Il n’a pas réagi sur le moment, mais plus de six heures après, au sortir du match de Ligue Europa remporté par l’Atlético de Madrid face au Lokomotiv Moscou. Convoqué pour la première fois par Didier Deschamps, Lucas Hernandez (22 ans) savait que sa réaction à l’appel du sélectionneur était très attendue. Alors qu’il avait entrepris des démarches administratives pour obtenir la nationalité espagnole et pouvoir ainsi jouer avec la Roja, le joueur rojiblanco allait-il snober DD ? Non.

Sur son compte Twitter, Hernandez a simplement confié sa joie d’avoir été appelé.
« C’est avec une immense fierté que j’ai appris ma convocation en équipe de France aujourd’hui. Fier de pouvoir représenter mon pays ». Un joli coup donc pour la sélection tricolore qui a réussi à chiper un brillant défenseur d’avenir à son homologue espagnole. Pourtant, cette convocation en bleu interpelle. Interrogé par la TVE le 3 mars dernier, le natif de Marseille avait clairement fait savoir qu’il se sentait plus espagnol que français.

Hernandez assuré d’aller au Mondial ?

« L’Espagne m’a tout donné et s’ils m’appellent, je viendrai. Oui, mon changement de nationalité va bientôt se faire. Je me considère comme un Espagnol de plus. Je parle mieux espagnol que français. En disant ça, j’ai tout dit ». Pourquoi alors ce changement de cap ? Si le joueur et Deschamps se sont déjà rencontrés par le passé, la décision d’Hernandez ne laisse personne indifférent. Un mystère qu’a toutefois percé Marca. Selon le quotidien ibère, deux facteurs expliquent ce revirement de situation.

Le premier serait la promesse faite par Deschamps au Colchonero d’être assuré d’aller à la Coupe du Monde. Conscient qu’Hernandez peut encore jouer pour la Roja tant qu’il n’a pas disputé la moindre rencontre officielle avec les Bleus (les matches amicaux ne comptent pas), le Bayonnais se serait donc « mouillé » auprès du Madrilène. Enfin, la deuxième raison ne concerne pas vraiment le domaine sportif, mais plutôt judiciaire. Condamné par la justice espagnole en février dernier pour ne pas avoir respecté les conditions de sa condamnation (en février 2017) pour violences domestiques, le joueur a vu ses démarches pour changer de nationalité prendre un sacré retard.