OM - LOSC : les notes du match

Devant son public, l’Olympique de Marseille a chuté au LOSC (1-2) mais conserve sa place sur le podium. Voici les notes du match.

Par La Rédaction FM
14 min.
Lille s'impose à Marseille @Maxppp

La 27e journée de Ligue 1 coûtait cher dans la course à l’Europe. Alors que l’AS Monaco est parti s’imposer sur la pelouse de Lyon dans l’après-midi (1-2), Marseille recevait le LOSC dans une rencontre importantissime pour aller chercher les places en Ligue des Champions à la fin de la saison. En cas de succès face aux Dogues ce dimanche, Marseille pouvait prendre une avance presque définitive de 8 points à 7 journées de la fin. De leur côté, les Nordistes se devaient de repartir de la Canebière avec un résultat. Avec ces deux enjeux énormes, le match débutait sur des bases très intenses. Alors que chaque duel était âprement disputé, Lille s’illustrait en premier avec une volée dangereuse de Meunier (7e). Quelques minutes plus tard, la tension sur la pelouse a atteint son paroxysme sur un duel entre Verdonk et Greenwood, fauché alors qu’il filait au bout depuis sa moitié de terrain.

La suite après cette publicité

Verdonk n’ayant écopé que d’un carton jaune (13e), l’OM a fait part de son mécontentement : quelques minutes auparavant, Nathan Ngoy n’avait déjà obtenu qu’un simple carton jaune après un pied haut sur Igor Paixao, touché à la nuque. Après cette échauffourée et la sortie sur blessure de Mason Greenwood suite à ce contact, le jeu a repris et Marseille a voulu se faire justice sur le pré. Pourtant, les Olympiens se sont montrés trop timorés et ont été bousculés par des Lillois plus mordants dans l’entrejeu. Peinant à trouver des solutions sans Greenwood, le club de la Canebière a réussi pourtant à être efficace. Sur l’une de leurs premières occasions, les Phocéens ont trouvé la faille sur une accélération de Paixao qui a servi Nwaneri en retrait. L’Anglais ne s’est pas fait prier pour ajuster Ozer (1-0, 42e). Quelques minutes plus tard, le portier turc a cédé sa place à Bodart après un duel violent avec Aubameyang. Après douze minutes de temps additionnel, les deux équipes rentraient aux vestiaires sous une pluie diluvienne, au terme d’une première période qui aura fait perdre des plumes aux deux.

Lille a tout renversé

Mal payé lors du premier acte, le LOSC est revenu avec la même intensité au retour des vestiaires. Un état d’esprit qui a été récompensé rapidement. Sur un rush de 50 mètres, Thomas Meunier a servi Bouaddi dans la surface et a continué de suivre. Une abnégation payante : le Belge a vu le ballon lui revenir et il n’avait plus qu’à conclure dans le but vide pour égaliser (1-1, 49e). Cette égalisation a eu le mérite de donner encore plus d’espoirs aux Lillois. Dangereux dans la profondeur grâce au dragster Fernandez-Pardo, ces derniers ont été dominateurs face à des Olympiens malmenés et sans inspiration depuis la sortie de Greenwood. Alors Habib Beye a lancé son coaching. Fini le 4-3-3, place au 4-4-2 avec l’entrée de Gouiri à la place de Kondogbia. Une bonne inspiration puisque l’Algérien a tonifié le jeu olympien, par ses décrochages et accélérations. Il enchainait ainsi deux actions de classe (72e et 73e) mais Lille s’en sortait.

La suite après cette publicité

L’OM mettait une grosse pression sur le but adverse et chaque attaque était accompagnée par les encouragements de plus en plus bruyants du Vélodrome. Mais Lille restait menaçant en contre, à l’image de Haraldsson, parfaitement servi par Bentaleb mais contré par Rulli (84e). Le match pouvait basculer d’un côté comme de l’autre, sous une pluie toujours battante. Et il allait pencher définitivement pour le LOSC. Meunier délivrait un centre parfait pour la tête d’Olivier Giroud, entré en jeu en deuxième période (1-2, 86e), chirurgicale. La douche était glacée pour les Marseillais. Cette défaite, la première depuis le 20 février, relance la course au podium, puisque le LOSC revient à deux points, juste derrière l’OL, alors que l’AS Monaco n’est également qu’à 3 longueurs au classement

- L’homme du match : Thomas Meunier (7,5) : positionné dans le couloir droit du LOSC, le joueur belge n’a pas hésité à prendre sa chance dès les premières minutes. Après un corner, il a tenté une demi-volée, puissante et fuyante (7e). Quelques instants plus tard, il est resté en mouvement, continuant ses efforts. Régulièrement interpellé pour aller de l’avant balle au pied, il a mené les siens dans le camp de l’OM lors des transitions. Comme à son habitude, il a également apporté son soutien quand le jeu se mettait en place coté gauche. Il est cependant en retard sur le débordement de Paixao qui a permis à Timber de marquer (43e). Au retour des vestiaires, il a fourni un effort de haute intensité. Suite à un débordement, il se montre opportuniste et vient égaliser devant un Balerdi trop peu concentré (49e). Acharné et appliqué, il est bel et bien récompensé en fin de match, puisqu’il offre une passe décisive à Giroud (86e).

La suite après cette publicité

Olympique de Marseille

- Rulli (5) : une nouvelle fois présent dans les cages marseillaises, l’Argentin s’est d’abord fait une frayeur sur le plan physique. Gêné, il a finalement tenu sa place. Précieux sur la frappe de Fernandez-Pardo (26e), il profitait ensuite de la maladresse lilloise. Abandonné par sa défense après la pause, il ne pouvait rien sur la frappe à bout portant de Meunier (49e). Un match assez frustrant même si l’ex-portier de l’Ajax sauvait les siens en repoussant la tentative d’Haraldsson (85e). En vain puisqu’il devait encore s’incliner sur la tête parfaite de Giroud (86e).

- Weah (4) : aligné en tant que piston droit face aux Dogues, l’ex-joueur de la Juve a bien travaillé défensivement que ce soit face à Correia ou Verdonk. Moins en vue offensivement, il n’a jamais proposé ou trouvé le décalage décisif. En fin de match, il a tenté de prendre ses responsabilités pour offrir les trois points à l’OM. En vain. Pire encore, il était battu dans le duel sur le but de la victoire de Giroud.

La suite après cette publicité

- Balerdi (4) : largement discuté ces dernières semaines, l’Argentin risque encore de donner du grain à moudre à ses détracteurs. Sérieux dans ses interventions et dominant dans les airs en première période, l’ancien joueur du Borussia Dortmund a malheureusement encore craqué au retour des vestiaires. Bien trop laxiste, il laissait Meunier égaliser (49e) et passait tout proche de la correctionnelle dans la foulée mais était sauvé par la VAR. Une prestation encore discutable.

- Medina (4,5) : préféré à Pavard et Egan-Riley pour débuter ce match, l’ancien joueur du RC Lens a livré une copie cohérente. Que ce soit dans la relance ou dans le duel, il n’a jamais failli face à la pression nordiste. Il n’est pas forcément irréprochable sur l’égalisation nordiste mais son match reste honorable dans l’ensemble. Insuffisant toutefois pour éviter une nouvelle défaite aux Marseillais…

- Emerson (4,5) : titularisé dans le couloir gauche de la défense marseillaise, l’Italo-brésilien a rapidement sauvé les siens en déviant la frappe de Mukau (6e). Actif, il a multiplié les montées dans son couloir avec plus ou moins de réussite. Une performance finalement assez neutre malgré de l’envie.

- Höjbjerg (6) : nouveau capitaine de l’OM, le milieu de terrain danois a justifié son statut. Dans un premier acte où les Marseillais ont souvent souffert dans l’entrejeu, il a limité la casse en mettant de l’intensité et de l’impact sur chaque duel. Mais ce n’est pas tout. Avec des passes tranchantes, il a aussi régulièrement cassé le premier rideau et désorganisé le bloc lillois. Moins impactant après la pause, il a toutefois tenu son rang.

- Kondogbia (5) : de retour dans le onze marseillais depuis l’arrivée d’Habib Beye dans la cité phocéenne, le Centrafricain a fait le boulot. Sans forcément briller dans le dépassement de fonction, il a quadrillé sa zone et résisté face aux assauts lillois. Victime du scénario de cette rencontre, il a finalement cédé sa place. Remplacé par Gouiri (64e), auteur d’une entrée tranchante mais pas suffisante pour faire la différence.

- Timber (5,5) : vraie satisfaction du dernier mercato phocéen, le milieu de terrain batave de 24 ans évoluait, ce dimanche, dans un rôle plus offensif. Positionné en tant que numéro 10, il a encore fait des différences. Présent dans le duel (7 ballons récupérés), à l’origine de l’ouverture du score de l’OM et souvent juste dans ses choix, il a été l’un des Phocéens les plus dangereux. Un rendement qui n’aura cependant pas permis à l’OM de sortir du piège.

- Greenwood (non noté) : meilleur buteur de Ligue 1 et leader d’attaque de l’OM, l’Anglais n’a pas eu le temps de briller lors de cette 27e journée de Ligue 1. La faute à Verdonk, qui s’est un temps imaginé première ligne du XV de France. Rapidement en vue après une frappe non cadrée (3e), Greenwood, fauché par le Lillois, a finalement dû céder sa place. Remplacé par Nwaneri (18e, 5,5). Brouillon sur ses premières prises de balle, il débloquait finalement la situation en reprenant parfaitement un centre de Paixao (43e). Plus discret au fil des minutes, il était finalement rappelé sur le banc. Remplacé par Traoré (75e).

- Aubameyang (3) : préféré à Gouiri pour la réception du LOSC, le Gabonais a été très discret dans cette rencontre. Peu servi par ses partenaires et très bien pris par la défense lilloise, il n’a pas eu l’occasion de se mettre en valeur. Pris par Meunier au départ de l’action menant à l’égalisation, il n’aura pas été en réussite des deux côtés du terrain. Une performance qui ne restera clairement pas dans les annales du football.

- Paixao (6,5) : performant sous les couleurs phocéennes ces dernières semaines, l’ailier brésilien a confirmé face aux Dogues. Très actif sur son aile, l’ancien de Feyenoord n’a pas calculé ses efforts avant d’être logiquement récompensé. Lancé par Timber, il offrait un caviar à Nwaneri pour l’ouverture du score (43e). Menace permanente, il a posé beaucoup de problèmes aux Nordistes par sa percussion et sa vitesse. Toujours aussi impliqué défensivement (9 ballons grattés), il a, en plus, fait preuve de lucidité dans le dernier geste. Un nouveau match très intéressant individuellement malgré le résultat final.

Lille

- Ozer (non noté) : le portier turc n’a pas eu grand-chose à effectuer pendant l’entame, notamment après la sortie prématurée de Greenwood qui a certainement apporté un soulagement. Or, la montée en puissance des Marseillais a inquiété ses partenaires et c’est à ce moment que le portier a dû rester attentif. Puis, après quarante-deux minutes de jeu, le rempart a craqué. La frappe de Timber l’a laissé au sol, et il n’a pas pu intervenir sur l’ouverture du score (43e). Avant la pause, il est contraint de quitter la pelouse suite à un violent choc. Remplacé par Arnaud Bodart (45+7, 6) qui n’a pas été le plus présent puisque l’OM avait les actions pour enfiler les buts en seconde période, sans y parvenir.

- Meunier (7,5) : voir ci-dessus.

- Ngoy (5) : avec son numéro 3 dans le dos, l’autre belge prenait place dans la charnière centrale lilloise ce dimanche. Sa rencontre a d’ailleurs été rythmée dès l’entame. Celui-ci a placé son crampon vers le visage de Paixão, et s’est immédiatement fait avertir d’un carton jaune (1e). Ensuite, il est resté très en retrait puisque les hommes d’Habib Beye ne se montraient pas dangereux. Serein, il a fait preuve de calme en échangeant quelques ballons avec ses coéquipiers à la relance. Si le jeu perdait du dynamisme après la mi-temps, celui-ci a dû rester focus lorsque Gouiri a fait son apparition. L’Algérien n’a pas hésité à se faufiler dans la surface, et l’arrière-garde a globalement tenu son rang.

- Mandi (5,5) : tel un patron, le défenseur algérien de 34 ans était aux côtés de Ngoy ce dimanche. Bien aidé par ses partenaires, il n’a pas été inquiété durant le premier acte, et ce, peut-être puisque Mason Greenwood a quitté la pelouse de manière instantanée. N’apportant que très peu de fluidité dans leurs attaques, ses adversaires l’ont laissé gagner de la confiance, et il en a profité pour rester frais et appliqué. Après la pause, il est décisif en taclant un centre marseillais qui filait dans les 5m50 (46e). Sa fin de match est clean, et il n’a pas baissé les armes.

- Verdonk (5) : à l’opposé de Meunier sur le couloir gauche, l’Indonésien a eu du boulot ce dimanche. Par ailleurs, face à un Greenwood virevoltant, il n’a pas fait le fier. Après une contre-attaque éclaire de l’Anglais, celui-ci a dû le stopper de manière brutale. Une faute grossière, qui lui a ensuite coûté un carton jaune assez mérité (13e). Puis, tout comme Meunier, il a essayé d’aller de l’avant en cherchant des décalages astucieux. Cependant, devant Nwaneri et Weah, il a vite été mis sous pression avant la pause. Sur la frappe de Timber, il a essayé de revenir à vives allures, sans la ralentir (43e). Sa deuxième période a été délicate, surtout quand les Marseillais poussaient sans relâche. Remplacé par Romain Perraud (78e) qui a été volontaire et prêt à se battre sur la pelouse.

- Bentaleb (7,5) : à son poste habituel, le numéro 6 de la formation de Bruno Génésio a réalisé une belle entame. Alors que ses adversaires pensaient avoir le contrôle du ballon, ce sont ses partenaires qui l’ont brillamment fait circuler. Capable de maîtriser les temps forts et les temps faibles dans le cœur du jeu, il a coulissé avec sa formation pour boucher les trous. Presque irréprochable dans ses déplacements, tout comme Bouaddi pendant les trente premières minutes, celui-ci a longuement défendu avec rigueur. Il a été déterminé tout au long du second acte. Le milieu de terrain, pourtant moins sollicité qu’auparavant, n’a pas baissé les bras et a été chercher la victoire avec du courage.

- Bouaddi (7) : tel un récupérateur en compagnie de Bentaleb, le joueur de 18 ans a effectué des premières minutes intéressantes. Sans se précipiter, ni stresser dans l’enceinte marseillaise, il a proposé des solutions et a essayé de faire circuler le ballon dans sa moitié de terrain. Grâce à sa fraîcheur, il n’a pas hésité à se montrer dynamique en transition. Or, avant la pause, il a dû reculer avec son bloc bas, puisque les Olympiens gagnaient de la confiance. Actif dans sa zone, il a continué à répéter les courses après l’égalisation de Meunier (49e). Des efforts nécessaires, qui ont montré une bonne implication chez le milieu de terrain. Par ailleurs, dans le temps additionnel, il s’est offert une course en solitaire, soulignant sa belle forme actuelle (90+3).

- Mukau (5,5) : habituellement dans l’entrejeu, le jeune joueur était finalement positionné sur l’aile droite face aux Olympiens. Quelques instants après une contre-attaque en début de match, il a décroché une frappe du droit, mais Emerson avait finalement deviner, repoussant le ballon en corner (6e). Ensuite, il est resté en mouvement, tout en alimentant les phases de possessions lilloises, assez stériles en fin de compte. Petit à petit, il a perdu du rythme, mais il est resté appliqué dans les temps faibles. Sans être le plus important au bord de la ligne de touche, celui-ci a permis aux siens de ne pas se fragiliser quand les Marseillais persistaient.

- Correia (5) : placé sur l’aile gauche au Vélodrome, le Portugais a montré un excellent professionnalisme durant les quarante-cinq premières minutes. Il a essayé de résister dans les duels, et a pris son couloir comme il le devait, tout en rentrant dans le cœur du jeu avec un certain équilibre. Capable de se projeter, de percuter et de chahuter les Marseillais, celui-ci est resté combatif. Or, sans solutions, il n’a pas décanté la situation, et est resté dans l’ombre à plusieurs reprises au retour des vestiaires. Ce manque d’occasions a bien été fatal pour lui. Remplacé par Olivier Giroud (78e) qui a sauté plus haut que tout le monde pour marquer le second but lillois (86e).

- Haraldsson (6) : le numéro 10 de cette formation nordiste, buteur contre Rennes la semaine passée, a entamé sa rencontre par une altercation avec les Marseillais, suite à l’intervention maladroite de Verdonk, puis petit à petit, celui-ci est monté en puissance. Après une action collective dans le camp adverse, il a fait trembler Rulli sur une reprise de volée (19e). Tout au long de la première période, il a essayé de sublimer le jeu des visiteurs, sans forcément être tueur. Après la pause, il a été plus en retrait, presque invisible. Or, sa soirée aurait pu être merveilleuse s’il avait été plus appliqué devant Rulli (85e).

- Fernandez-Pardo (5) : seul en pointe, l’attaquant belge s’est montré disponible durant le premier acte. Pourtant muselé par la charnière olympienne, il s’est offert quelques situations dans les derniers mètres marseillais. Capable de faire des appels intelligents, il s’est montré opportuniste et dynamique. Avant la demi-heure de jeu, le buteur aurait même pu ouvrir le score sur une frappe croisée (25e). Moins servi jusqu’à la pause, il n’a pas forcément apporté. Puis, avant l’heure de jeu, il a mystifié Rulli sans trembler, mais l’assistant a levé le drapeau (53e). Sa fin de match est restée plus complexe, car il a manqué de ballons.

La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier