulaire face aux Canaris. Très motivé et mobile dès l’entame de la rencontre, l’ancien de Manchester United a pris le jeu à son compte. Auteur d’une première frappe non cadrée (14e), il a finalement progressivement disparu des radars. De plus en plus nonchalant et toujours aussi peu impliqué défensivement, il est retombé dans ses travers. Sur un éclair, il aurait pu débloquer la situation mais sa frappe était déviée (48e). Une production bien trop insuffisante et symbolisant les maux traversés par l’OM en cette fin de saison malgré une ultime frappe cadrée (85e).