PSG : Warren Zaïre-Emery latéral droit, le grand pari gagnant de Luis Enrique
Repositionné au poste de latéral droit depuis la blessure d’Achraf Hakimi face au Bayern Munich, Warren Zaïre-Emery s’est imposé comme l’une des plus belles réussites de Luis Enrique cette saison, au point de devenir indispensable dans le système parisien actuel.
Warren Zaïre-Emery n’en finit plus d’impressionner. Titulaire inamovible du Paris Saint-Germain depuis la grosse blessure d’Achraf Hakimi, le jeune international français (19 ans) s’est imposé comme une pièce maîtresse du système de Luis Enrique. Avec plus de 1 700 minutes disputées, il est désormais le joueur de champ le plus utilisé par l’entraîneur espagnol cette saison, un indicateur fort de la confiance que lui accorde le technicien et de l’importance prise par le natif de Montreuil dans le collectif parisien. S’il avait déjà dépanné ponctuellement à ce poste la saison dernière, c’est la première fois qu’il y est installé de manière durable. Et à droite de la défense du PSG, l’ancien capitaine des Espoirs brille par sa rigueur défensive, son sens du placement, mais aussi par une capacité rare à se projeter vers l’avant. Un rôle hybride, parfaitement assumé, qui met en lumière sa capacité à s’adapter et à un niveau de performance assez impressionnant.
La comparaison avec le Trent Alexander-Arnold de Liverpool s’impose presque d’elle-même. Comme l’Anglais sous Jürgen Klopp, Zaïre-Emery est bien plus qu’un simple latéral droit. Lorsque le PSG maîtrise jeu et est en possession du ballon, il quitte son couloir pour venir renforcer l’axe, formant un losange mobile et intelligent avec Vitinha, Fabián Ruiz et João Neves. Luis Enrique exploite pleinement cette aptitude à alterner les zones et à densifier le jeu intérieur, offrant au jeune Parisien une liberté contrôlée qui lui permet d’exprimer toute sa qualité technique. Face à l’Olympique Lyonnais en Ligue 1, il s’est même offert le luxe d’ouvrir le score après une course tranchante conclue par une frappe sèche, symbole donc de ses qualités offensives. « Je pense que Warren joue avec plus de confiance. Il peut jouer partout et aujourd’hui, il a été très bon », avait confié Luis Enrique après la rencontre, une déclaration qui illustre parfaitement la montée en puissance et la polyvalence de son jeune joueur.
Un casse-tête à venir pour Luis Enrique
Cette nouvelle version de Zaïre-Emery renvoie également au profil d’Éduardo Camavinga lorsqu’il avait été repositionné, lui-aussi, au poste de latéral gauche au Real Madrid : un milieu de formation, déployé sur un côté, mais capable de redéfinir les contours du rôle grâce à sa compréhension du jeu et à sa polyvalence. Contre Nantes, puis face à l’Athletic Club mercredi soir en C1 dans un match âpre qui s’est soldé par un 0-0, où il a d’ailleurs été gratifié d’un 7 dans nos colonnes, Zaïre-Emery a tenu tête à des adversaires redoutables comme Nico Williams, multipliant les interventions décisives et affichant un mélange de puissance, de concentration et de volume de jeu. « C’est un des joueurs les plus matures que j’ai vus. Il aide l’équipe comme latéral et comme milieu. Il est très complet », déclarait encore Luis Enrique avant le déplacement à San Mamés. L’entraîneur espagnol l’apprécie depuis son premier jour à Paris, mais il faut aussi souligner l’état d’esprit irréprochable du titi parisien, qui n’a jamais rechigné à évoluer dans un rôle qui n’est pas le sien et qui, surtout, répond présent semaine après semaine sur le terrain.
Pour autant, cette réussite pourrait très vite se transformer en casse-tête de luxe pour Luis Enrique. Que faire lorsque Achraf Hakimi reviendra de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 ? L’international marocain récupérera logiquement son couloir droit, tant son influence et son importance dans le jeu parisien ne souffrent d’aucune contestation. Mais dans le même temps, rien ne justifie aujourd’hui de sortir Zaïre-Emery du onze de départ. Le replacer au milieu impliquerait de sacrifier un Fabián Ruiz ou un João Neves en pleine réussite, un choix délicat tant la concurrence est forte dans l’entrejeu. « C’est important pour moi d’avoir plusieurs joueurs qui puissent jouer partout. Il a cette capacité d’évoluer partout et il le fait bien », rappelait Luis Enrique en conférence de presse, conscient d’avoir entre les mains un atout rare : un joueur capable de redessiner l’équilibre de toute son équipe.
Le Mondial 2026 dans le viseur
Et naturellement, cette montée en puissance n’a pas échappé à Didier Deschamps. Absent lors des rassemblements des Bleus en septembre et en octobre, Zaïre-Emery avait retrouvé les Espoirs pour reprendre du rythme et retrouver de la confiance avant de réintégrer la liste de novembre. Une convocation logique aux yeux du sélectionneur. « Ça lui a fait du bien, il a retrouvé du plaisir. Il ne faut pas que ce soit une punition. Il en avait envie », expliquait Didier Deschamps avant la victoire éclatante de la France contre l’Ukraine (4-0). Par sa polyvalence, son intelligence tactique et sa rigueur, le Parisien coche toutes les cases valorisées par le sélectionneur des Champions du Monde 2018. Et à mesure que son influence grandit au PSG, la perspective d’une participation à la Coupe du Monde 2026 devient un horizon bel et bien crédible. Le coach des Bleuets Gérald Baticle, lui-aussi, avait encensé Warren Zaïre-Emery : « il était dans les objectifs qu’il recherchait : venir prendre du plaisir, apporter à sa génération et regagner sa place dès que ce serait possible. Il a pris beaucoup de plaisir. Et si ça lui a redonné de la confiance, de l’énergie, c’était intéressant. Warren s’est fondu dans un groupe qui vit bien et a pris ce qu’il y avait à prendre. »
Conscient des attentes qui l’entourent, le jeune milieu parisien ne perd pourtant rien de son humilité. « Il y a toujours un espoir, bien sûr que j’espère y être (au Mondial 2026). Peu importe l’adversaire, on veut juste y être. Je vais mettre toutes les chances de mon côté », confiait-il lors du Media Day du PSG, il y a quelques semaines. Un discours posé, mesuré, à l’image d’un joueur qui progresse sans brûler les étapes, après un début de saison franchement méconnaissable.À l’heure d’affronter Metz pour la 16e journée de Ligue 1, Warren Zaïre-Emery continue de démontrer que Luis Enrique avait vu juste. Son repositionnement sur le flanc droit n’avait rien d’un choix improvisé, mais bien d’un pari mûrement réfléchi. Un pari gagnant, qui pourrait même s’avérer être un tournant majeur dans sa jeune carrière.
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