CAN

L’organisation de la CAN 2028 pose déjà un sacré problème en Afrique

Alors que la CAF se projette déjà vers 2027, l’organisation d’une CAN 2028 sans pays hôte désigné soulève de lourdes inquiétudes, tant les défis politiques, financiers et logistiques s’annoncent immenses.

Par Valentin Feuillette
3 min.
Patrice Motsepe CAF @Maxppp

La CAN 2025 devait être une vitrine du savoir-faire marocain et, jusqu’à sa finale, elle l’a été. Stades modernes, organisation fluide, engouement populaire et niveau sportif relevé… Le Royaume avait presque réussi un sans-faute. Mais la finale entre le Sénégal et le Maroc a tout gâché, avec des décisions arbitrales jugées scandaleuses, une intervention de la VAR au pire moment, un penalty ultra contesté, une sortie des joueurs sénégalais de la pelouse, des supporters en furie envahissant le terrain et les tribunes, des stadiers gravement blessés, des jets de chaises. Bref des scènes de chaos rarement vues à ce niveau international. Même en conférence de presse, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a été hué, symbole d’une tension généralisée. La victoire finale du Sénégal s’est retrouvée presque reléguée au second plan, éclipsée par une fin de tournoi chaotique qui a laissé une trace durable et terni une CAN pourtant réussie jusque-là.

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Les conséquences pourraient être lourdes. La CAF étudie déjà plusieurs dossiers disciplinaires, allant de sanctions individuelles pour certains joueurs ou membres de staff, à d’éventuelles amendes pour les fédérations, voire des matchs à huis clos à l’avenir. Si aucune disqualification n’a été prononcée sur le moment, l’après-CAN s’annonce agité avec déjà plusieurs communiqués publiés. Dans le même temps, l’Afrique du football regarde déjà vers l’avenir, avec la CAN 2027 confiée au trio Kenya-Ouganda-Tanzanie, sous le label Pamoja. Les travaux avancent, parfois dans la douleur, mais les investissements sont colossaux et la volonté politique réelle. Mais un problème réside sur une autre édition puisqu’avec l’adoption définitive d’une CAN organisée tous les quatre ans, une autre édition est prévue en 2028… sans pays hôte officiellement désigné à ce jour. Et c’est là que les inquiétudes commencent.

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Deux candidatures déjà enregistrées

Organiser une Coupe d’Afrique des Nations reste un défi immense pour n’importe quel pays africain. Il ne s’agit pas seulement de stades, mais d’un écosystème complet avec des infrastructures de transport, des aéroports, des routes, des hôtels, des hôpitaux, de la sécurité prête, des centres d’entraînement, de la restauration, de la connectivité, sans oublier la capacité financière à absorber les coûts. Plusieurs candidatures ont déjà été officiellement déposées ou annoncées. L’Éthiopie a confirmé un dossier ambitieux pour 2028, avec la promesse de construire six stades malgré l’absence actuelle d’enceintes homologuées par la CAF. Un pari risqué mais qui reste néanmoins remplie d’espoir. Une candidature conjointe Botswana-Namibie-Afrique du Sud a également émergé, s’appuyant sur l’expérience sud-africaine, mais posant la question de l’équilibre logistique entre pays aux niveaux d’infrastructures très différents. D’autres pistes existent, mais elles sont tout aussi complexes. L’Égypte réfléchit à un dossier, forte de son expérience et de ses installations, tandis que l’Angola, hôte en 2010, a manifesté son intérêt. Le Maroc, malgré la réussite globale de la CAN 2025, envisagerait aussi 2028 comme répétition générale avant le Mondial 2030, mais les polémiques récentes pourraient peser dans la balance.

En parallèle, la CAF traverse toujours des zones de turbulences internes, entre luttes d’influence, arbitrages politiques et ingérences institutionnelles. Plusieurs candidatures ont été évoquées puis abandonnées ces dernières années, comme la Guinée ou le Sénégal, qui ont dû renoncer faute d’infrastructures suffisantes ou de garanties financières solides. À ce stade, la CAN 2028 apparaît comme une équation à plusieurs inconnues. Trouver un pays ou un consortium de pays capable d’assumer les exigences financières, logistiques et sécuritaires, tout en restaurant la crédibilité d’une compétition fragilisée par les scènes de chaos de 2025, sera un défi majeur pour la CAF. La réussite annoncée de la CAN 2027 en Afrique de l’Est pourrait servir de modèle, notamment grâce à la coopération régionale et à la mutualisation des ressources. Mais pour 2028, le temps presse. Et après une CAN 2025 conclue dans la controverse, la moindre erreur pourrait coûter cher à une institution déjà sous pression.

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